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DU FE

F E L D-S P A T H. Le &

Feld-spath est une matière vitreuse , & dont néanmoins la cassure est spathique; il n'est nulle part en grandes masses comme le quartz & le jaspe, & on ne le trouve qu'en petits cristaux incorporés dans les granits & les porphyres, ou quelquefois en petits morceaux isolés dans les argiles les plus pures ou dans les sables qui proviennent de la décomposition des porphyres & des granits, car ce spath est une des substances constituantes de ces deux mátières; on l'y voit en petites masses ordinairement cristallisées & colorées. C'est le quatrième de nos verres primitifs, mais comme il semble ne pas exister à part, les anciens Naturalistes ne l'ont ni distingué ni désigné par aucun nom particulier, & comme il est presque aussi dur que

le

quartz, & qu'ils se trouvent presque toujours mêlés ensemble, on les avoit toujours confondus ; mais les Chimistes allemands ayant examiné ces deux matières de plus près, ont reconnu que celle du feld-spath étoit différente de celle du quartz, en ce qu'elle est trèsaisément fusible, & qu'elle a la cassure spathique; ils lui ont donné les noms de feld-Spaih (spath des champs) (a),

(a) Sans doute , parce que c'est dans les cailloux graniteux, répandus dans les champs, qu'on l'a remarqué d'abord. Minéraux, Tome 1.

I

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fluß-Spathi (spath fusible) (6), & on pourroit l'appeler plus proprement spath dur ou spath étincelant , parce qu'il est le seul des spaths qui soit assez dur pour étinceler fous le choc de l'acier (c).

Comme nous devons juger de la pureté ou plutôt de la simplicité des substances, par la plus grande résiftance qu'elles opposent à l'action du feu avant de se réduire en verre; la substance du feld - spath est moins fimple que celle du quartz & du jaspe, que nous ne pouvons fondre par aucun moyen , elle est même moins simple que celle du mica qui se fond à un feu très-violent; car le feld-spath est non-seulement fusible par lui-même & sans addition au feu ordinaire de nos fourneaux, mais même il communique la fusibilité au quartz, au jaspe &

(b) Ce nom devroit être réservé pour le véritable spath fusible ou spath phosphorique, qui accompagne les filons des mines & dont il sera parlé à l'article des matières vitreuses de seconde formation.

(c) Caractères du feld – spath suivant M. Bergman; il étincelle avec l'acier :

JI fe fond au feu fans bouillonnement :
Il ne se dissout qu'imparfaitement dans l'alkali minéral

par

la voie sèche, mais il fait effervescence avec cet alkali, comme le quartz ; il se dissout au feu dans le verre de borax fans effervescence, avec bien plus de facilité que le quartz : nous ajouterons à ces caractères donnés par M. Bergman, que le feld - spath est presque toujours cristallisé en rhombes, & composé de lames brillantes appliquées les unes contre les autres; que de plus sa cassure est spathique, c'està-dire, par laines longitudinales brillantes & châtoyantes,

au mica, avec lesquels il est intimement lié dans les granits & les porphyres.

Le feld-spath est quelquefois opaque comme le quartz, mais plus souvent il est presque transparent; les diverses teintes de violet ou de rouge dont les petites masses en cristaux sont souvent colorées, indiquent une grande proximité entre l'époque de la formation, & le temps où les sublimations métalliques pénétroient les jaspes & les teignoient de leurs couleurs; cependant les jaspes quoique plus fortement colorés, résistent à un feu bien supérieur à celui qui met le feld-spath en fusion; ainsi fa fusibilité n'est

pas dûe aux parties métalliques qui ne l'ont que légèrement coloré, mais au mélange de quelqu'autre subftance. En effet, dans le temps où la matière quartzeuse du globe étoit encore en demi - fusion, les substances salines jusqu'alors reléguées dans l'atmosphère, avec les matières encore plus volatiles, ont dû tomber les premières, & en se mélangeant avec cette pâte quartzeuse, elles ont formé le feld - spath & le schorl, tous deux fusibles, parce que tous deux ne sont pas des substances simples, & qu'ils ont reçu dans leur composition cette matière étrangère.

Et l'on ne doit pas confondre le feld-fpath avec les autres spathis auxquels il ne ressemble que par sa cassure lamellée , tandis que par toutes ses autres propriétés, il en est essentiellement différent, car c'est un vrai verre qui se fond au même degré de feu que nos verres faclices;

du

forment par

sa forme cristallisée ne doit pas nous empêcher de le regarder comme un véritable verre produit par le feu, puisque la cristallisation peut également s'opérer par le moyen du feu comme par celui de l'eau, & que dans toute matière liquide ou liquéfiée, nous verrons qu'il ne faut

que temps , de l'espace & du repos pour qu'elle se cristallise; ainsi la cristallisation du feld-spath a pu s'opérer par le feu; mais quelque fimilitude qu'il y ait entre ces cristallisations produites par le feu & celles qui se

le moyen de l'eau, la différence des deux causes n'en reste pas moins réelle ; elle est même frappante dans la comparaison que l'on peut faire de la cristallisation du feld-spath & de celle du cristal de roche; car il est évident que la cristallisation de celui-ci s'opère par

le

moyen de l'eau, puisque nous voyons le cristal se former, pour ainsi dire, sous nos yeux, &

que

la plupart des cailloux creux en contiennent des aiguilles naissantes ; au lieu que le feld-spath, quoique cristallisé dans la masse des porphyres & des granits, ne se forme pas de nouveau ni de même sous nos yeux, & paroît être aussi ancien que ces matières dont il fait partie, quelquefois si considérable, qu'elle excède dans certains granits la quantité du quartz , & dans certains porphyres celle du jaspe , qui cependant sont les bases de ces deux matières.

C'est par cette même raison de la grande quantité qu'on ne peut guère regarder le feld-spath comme un extrait ou une exudation du quarız ou du jaspe, mais

comme une substance concomitante aussi ancienne que ces deux premiers verres. D'ailleurs on ne peut pas nier que

le feld - spath n'ait une très - grande affinité avec les trois autres matières primitives; car, faisi par le jaspe, il a fait les porphyres ; mêlé avec le quartz, il a formé certaines roches dont nous parlerons sous le nom de pierres de Lapponie ; & joint au quartz, au schorl & au mica, il a composé les granits ; au lieu qu'on ne le trouve jamais intimement mêlé dans les grès ni dans aucune autre matière de seconde formation ; il n'y existe qu'en petits débris, comme on le voit dans la belle argile blanche de Limoges. Le feld-spath a donc été produit ayant ces dernières matières, & semble s'être incorporé avec le jaspe & mêlé avec le quartz dans un temps voisin de leur fusion, puisqu'il se trouve généralement dans toute l'épaisseur des grandes masses vitreuses, qui ont ces matières pour base, & dont la fonte ne peut être attribuée qu'au feu primitif; & que

d'autre

part

il ne contracte aucune union avec toutes les substances formées par l'intermède de l'eau, car on ne le trouve pas cristallisé dans les grès, & s'il y est quelquefois mêlé, ce n'est qu'en petits fragmens; le grès pur n'en contient point du tout, & la preuve en est que ce grès est aussi

le

quartz, & qu'il seroit fusible si sa fubftance étoit mêlée de feld-spath ; il en est de même de l'argile blanche de Limoges , qui est toute aussi réfractaire au feu que le quartz ou le grès pur, & qui par consé

infusible que

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