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la Motte..

du Roi, le dix Novembre, & du 1718. Duc Régent , le vingt- trois. Ce Prince la donna trois jours après a

Univerfité de Paris, & affura Monfieur Petit de Montempuis, son Orateur, de l'estime finguliere qu'il avoit pour cette illustre & ancienne Compagnie.

Il s'en fallut beaucoup que lies Je- Suite de fuites fuffent traitez avec les mêmes du Jesuite égards. Le Duc d'Orleans aiant appris que le Jesuite la Morte s'étoit évadé, il en fit faire des recherches. Mais on ne put le découvrir , & il fallut se résoudre à saisir le temporel de la Maison des Jesuitcs à Rouen. Cette conduite en les allarmant les fit ressouvenir qu'ils s'étoient obligez à représenter le Pere la Motte, & leur fit oublier qu'il étoit leur Confrere, Le Jesuite perdu se trouva , & on procédá contre lui avec le sérieux que cette affaire demandoit.

Cet échec ne fut pas le seul que Mouvereçut la Compagnie, & peu s'en fal mens fedin lut qu'elle n'eut le sort dont bien des

Jesuites. gens la croioient digne, c'est à dire qu'elle ne fut chassée de France. Ces bons Peres en effet commençoient à se rendre redoutables par leur hardiesse.

B. 7

Ce

tieux des

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1715.

Ce n'étoit point par des cabales secretes & souterraines qu'ils cherchoient à renverser le Duc d'Orleans qui leur étoit odieux. Ils s'y prenoient par des sermons seditieux & par des déclamations audacieuses. Ils en agissoient de la forte à Dijon entre autres, à Besançon, à Poitiers, à Nantes

& en plusieurs autres Villes où ils étoient accréditez. Il n'en falloit pas d'avantage pour émouvoir les peuples toûjours amoureux de la nouveauté, & toûjours faciles à se laisser égarer par ceux qui emploient la Religion pour le séduire. La hardiesle même des Prédicateurs auroit contribué beaucoup à le soulever, en lui faisant croire qu'il n'y avoit rien à craindre puisqu'ils paroissoient ne rien craindre.

CEPENDANT au lieu de réuflir quelques cette fois là, ils s'apperçurent que leur

conduite ne ferviroit qu'à leur attirer la haine publique , & ils trouvèrent bon de changer de batterie. En conféquence de cette résolution, le Supeperieur de leur Maison Professe à Paris prit le bon parti, & alla chez le Duc Régent, pour l'assurer de ses très-humbles respects, & lui deman

der

Esil de

uns.

der fa protection. Il esfuia quel.

1715. ques coups d'oeil qui lui firent comprendre combien S. A. R. étoit mal fatisfaite de ses Confrères. L'habile Jesuite ne laissa pas de continuer ses soumissions, & le Prince lui promit ce qu'il souhaitoit, à condition de faire vuider Paris à ceux de ses Religieux, qui avoient travaillé à exciter des troubles dans le Roiaume. C'étoit un coup terrible pour ce Superieur. Il fit semblant de ne connoitre aucun de ceux dont on lui parloit. Eh bien, je vous les montrerai donc, reprit S. A. R. avec sa bonté ordinaire, & en même-tems, elle lui en nomma fept ou huit , que le bon Pere promit d'envoier dans d'autres Maisons.

On peut bien juger que le Pere le Mauvais Tellier Confesseur du feu Roi devoir faits au Pa être dans cette liste. Son premier do- re le Telmicile fut à la Flêche, d'où peu de tems après, il alla en chercher un autre à Bourges. L'Archevêque de cette Ville avoit témoigné jusques là beau, coup d'amitié aux Jesuites. Cepen, dant il leur fit dire qu'il ne vouloit point de leur Pere le Tellier, & que si on lui envpioit malgré lui un tel hôte, il interdiroit tous ses Confrères.

1

lier.

1715. Il n'en fallut pas d'avantage pour chan

ger

la route de la Révérence. Il tour. na vers Amiens, dont l'Evêque étoit ami intime de la Société, & où on lui fit à peu près le même compliment.

LES Jesuites de Lorraine ne furent pas mieux traitez. L'Evêque de Verdun óta à ceux de fon Diocese le pouvoir de prêcher & de confesser. Ils reçurent le même traitement de celui de Metz. - Mais comme les Allemans n'étoient point compris dans la défense, il s'en trouva quelques uns dans ce dernier Evêché, qui y firent les fonc

tions dont on avoit exclu les autres. Plaintes da -- Le reste de l'année se passa fans au

cun évenement considerable, excepté ce que fit alors le Comte de Stairs. Ce Seigneur étoit à Paris, pour y avoir foin des intérets de la GrandeBretagne, quoique sans caractere public. Il se plaignit à la Cour de ce qu'on avoit laissé passer le Prétendant sur les terres de France avec plufieurs Scigneurs Anglois. On lui répondit que ce Prince s'étoit embarqué le onze Novembre à Saint Malo pour se rendre en Ecofle. Que ni Monfieur le Régent, ni aucun des Ministres d'E

tat

Comte de
Stairs.

tat n'en avoient eu connoissance. Quę 1716. d'ailleurs le Prétendant avoit traversé les terres de Sa Majesté sous un nom emprunté, & qu'il étoit impossible d'empêcher de pareilles choses, ou d'en être averti. Cette affaire n'eut point d'autres suites.

L'ANNÉE suivante commença par un évenement, qui fit un plaisir extreme aux Parisiens, je veux dire l'arrivée du Roi dans leur Ville. Il s'y rendit le deux de Janvier. Les Magistrats allèrent peu

de jours après le Taluer au Louvre, & les Députez des Etats de Bourgogne & de ceux de Bretagne en eurent audience le onze.

Le Duc d'Orleans reçut aussi une Députation de l'Université, dont Monsieur de Montempuis nouveau Recteur lui adresla le discours suivant.

MONSEIGNEUR,

L'UNIVERSITÉ, honorée par » nos Rois vos Ayeux du titre de compli

Fille Ainée , a souhaité avec em. Monsieue pressement de se présenter devant de Mon.

Votre Altesse Royale. Attentive tempuis99. qu'elle a toûjours été à celles de vos » grandes qualitez qui ont plus de rapsu port à ses occupations paisibles, el. le admire depuis long-tems en votre

Al

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