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nationale, heurtant de sa prépondérance et de celle des lumieres le cabinet ténébreux du despotisme, a dissipé d'un souffle ces futiles questions diplomatiques, ces transactions de commis , ces actes insensés parmi lesquels s'agitoit la politique des cours liyrées à des charlatans qui masquoient de grands mots des inepties ministérielles pour lesquelles le sang humain couloit à grands flots; car les fruits empoisonnés des discordes publiques croissent et se fortifient au moyen de ces prétendus publicistes, qui se trompent et s'égarent eux-mêmes dans leur tortueuse chicane; par eux, les armes du despotisme, toujours dirigées contre la liberté publique, s'émoussent, et peu-à-peu les nations cessent de se croire liées par tous ces actes honteux ou cruels de l'ignorance et de l'ambition ; notre corps législatif, écartant les paperasses, a décidé

que

les droits nationaux ne seroient jamais étrangers aux intérêts des parties contractantes , et que lorsqu'il s'agiroit de verser son sang, il étoit légal qu'on sût bien au juste pourquoi.

Falloit-il donc, par exemple, que la France prît parti dernierement et s'unît aux esclaves Espagnols pour combattre ses freres en li

la cour

berté, les Anglois ? Eh !

parce que de Versailles s'est obligée envers celle de Madrid , faut-il aujourd'hui, lorsque tout s'éclaire et s'épure , que l'empire François verse son sang à grands flots pour cette cour de Madrid ? Comment la cour de Versailles a-t-elle soumis et pu soumettre vingt-quatre millions d'hommes à des stipulations arbitraires ? Quoi ! tous les citoyens françois dépendans des caprices d'un seul !Un homme seul qui commanderoit à une arınée d'aller se faire égorger pour soutenir l'injuste guerre d'un despote étranger ! Et nous, nous renoncerions à la faculté de nous régir et d'é. tablir nos rapports avec les autres sociétés du globe;nous irions massacrer des individus généreux et qui applaudissent à nos travaux patriotiques, pour je ne sais quel pacte de famille signé dans tel cabinet , par je ne sais quel motif ! Rien ne lie assurément la nation Françoise envers les Espagnols.

Les ennemis de la révolution ont mis leur espoir dans une guerre quelconque, et n'ont rien négligé pour la susciter ; ils voudroient donner le spectacle d'un armement universel pour recommencer le regne des abus et des déprédations. Dieu ! le plus grand crime de

l'espece humaine et son plus grand fléau', la guerre sortiroit arbitrairement du cabinet d'un souverain à la voix d'un ministre lâche ou intéressé ! Eh !

que sont les dissipations du fisc auprès de ces horribles dissipations de sang humain que se permettent les rois, eux qui le plus souvent ne combattent point! Certes, la guerre, qui est le complément de tous les désastres et qui les traîne tous à sa suite , qui compromet également la vie ou le repos des habitans de deux royaumes , appartient de droit à la volonté du corps politique ; car, comment remettre à la fou. gue, au caprice, à l'erreur, ou à la décision d'un ministre ce long enchaînement de malheurs et cette grande série de meurtres dont la fin devient incertaine lorsque les hostilités sont une fois commencées ?

Si une assemblée nationale avoit enchaîné l'humeur belliqueuse de Louis XIV, n'auroit-elle pas sauvé lui et son royaume des désastres qui ont payé si longuement et si cherernent quelques victoires ?

La déclaration de paix et de guerre n'est évidemment qu'un acte de délibération et non un acte d'exécution. Comment le

pouvoir exécutif, qui ne peut que faire exécuter

la loi, feroit-il une loi qui intéresse noit, seulement la nation, mais encore l'humanité entiere; une loi qui peut servir la tyrannię voisine et miner la liberté d'un peuple sor, tant du sommeil des loix ? Le droit de paix et de guerre appartient aux nations et non à ces têtes couronnées qui, dans tous les temps, ont fait de la surface entiere du globe une arêne sanglante où ils ont aiguisé lę sceptre pour en faire le couteau du despotisme. Et nous ne le repousserions pas, ce couteau que la main barbare des ministres a dirigé constamment contre toutes les libertés publiques! Les hommes ne sont pas faits pour le carnage ; ils sont nés pour vivre paisible, ment avec leurs semblables; mais ils devien, nent des insensés et des tigres, quand ils remetterft aveuglément au pouvoir exécutif le droit de les pousser dans l'arêne des combats, d'ensanglanter l'autel de la patrie, et de co-alitionner le despotisme pour quel ques grandeurs incertaines ou passageres, fjs

Citoyens , youlez-vous cultiver paisible, ment les vertus sociales et religieuses? commencez par vous charger du soin de vos intérêts généraux, comme vous l'êtes de vos intérêts particuliers ; traitez vous-mêmes

avec les nations voisines ; alors cessera cette rivalité suscitée et soutenue par l'adresse des tyrans ministériels ; le grand livre de la raison sera ouvert aux yeux de tous les peuples, et il en découlera la paix et la concorde; car les hommes ont une tendance naturelle à se traiter en freres et en amis : la vie est un bien assez précieux pour que chacun le conserye.

Le dernier terme de la férocité, de l'extravagance et de l'esclavage seroit de faire couler le sang des autres et le sien propre en esclaves passifs et à la seule voix du prince; or, ilétoit impossible que l'assemblée nationale, qui agit sous les yeux de Dieu et de l'univers, se rendît responsable envers les races présentes et futures de cet abaissement, de cette abnégation ; la majesté de l'homme en auroit été flétrie ; et les François, naissans à la liberté, n'auroient plus été dignes d'en prononcer le nom. Ainsi le droit de faire la paix et la guerre appartient incontestablement à la nation', ou il n'y auroit plus sur terrre que la cause des rois, et conséquem. ment plus de citoyens.

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