Obrázky na stránke
PDF
ePub

C'étoit là un triomphe complet 1710.

pour le parti des Ducs & Pairs. Mais il fut aussi court qu'il étoit éclatant. Le vingt-sept Mars, dès qu'ils eurent fait fignifier l'Arrêt de la Régence au Procureur Général & au Greffier en chet du Parlement, le premier deces Magistrats en conféra avec Messieurs les Gens du Roi, & alla trouver le Duc Régent. Il y eut plusieurs allées & venuës. On poufsoit cette affaire avec tant de chaleur, que les Deputez du Parlement fortirent la derniere fois du Palais Roial, à deux heures après minuit. * :

Le lendemain, les Chambres s'affemblèrent de grand matin, & leur avis fut de commencer par demander justice à S. A. R. En même tems, on charge les Gens du Roi de se rendre chez ce Prince, pour se plaindre de l'attentat inouï, qui avoit été commis contre la dignité & l'honneur du Parlement, & pour lui dire que devant fe raffembler à deux heures de relevée, on souhaitoit avoir avant ce tems-là des assurances d'une réparation proportionnée à l'injure qu'on avoit reçue.

La vivacité de ces Remontrancesi,

[ocr errors]
[ocr errors][ocr errors]

Si la force des raisons par lesquelles 1716.
on les avoit appuiées la veille, frap-
pèrent S. A.R. Il déchira en présen-
ce des Députez l'Arrêt du Conseil
de Régence, avec l'original, & la copie
de l'Huissier à la chaîne, & il vouloit
même en mettre les morceaux au
feu. Mais les Gens du Roi le priè-
rent de les réserver pour les montrer
à Messieurs du Parlement. Le Par-
lement füt satisfait de cette répara-
tion, & nomma les Présidens à Mor-,
tier, fix Conseillers de la Grande
Chambre, & un de chaque Chambre.
des Enquêtes & des Requétes, pour
remercier S. A. R. de la prompte jus,
tice qu'elle avoit renduë. Ces Dé-
putez s'acquitterent de leur commif-
fion le Lundi fuivant. Le Prince:
leur répondit qu'il favoit combien il
étoit aimé du Parlement ; qu'il en
avoit reçû des marques éclatantes:
que rien ne seroit capable de rompre
l'union qui étoit entre lui & ce Corps,
& qu'ils agiroienc toûjours de con-
cert.

AINSI finit cette affaire, qui fut
bientôt suivie de plusieurs autres,
dont je rendrai compte en peu

de mots. Quoiqu'on eut répandu' beau

coup

[ocr errors][ocr errors][merged small][ocr errors][ocr errors]

1716. coup d'especes dans Paris, elles com

mençoient pourtant à y devenir rares, parce que certaines personnes en faisoient passer une grande quantité dans ·les Pais Etrangers. Le Duc Régent mit d'abord des gens en campagne pour arrêter ce Commerce, & onlaifit plusieurs Charrettes chargées d'or & d'argent , qui furent confisquées. Elles appartenoient la plûpart à des

Billonneurs. Préparatifs

Tout se trouvoit alors réglé à la degderre. Caisse des Emprunts, & les Liquida

tions qui furent faites tant des promesfes que des autres Billets, montoient à deux cent soixante & dix millions, qu'on résolut de ne rembourser de long-tems, mais d'en paier les intérêrs fans faute de Gix en six mois. S. A. R. fit expédier ensuite des Commissions pour compléter les Corps de Cavalerie & d'Infanterie , & pour former de nouveaux Régimens de Dragons. On fixa au vingt de Mars la Revue des Troupes qui étoient dans la Province de Strasbourg. Plusieurs Officiers qui étoient sur le point de passer au service des Princes Etrangers, eurent ordre de revenir, & on leur accorda la haute paie. Les

Gara

[ocr errors]

Gardes du Corps furent remontez de 1716. .
neuf. On continua les levées de
Troupes en Alsace. D'un autre côté,
on tint de grands Conseils de Marine,
où les principaux Officiers de Mer
affiftèrent, & Monsieur de Montigni
cut le commandement de l'Escadre de
Toulon, qui devoit agir contre les
Saleins. En même tems, on équippoit
à Breft quelques Vaisseaux, destinez
à transporter les jeunes gens & les ou-
vriers, qu'on levoit à Paris pour le
Millissipi. On ne pouvoit compren-
dre contre qui ces forces étoient des
tinées, ni quel nouvel ennemi s'é-
toit élevé tout à coup, pour obliger
S. A. R. à augmenter fes Troupes,
peu de jours après y avoir fait des re-
formes aussi considérables.

Sur ces entrefaites, le Préten.
dant repassa en France, après son ex-
pédition malheureuse d'Ecoffe. La
dessus le Comte de Stairs présenta le
Memoire suivant à S. A. R.

Le Comte de Stairs, Mini- Mémoire
stre du Roi de la Grande Brera- de Stairs..
» gne auprès Sa Majesté Très-Chré-
„ tienne, par ordre exprès du Roi

son Maître, notifie à S. A. R.
Monsieur le Duc d'Orleans, Re-

du Comte

[ocr errors]

» gent

[ocr errors]

97

1716. » gent en France , la fuite du Pré

„ tendant, & la dispersion des Re

belles en Ecosse, dont S. M. eit » persuadée que S.A.R. sera bien ai.

le, à cause de leur proche paren

té, & de l'étroite amitié que S. M. » a soigneusement cultivée avec $. A.

Le Traité d'Utrecht est fi re»; cent, que le Roi s'étoit persuadé

que S, A. R. le Régenț auroit pris les mesures convenables pour em

pêcher le Prétendant de remettre le », pied en France. Mais, puisque le

dit. Prétendant a trouvé moien d'y » entrer, S. M. s'assure que S. A. » R. l'obligera, auffi-tôt qu'elle en » aura connoissance, de sortir du Roiaume,

Le Roi de la Grande Bretagne ordonne au Comte de Stairs de faire les plus fortes & les plus vives in

stances auprès de S. A. R. pour ne » pas permettre que les Personnes qui

sont condamnées par les Loix de leur Païs, & déclarées Rebelles & Traîtres contre leur Roi & leur Patrie, restent dans le Roiaume de

France, & d'infifter très-fortement » que les Auteurs & les Chefs de la

وو

[ocr errors]
« PredošláPokračovať »