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le schorl, la glaise ou argile impure, la terre limonneuse & d'autres matières sont fusibles, je n'entends jamais qu’un degré relatif de fusibilité ou d'infusibilité; car je suis persuadé que tout dans la Nature est fusible , puisque tout a été fondu, & que les matières qui, comme le quartz & le jaspe, nous paroissent les plus réfractaires à l'action de nos feux, ne résisteroient pas à celle d'un feu plus violent. Nous ne devons donc pas admettre, en histoire naturelle, ce caractère d'infusibilité dans un sens absolu, puisque cette propriété n'est pas essentielle , mais dépend de notre art & même de l'imperfection de cet art qui n'a pu nous fournir encore les moyens d'augmenter assez la puissance du feu , pour

refondre quelques-unes de ces mêmes matières fondues

par

la Nature. Nous avons dit ailleurs (i), que le feu s'employoit de trois manières, & que dans chacune les effets & le produit de cet élément étoient très-différens ; la première de ces manières est d'employer le feu en grand volume, comme dans les fourneaux de reverbère pour la verrerie & pour la porcelaine ; la seconde, en plus petit volume, mais avec plus de vitesse au moyen des soufflets ou des tuyaux d'aspiration ; & la troisième en très-petit volume, mais en masse concentrée au foyer des miroirs : j'ai éprouvé dans un fourneau de glacerie (k), que le feu en grand volume ne peut fondre la mine de fer en grains,

(i) Supplement, volume 1, page 57. (k) A Rouelle en Bourgogne, où il se fait de très belles glaces.

même

même en y ajoutant des fondans (1); & néanmoins le feu, quoiqu'en moindre volume, mais animé par l'air des soufflets, fond cette même mine de fer sans addition d'aucun fondant. La troisième manière par laquelle on concentre le volume du feu au foyer des miroirs ardens, est la plus puissante & en même temps la plus sûre de toutes, & l'on verra, si je puis achever mes expériences au miroir à échelons, que la plupart des matières regardées jusqu'ici comme infusibles, ne l'étoient que par la foiblesse de nos feux. Mais en attendant cette démonstration, je crois qu'on peut assurer , sans craindre de se tromper, qu'il ne faut qu'un certain degré de feu pour

fondre ou brûler, sans aucune exception, toutes les matières terrestres de quelque nature qu'elles puissent être; la seule différence, c'est que les substances pures & simples, sont toujours plus réfractaires au feu que les matières composées, parce que dans tout mixte, il у des parties que le feu saisit & dissout plus aisément que les autres, & ces parties une fois dissoutes servent de fondant pour liquéfier les premières.

Nous exclurons donc de l'Histoire Naturelle des minéraux, ce caractère d'infusibilité absolue, d'autant que nous ne pouvons le connoître que d'une manière relative, même équivoque, & jusqu'ici trop incertaine pour qu'on puisse l'admettre ; & nous n'emploîrons 1.° que

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celui de la fusibilité relative; 2.° le caractère de la calcination ou non-calcination avant la fusion, caractère beaucoup plus essentiel, & par lequel on doit établir les deux grandes divisions de toutes les matières terrestres, dont les unes ne se convertissent en verre qu'après s'être calcinées, & dont les autres se fondent sans se calciner auparavant; 3.° le caractère de l'effervescence avec les acides, qui accompagne ordinairement celui de la calcination ; & ces deux caractères suffisent pour nous faire distinguer les matières vitreuses des substances calcaires ou gypseuses ; 4.° celui d'étinceler ou faire feu contre l'acier trempé, & ce caractère indique plus qu'aucun autre la sécheresse & la dureté des corps :

la dureté des corps: 5.° la cassure vitreuse, spathique, terreuse ou grenue, qui présente à nos yeux la texture intérieure de chaque substance; 6.° enfin, les couleurs qui démontrent la présence des parties métalliques dont les différentes matières sont imprégnées. Avec ces fix caractères nous tâcherons de nous passer de la plupart de ceux que les Chimistes ont employés; ils ne serviroient ici qu’à confondre les productions de la Nature avec celles d'un Art qui, quelquefois au lieu de l'analyser, ne fait que la défigurer ; le feu n'est pas un simple instrument, dont l'action soit bornée à diviser ou difloudre les matières ; le feu est lui-même une matière qui s'unit aux autres, & qui en sépare & enlève les parties les moins fixes; en sorte qu'après le travail de cet élément, les caractères naturels de la plupart des substanees, sont

ou détruits ou changés, & que souvent même l'essence de ces substances en est entièrement altérée.

Le Naturaliste en traitant des minéraux, doit donc së borner aux objets que lui présente la Nature, & renvoyer aux Artistes tout ce que l'Art a produit ; par exemple, il décrira les sels qui se trouvent dans le sein de la terre, & ne parlera des sels formés dans nos laboratoires que comme d'objets accessoires & presque étrangers à son sujet; il traitera de même des terres argileuses , calcaires , gypseuses & végétales ; & non des terres qu'on doit regarder comme artificielles, telles que la terre alumineuse, la terre sedlitienne, & nombre d'autres qui ne sont que des produits de nos combinaisons ; car quoique la Nature ait pu former en certaines circonstances, tout ce que nos Arts semblent avoir créé, puisque toutes les substances, & même les élémens sont convertibles par ses seules puissances (m), & que pourvue de tous les principes elle ait pu faire tous les mélanges, nous devons d'abord nous borner à la saisir par les objets qu'elle nous présente, & nous en tenir à les exposer tels qu'ils sont sans vouloir la surcharger de toutes les petites combinaisons secondaires que l'on doit renvoyer à l'histoire de nos Arts.

(m) Voyez le Discours sur les Élémens. Suppléinent, tome I.

DU JASP E. LE Jaspe n'est qu'un quartz plus ou moins pénétré de parties métalliques; elles lui donnent les couleurs & rendent sa cassure moins nette que celle du quartz, il est aussi plus opaque; mais comme à la couleur près, le jaspe n'est composé que d'une seule substance, nous croyons qu'on peut le regarder comme une sorte de quartz, dans lequel il n'est entré d'autres mélanges que des vapeurs métalliques ; car du reste le jaspe comme le quartz résiste à l'action du feu & à celle des acides ; il étincelle de même avec l'acier, & s'il est un peu moins dur que le quartz, on peut encore attribuer cette différence à la grande quantité de ces mêmes parties métalliques dont il est imprégné (a); le quartz, le jaspe, le mica, le feld - spath & le schorl, doivent être regardés comme les seuls verres primitifs; toutes les autres matières vitreuses en grandes masses, telles que les porphires, les granits & les grès, ne sont que des mélanges ou des débris de ces mêmes verres qui ont pu, en se combi

(a) Le jaspe, selon M. Déineste, n'est qu'une forte de quartz: « Les jaspes, dit-il, sont des masses quartzeuses, opaques, très-dures, » & qui varient beaucoup par les couleurs, ils se rencontrent par » filons, & forment même quelquefois des rochers fort considérables : le jaspe a presque toujours un wil gras & luisant à sa surface. » Lettres à M. le docteur Bernard, tome. I, page 450r

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