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Caput VIII.

De membris Ecclesiæ.—(p. 404.)

Nota. 2°. Ecclesia suam retinet jurisdictionem in omnes apostatas, hæreticos, et schismaticos, quamvis ad illius corpus non jam pertineant ; quemadmodum Dux militiæ jus habet saeviores poenas decernendi adversus militem transfugam qui ex albo militiæ fuisset erasus.

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Ferre non poterat Innocentius Pontifex errorum Albigensium pervieaciam, quod neque miraculis a Divo Dominico patratis, neque doctrinæ veritate, neque vitæ sanctitate aut orationis efficacia moverentur, ut armis pervicaciam suam tuerentur. Quamobrem bellum sacrum in eos indixit, et indictum ut acriter depugnarent, crucisignatos multis præmiis animavit. Vivebat eo tempore Simon Comes Montisfortis, vir fide præclarus, armis strenuus, prudentia magnus, ingenio perspicax, largus, magnificus, affabilis, fidei Catholicæ defensor, et hæreticorum accerrimus impugnator. Is ex consilio legatorum et procerum exercitui præfectus . . In castro Minervæ expugnando ingens labor insumptus; num ibi inventi sunt 180 qui igne cremari vivi, quàm piè sentire, maluerunt.

Hoe anno, jussu et eaehortatione Innocentii Pontificis, ingens numerus crucesignatorum venit Lugdunum, die festo S. Joannis Baptistæ. Principes inter hos eminebant Petrus, archiepiscopus Senonensis, &c. et præter hoc magna multitudo nobilium et potentum Franciæ et Hispaniæ ad destructionem Albigensium hæreticorum confluxit, ita ut ad quinquies centum millia hominum in exercitu Catholicorum numerarentur.

In Gallia bellum Albigense, duce Simone Comite a Monteforte non infeliciter propagatum est. Cum enim anno superiore Albii portas ei aperuissent, nee quidquam tunc hostile passi, postea ad impietatem defecissent, non impunè id tulêre; e£ auctores noxæ luêre. Vaurum et ipsum vi eaptum ; ibi quoque impii igni traditi, cùm in amentiâ perstarant.

* He continued the Annals of Cardinal Baronius.

An. Ch. 1211. Innoc. III. p. 14.

Capto Lavacro, Aymericus Dominus Montisregalis, qui castrum præsidio tenebat, resti suspensus est ; octaginta alii, quia É, ceciderant, a cruce signatis moræ impatientibus, jussu Simonis interfecti sunt innumerique hæretici eaeusti.

Eodem anno crucesignati aliam civitatem magnam, a re pulchram vallem vocatam, juxta Tolosam sitam, virtute divina obtinuerunt. In qua populo examinato, cum omnes promitterent se velle redire fidem, quadringenti quinquaginta in sua pertinacia indurati a diabolo permanserunt, ex quibus 400 combusti sunt in igne, cæteri patibulis appensi. Idem actum est in cæteris civitatibus atque castellis, miseris se ultrò morti ingerentibus.

THE INQUISITION.

An. Ch. 1215. Inno. III. p. 19.

Per id enim temporis, Innocentius III. Pont. Max. (quemadmodum Sixtus V. in diplomate institutionis festi S. Petri Martyris memorabat) Divo Dominico auctor fuerat, ut is perpetuis et concionibus et disputationum congressibus, officioque inquisitionis, quod ei primum commiserat, contra hæreticos mirabiliter se gereret ; et vel reverti volentes ecclesiæ conciliaret, vel reverti nolentes justâ sententiâ percelleret.

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Histoire eritique de l'Inquisition d'Espagne, par D. JeanAntoine Llorente,* ancien secretaire de l'Inquisition de la cour, &c. traduite de l'Espagnol sur le manuserit et sous les yeux de l'auteur par Alexis Pellicr. Seconde edition. Paris. 1818—(tom. i. p. 140.)

* When the French obtained possession of Spain under Joseph Buonaparte, Llorente obtained permission to examine all the archives of the Inquisition.

C'est cette inquisition, qui a dominè en Espagne, depuis 1481jusqu'a notre siécle, dont j'ai enterpris déerire l'histoire.

Tom. iv. p. 271.

Pecapitulation. Condamnès brulès en personne - • 31,912 En effigie • - 17,695 Penitenciés avec des peines rigoureuses - 291,450

341,021

PERSECUTIONS IN FRANCE AT THE ERA OF THE REFORMATION.

Sismondi Histoire des Franeais, tom. xi. p. 436.

An. Ch. 1535. Roi Franeois. I.—En même temps que le roi commencoit des pursuites contre les Protestantes, il resolut de faire une expiation publique de l'offense commise contre le Saint Sacrement. Il revint a Paris, et il y fit préparer une procession solennelle pour le 21 Janvier 1535. En tète da la procession, qui sortit entre huit et neuf heures de l'Eglise de Saint-Germain, on portoit les corps et les reliques de tous les martyres conservès dans les sanctuaires de Paris, savoir de Saint Germain, Saint Merry, Saint Marceau, Saint Geneviéve, Saint Opportune, Saint Laindry. Saint Honorè ; la tête de Saint Louis, et toutes les reliques de la Sainte Chapelle, qui n'avoient point été exposées, au grandjour depuis la mort de Saint Louis. “Il y avait um grand nombres de cardinaux, dit Bouchet, évêques, abbés et autres prélats, et tous les colléges seculiers de Paris, en bon ordre. Après eux venoit Jean du Bellay, evêque de Paris, portant en ses mains le Saint-Sacrement, puis le roi marchoit après le Sacre, la tête nue, tenant une torche de cire vierge à la main ; et après lui marchaient la reine, MM. les prinees, les deux cents gentilshommes, toute sa garde, la cour de parlement, les maitres des requêtes, et toute la justice. Les ambassadeurs de l'Empereur, du roi d'Angleterre, de la Seigneurie de Wenise et d'autres princes, seigneuries et villes y etoient aussi présents. La procession pareourut lentement tous les quartiers de la ville ; et dans les six principales places, un reposoir pour le saint sacrement, um echaufaud et um bùcher avoient ètè preparès d'avance,'' ou furent très eruellement brulés vifs six personnages, avec merveilleuses huées du peuple, tellement ému, que peu sén fallut qu'il ne les arrachàt des mains des bourreaux pour les déchirer ; mais si sa fureur étoit grande, la constance des martyrs fut encore plus grande. * Au reste, le peuple en les déchirant leur aurait eneore fait grace ; sa férocitè n'aurait pas égalè celle du roi. Celui-ci avoit ordonnè que ces malheureux fussent liés a une machine elevée : cétoit une solive placèe en balancoire, qui, en' &'abaissant, les plongeoit dans la flamme du búcher, mais qui se relevoit aussitôt pour prolonger leur supplice, jusqu'a ce que la flamme gagnoit enfin les cordes qui les liaient, ils tombassent au milieu de feu. On attendoit, pour faire jouer cette effroyable balangoire, que le roi fut arrive auprés avec la procession, a fin qu'il vit le moment ou le malheureux tomberoit dans les flammes. En effet, a chaque station, le roi remettoit sa torche au Cardinal de Lorraine, joignoit les mains, et, humblement prosternè, imploroit la misericorde divine sur son peuple, jusqu'à ce que la victime eut péri dans d'atroces douleurs. La procession se terminat a l'Eglise de Sainte-Geneviève, le sacrement y fut deposè sur 1'autel, et la messe ehantée par l'evêque de Paris. Le roi et les princes dinèrent ensuite chez ce prélat : apres le diner, toute le cour, le parlement, et les ambassadeurs, sa rassemblérent dans la grande salle de l'évèchè ; le roi y monta dans une chaire, et adressa aux assistans un discours, “ non, dit il, comme roi et maitre fait a ses sujets et serviteurs, mais comme sujet et serviteur luimeme, aux sujets et serviteurs du commun roi des rois.” Apres avoir énumére les grâces que Dieu avoit faites au royaume de France, il exprima sa douleur, “ de ce qu'en ce royaume se soient trouvés au temps présent, de si méchantes et malheureuses personnes, que de vouloir maeuler son beau nom, en y sémant damnables et execrables opinions . . . et se soient venus adresser a Dieu luimême et au Saint Saerement de l'autel. Il dit qu'il vouloit et ordonnoit que rigoureuse punition fùt faite des délinquants; et il requit en outre tous les assistans, et par eux tous ses sujets, que chacum eût a dénoncer tous ceux qu'il connoiroit être adhérents et complices de ces blasphémes,* sans nul égard d'alliance, lignage, ou amitié, jusques a dire que, * A paper containing very gross abuse of the mass had been stuck up in a public part of Paris by a fanatical Protestant.

quant a lui, si son bras etoit infeet de telle pourriture, il le voudroit separer de son corps, c'est a dire, comme il l'exposa luimême, que si ses propres enfans etoient si malheureux qui de tomber en telles execrables et maudites opinions, il les voudroit bailler pour faire sacrifice a Dieu.** Pour donner, par les faits, une nouvelle sanction a ces paroles, Erancois fit continuer les executions des reformès qui avoient etè arrétés par Jean Morin : un grand nombre d'entre eux perirent par le balancoire sur le feu. Le 29 Janvier enfim, un édit fut rendu par le roi, “ pour l'extirpationf et eaetermimination de la secte Luthériénne, et autres hérésies . . . dont les sectateurs et imitateurs se sont rendus fugitifs cachent, et latitent en aucunes parties de notre royaume. Pour quoi statuons et ordonnons par édit perpetuel et irrevocable, que tous ceux et celles qui ou reculè ou réceleront par ci-après sciemment les dits sectateurs, pour empêcher qu'ils ne fussent pris et apprehendès par justice, seront punis de telle et semblable peine qui les Idits sectateurs ; sinon que d'euxmemes et par leur diligence, ils amenassent et reprèsentassent a justice i ceux sectateurs . . et outre avons aussi ordonnè que tous ceux et celles qui reveleront et denonceront a justice aucuns desdits delinquants, soit des principaux sectateurs, ou de leurs recelateurs . . auront 'le quarte partie des confiscations et amendes sur ce adjugées.f

Destruction of a Colony of the Vaudois in the South qf IFrance.

The Protestant Reformation in France, by the author of “ Father Darey,” &c. vol. i. p. 86.

Upon the frontier of the County of Venaissin and of Provence were situated two small towns, surrounded with crenellés, such as are still to be seen on that road from Valence to Avignon, which is strewed with the ruins of the towns and castles of the middle ages.§ The names of these towns were Mirandol and Cabrières. There were also about

* I. Bouchet, annales d'Aquitaine, p. iv. p. 272. — Gaillard, t. vi. p. 437.

* Isambert, anciennes lois. t. xii. p. 402.

t Sismondi adds, “ Cet edit, qui ne se trouve pas dans le recueil des ordonnance8, n'a probablement jamais etè executé.” But it shews that Francis I. was bent upon the eætirpatiom of heretics.

§ Capefigue histoire de la Réforme.

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