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DES SCHISTES ET DE L'ARDOISE. L'ARGILE

ARGILE diffère des schistes & de l'ardoise, en ce que ses molécules sont spongieuses & inolles ; au lieu que

les molécules de l'ardoise ou du schiste ont perdu cette mollesse & cette texture fpongieuse, qui fait que l'argile peut s'imbiber d'eau; le desséchement seul de l'argile peut produire cet effet , sur-tout fi elle a été exposée à une longue & forte chaleur , puisque nous avons vu ci-devant qu'en réduisant cette argile cuite en poudre, on ne peut plus en faire une pâte ductile ; mais il me paroît aussi que deux mélanges ont pu contribuer à diminuer cette mollesse naturelle de l'argile & à la convertir en schiste & en ardoise : le premier de ces mélanges est celui du mica , le fecond celui du bitume : car toutes les ardoises & les fchistes sont plus ou moins parsemés ou paîtris de mica, & contiennent aussi une certaine quantité de bitume plus grande dans les ardoises, moindre dans la plupart des schistes, & rendue sensible dans tous deux par la combustion.

Ce mélange de mica & cette teinture de bitume, nous montrent la production des schistes & des ardoises comme une formation fecondaire dans les argiles, & même en fixent l'époque par deux circonstances remarquables : la première est celle du mica difféminé, qui prouve que dès-lors les eaux avoient enlevé d'es particules de la surface des roches vitreuses primitives & sur-tout

des granits dont elles transportoient les débris ; car dans les argiles pures il ne se trouve pas de mica, ou du moins il y a changé de nature par le travail intime de l'eau sur les poudres vitrescibles dont a résulté la terre argileuse. La seconde circonstance est celle du bitume dont les ardoises se trouvent plus ou moins imprégnées; ce qui joint aux empreintes d'animaux & de végétaux sur ces matières, prouve démonstrativement que leur formation est postérieure à l'établissement de la nature vivante dont elles contiennent des débris.

La position des grandes couches , des schistes & des lits feuilletés des ardoises, mérite encore une attention particulière : les lits de l'ardoise n'ont pas régulièrement une position horizontale ; ils sont souvent fort inclinés comme ceux des charbons de terre (a) ; analogie que l'on doit réunir à celle de la présence du bitume dans les ardoises ; leurs feuillets se délitent suivant le plan de cette inclinaison, ce qui prouve que les lits ont été déposés suivant la pente du terrein, & que les feuillets se sont formés par le desséchement & la retraite de la matière, suivant des lignes plus ou moins approchantes de la perpendiculaire.

Les couches des schistes infiniment plus considérables

(a) Dans les ardoisières d'Angers, les lits sont presque perpendiculaires ; ils sont aussi fort inclinés à Mézières près de Charleville, à Lavagna dans l'État de Gènes : cependant en Bretagne , les ardoises font par lits horizontaux comme les couches de l'argile.

& plus

& plus communes que les lits d'ardoise (b), sont généralement adossées aux flancs des montagnes primitives , & descendent avec elles pour s'enfouir dans les vallons, & souvent reparoître au-delà en se relevant sur la montagne opposée (c).

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(b) On n'a que deux ou trois bonnes carrières d'ardoise en France; on n'en connoît qu’une ou deux en Angleterre, & une seule en Italie, à Lavagna, dans les États de Gènes ; cette ardoise quoique noire est très-bonne, toutes les maisons de Gènes en font couvertes , & l'on en revêt l'intérieur des cîternes, dans lesquelles on conserve l'huile d'olives à Lucques & ailleurs : l'huile s'y conserve mieux que dans les cîternes de plomb ou enduites de plâtre.

(c) Le pays schisteux ( de la partie des Cévennes voisines de la montagne de l'Espéron ) commence, à partir du village de Beaulieu, par le chemin qui conduit au Vigan; & lorsqu'on est arrivé au ruisseau de Gazel, on trouve des talcs ; quand on est au cap de Morèse & que l'on a descendu environ cinquante toises dans un petit vallon, on trouve des rochers de schiste & d'ardoise propres à couvrir les maisons : le milieu du cap de Morèse qui regarde le Levant, est de talc; les rochers qui cominencent à la rivière d'Arre, & qui se' continuent jusqu'au pont de l'Arbon, sont de schiste très-dur & d'ardoise qui s'exfolie aisément: cette étendue peut avoir environ une demi – lieue en longueur & largeur ; dès qu'on est parvenu à micôte.... On trouve de grandes tables de schistes, qui composent la couverture du terrein schisteux & ardoisé : ce schiste est ordipairement très – dur, parsemé dans toutes ses parties, d'un quartz également très – dur, & qui forme avec lui une liaison intime.... Ces rochers schisteux se divisent par couches, depuis quatre lignes jusqu'à trois pouces d'épaisseur , ils sont presque toujours dans des bas-fonds, ensevelis à un ou deux pieds dans la terre : le rocher qui donne de l'ardoise tendre, prend toujours de la dureté quand Minéraux, Tome I.

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Après le

quartz & le granit, le schiste est la plus abondante des matières solides du genre vitreux. Il forme des collines & enveloppe souvent les noyaux

des

montagnes jusqu'à une grande hauteur. La plupart des monts les plus élevés , n'offrent à leur sommet que des quartz ou des granits ; & ensuite sur leurs pentes & dans leurs contours, ces mêmes quartz & granits qui composent le noyau de la montagne sont environnés d'une grande épaisseur de schiste , dont les couches qui couvrent la base de la montagne, se trouvent quelquefois mêlées de quartz & de granits détachés du sommet.

On peut réduire tous les différens schistes à quatre variétés générales ; la première des schistes funples qui ne font

que des argiles plus ou moins durcies , & qui ne contiennent que très-peu de bitume & de mica ; la seconde des schistes qui, comme l'ardoise, font mêlés de beaucoup de mica & d'une assez grande quantité de bitume pour en exhaler l'odeur au feu; la troisième, des schistes où le bitume est en telle abondance , qu'ils brûlent à peu-près

elle est exposée à l'air ; toutes les maisons de ces cantons sont couvertes de cette ardoise. Lorsqu'on monte sur la montagne de l’Efpéron, qui commence au cap de Colte, fitué sur le chemin qui se trouve presque au haut de la montagne, on observe que le rocher n'est que de schiste ou d'ardoise; il se continue sur toute la surface de la montagne qui est vis-à-vis de Montpellier , au-dessus du logis du cap de Coste: la plus grande partie du terrein est d'ardoise assez tendre. Mémoires de M. Montet dans ceux de l'Académie des Sciences, année 1777, page 640.

comme les charbons de terre de mauvaise qualité ; & enfin les schistes pyriteux qui sont les plus durs de tous dans leur carrière , mais qui se décomposent dès qu'ils en font tirés, & s'effleurissent à l'air & par l'humidité. Ces schistes mêlés & pénétrés de matière pyriteuse, ne sont pas si communs que les schistes imprégnés de bitume, néanmoins on en trouve des couches & des bancs trèsconsidérables en quelques endroits (d). Nous verrons

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CC

(d) cc Plus on avance, dit M. Monnet, vers la Ferrière-bechet en Normandie, plus la roche de cette chaîne de collines devient schif- co teuse, & lorsqu'on est parvenu dans le village, on trouve que la ec roche a fait un saut considérable; car on ne voit alors qu'un schiste co noir & feuilleté, en un mot, un vrai schiste pyriteux.... La cou-( leur noire de cette substance qui paroissoit au jour, fit croire à cc différens Particuliers, qu'elle étoit de même nature que le crayon ec noir.... Le Curé de la Ferrière-bechet fit fouiller dans sa cour, co où ce prétendu crayon paroissoit le meilleur, c'est-à-dire, le plus noir... Mais tandis qu'il formoit des projets de fortune; on s'aperçut que les traces que l'on faisoit avec cette matière disparoissoient , « & que cette même inatière mise en tas, s'échauffoit & tomboit en cc poussière , que les eaux qui les avoient lavées étoient vitrioliques & « alumineuses.....

Par tout ce que nous venons de dire, on voit que le schiste de ce la Ferrière – bechet , diffère essentiellement de beaucoup de schistes cc colorés & de beaucoup d'autres qui ne le sont pas : on a donc eu cc grand tort de le confondre avec eux, & sur-tout de lui attribuer les cc mêmes qualités comme d'engraisser les terres.... Quelques Parii- ce culiers ayant mis de cetie matière dans leurs champs, elle y.

brûla cc tout en fleurissant ». Mémoire sur la carrière de schiste de la Ferrièrebechet, Journal de Physique, mois de Septembre 1777, page 214

CC

do suiv.

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