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II.

Report on Eastern Cazas of Salonica Vilayet.

Caza de Démir-Hissar.

Depuis la mort du fameux chef de bande Bulgare, Alexis de Poroyé, tué il y a à peu près un mois et demi, jusqu'à ces derniers jours, le Caza de Démir-Hissar jouissait d'une certaine tranquillité pour ce qui concerne le mouvement des bandes, Pendant ce temps-ci les autorités Turques avaient fait de grandes poursuites contre les villageois soupçonnés d'avoir aidé et entretenu Alexis, et les vexations n'ont pas manqué. Le premier rôle avait été joué par un certain Ahmet Effendi, Moulazim des Moustahfiz, qui avait torturé beaucoup des villageois pour les forcer à lui remettre les armes qu'ils avaient déjà reçues du Comité. Cette manière d'agir d'Ahmet Effendi força plusieurs villageois à prendre la fuite et se sauver en se rendant aux bandes, En même temps les gens d’Ahmet Effendi n'ont pas hésité de piller les maisons des villageois. Après Ahmet Effendi vient le nommé Ali Bey, Mal-Moudiri de Caraféria, nommé remplaçant provisoire du Caïmacam de Démir-Hissar. Celui-ci complétait l'oeuvre d’Ahmet Effendi et avait rempli les prisons de DémirHissar de villageois, dont plusieurs se trouvent encore là sans être nullement coupables. De cette manière les autorités Turques étaient parvenues à ramasser plusieurs fusils parmi les villageois. Quant à la question des armes, il arrive quelquefois qu'une bande donne à un certain nombre de villageois des fusils, et les „Bandistes“ connaissent déjà les villageois qui possèdent des armes; mais le Comité local prend souvent un fusil à un villageois et le donne à un autre, ce qu'ignorent les ,,Bandistes;" il arrive, donc, que si un de ces „Bandistes" tombe entre les mains des autorités Turques, il dénonce ceux qui avaient reçu des armes, et les autorités forcent ces derniers à leur rendre des armes qu'ils n'ont plus pour la cause sus-mentionnée du Comité local, et, par conséquent, elles les maltraitent terriblement, ce qui est arrivé dernièrement aux villages de Démir-Hissar, où des villageois, dénoncés comme ayant des armes, ont été obligés d'acheter des armes auprès des Turcs et de les remettre aux autorités pour se sauver des coups de bâtons. Telle était la situation jusqu'à ces derniers jours, lorsque, tout d'un coup, de nouvelles bandes se présentèrent dans ces endroits-là. Avant quatre jours une bande forte de quarante hommes s'est rendue au village „Orman Tchiftlik“, à deux heures de la ville de Melnik, où elle assassina un villageois avec sa famille, en tout six personnes, et mit le feu à sa maison sous le prétexte que ce villageois avait trahi une bande. Samedi

une autre bande s'était rendue au village de Krouchevo, à trois heures de Demir - Hissar, et comme les Turcs croyaient qu'il y avait une communication souterraine entre plusieurs maisons de ce village, qui compte trois cents familles, ils avaient demandé à Serrès la permission de mettre le feu au village. Les autorités de Serrès n'ont pas approuvê cette proposition, mais elles ont donné l'ordre de bloquer le village, et le blocus commenca depuis avant-hier. D'autres bandes de dix à quinze personnes ont commencé à entrer de la Bulgarie en Macédoine, malgré toute la surveillance des Turcs à la frontière. En prenant en considération tous ces faits, il faut supposer que les Bulgares préparent aussi un soulèvement aux Cazas de Razlog, Djoumaya-Bala, Pétritch, Melnik, Démir-Hissar, Serrès, et Névrokop, mais ce soulèvement n'aura pas lieu d'ici quelques jours, mais peut-être dans quelques semaines. D'après toutes les apparences, ce soulèvement ne réussira pas au Caza de DémirHissar à cause des dernières poursuites, lesquelles ont terrorisé les habitants, et à cause du manque d'armes, la plus grande partie des armes fournies par le Comité aux villageois de ce caza étant tombé entre les mains du Gouvernement. Il n'y a que la population Valaque de ce caza qui soit bien armée et redoutable, mais c'est une question si elle voudra se mettre du côté du Comité. || Le soulèvement, qui n'aura peutêtre pas de chances de réussite au Caza de Démir-Hissar, trouvera un terrain très favorable aux Cazas de Pétritch, Melnik, et autres où des poursuites n'ont pas eu lieu dernièrement, et la population y est armée et préparée. || Dernièrement le Férik Chakir Pacha a fait une inspection de toute la frontière Bulgare de ce côté-là. On dit qu'après la promotion d'Ibrahim Pacha, Commandant de Serrès et de la frontière Bulgare au grade de Mouchir, Ibrahim Pacha va se retirer de ce poste, et il sera remplacé par Chakir Pacha. Quant à la mort d'Alexis, celui-ci a été tué dans les circonstances suivantes: Il Six jours avant sa mort Alexis avait attrapé avec sa petite bande de quatre personnes deux villageois, auxquels il prit tout l'argent qu'ils portaient sur eux, à savoir, 12 livres pour acheter des chèvres. Alexis avait retenu cette somme pour luimême, sans rien en donner à ses compagnons, de sorte que son cousin germain Mito, qui était aussi de la bande, sépara deux jours après d'Alexis et alla à Poroyé, où il se rendit aux autorités Turques, et celles-ci, l'ayant habillé d'habits militaires, lui donnèrent un détachement militaire pour poursuivre Alexis; deux jours après Alexis fut tué avec un de ses compagnons du côté de Pétritch par ce détachement. || Plusieurs villages exarchistes se sont déclarés dernièrement comme patriarchistes pour pouvoir éviter les poursuites des autorités Turques. Parmi les

autres sont les grands villages Spatovo, Zaviaco, Hadji, Beylik, &c.; mais tout cela pour se sauver des poursuites.

Caza de Kilkisch. Le Caza de Kilkisch ayant été depuis le commencement de l'action Bulgare un centre du Comité Macédonien, il a subi toutes les différentes phases du Comité. On y rencontre encore les deux différentes parties du Comité, c'est-à-dire, les Vyrchovistes (partie Michailovski-Tsontcheff) et les Centralistes (Sarafoff-Deltcheff). Les habitants de la ville de Kilkisch surtout étaient bien initiés aux affaires du Comité et ont beaucoup travaillé. || Cependant, les derniers faits dans ce caza ont beancoup découragé la population. Après l'affaire du Lac d'Amatovo, laquelle fut la cause du ravage de tous les villages situés aux environs de ce lac et appartenant, pour la plupart, au Caza de Kilkisch, est venue celle du village l’Apostolare, où quatre villageois ont été tués et douze maisons brûlées. Les hommes de ce village se sont sauvés par la fuite et ont rejoint les bandes; les maisons ont été tout à fait pillées, et les femmes et les enfants sont restés sans protection; d'un autre côté, les habitants de la ville de Kilkisch ont grande peur d'un attentat de la part des Turcs contre eux, et ils veulent éviter tout trouble à la ville et au caza. En y ajoutant que les autorités Turques ont installé presque dans tous les villages des détachements militaires et que le terrain de ce caza n'est pas propre à l'entretien de grandes bandes, n'ayant ni montagnes ni forêts, il faut considérer que la population de ce caza n'est pas disposée à prendre part au soulèvement d'elle-même et que, si elle le fera, elle y aura été forcée.

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Vice-Consul Théodoridés to Consul-General Graves.

Serrès, le 10 Août, 1903. M. le Consul-Général, || J'ai l'honneur de vous informer que Vendredi passé, près de Bansko (Caza Razlog), une rencontre a eu lieu entre une bande Bulgare, commandée par Sardinsky et forte de cinquante personnes, et un détachement de troupes Turques; les bandits, après avoir laissé sur le champ trois tués et beaucoup de munitions, prirent la fuite, en emmenant avec eux leurs blessés; de la part des Turcs, trois furent tués. || Sauf la susdite bande, il y a encore les suivantes qui envahirent le territoire Turc: || 1. Une bande composée de soixante personnes et commandée par le fameux brigand Dontzio, qui opère dans le KressnaKoli; même, Mercredi passé, Dontzio s'est rendu à Orman-Tsiflik, deux heures distant de Melnik, et a brûlé la maison d'un notable du village, avec toute sa famille, femmes et enfants, au nombre de six; || 2. Une bande composée de soixante-dix personnes, et commandée par Sandaloff, qui opère à Demertzik-Koli; || 3. Et une bande composée de neuf personnes, et commandée par Radet, qui opère entre Vrondou et DémirHissar. || En général à Rilo les Comités se préparent activement pour une invasion prochaine en bloc.

IV.

Vice-Consul Fontana to Consul-General Graves.

Uskub, August 11, 1903. (Extract.) || 1 telegraphed to His Majesty's Ambassador on the 9th instant, reporting an explosion of dynamite at Zibefché station, and I now have the honour to report further upon the incident in question. || It seems that a portmanteau containing a dynamite bomb and detonator was registered at Philippopolis for Uskub. The trunk was removed from the luggage van at Zibefché by the zealous, though somewhat illiterate, employés of the custom-house there, who, by the time they has spelled out the adress, were too late to replace it in the van. It was accordingly taken to the depôt, or luggage room, to await the following day's train. Towards 1,30 P. M. the explosion occurred, the train from Zibefché usually reaching Uskub at about that hour. The depôt was wrecked, but there was no loss of life. There seems no doubt that the detonator was timed to cause an explosion at the Uskub station at the moment of arrival, and before the train from Salonica (which is compelled to await the arrival of the train from Zibefché) had steamed out. The panic would then have been complete

the two trains full of passengers, the station platform crowded, as it always is, by loungers, police, hamals, soldiers, hawkers, and travellers

and a general rush for the two narrow station outlets, and trampling under foot of men, women, and children would very probably have ensued. || Subsequent to the explosion, a bag and a box containing dynamite were discovered in another part of the custom-house at Zibefché They were destined, it appears, for Ishtib and Stroumnitsa. || It is alleged that a Bulgarian named Poushkouroff, at the head of a band of eighty Bulgarians, quite recently made is appearance in the Radovishté Caza, and that his followers split up into eight bands, each of ten men, who, after trying unsuccessfully to incite the peasantry thereabouts to open revolt, made their way into the vilayets of Salonica and Monastir. The immediate frontier district it said to be now overrun with small bands. The telegraph posts in the Kratova-Keuprulu district are so damaged

that some time must elapse before telegraphic communication is fully re-established. || Since the 5th instant, thirteen battalions have passed Uskub from Mitrovitsa and Ferisovitch for the Monastir and Salonica vilayets. || A requiem mass was celebrated by the Bulgarians of this town in their church this morning in memory of M. Rostkovsky, the Russian Consul murdered at Monastir. The town is quiet; the majority of the Bulgarians have refused hitherto to listen to the incitement of the Komitajis, and it is hoped that no serious outbreak will occur. It is feared, however, that the bolder spirits are merely awaiting the signal for action. The Moslem townspeople are fully armed, and the shopkeepers have weapons to hand both in their houses and their shops. In obedience to the instructions of His Majesty's Ambassador, I have pointed out to the Vali the extreme importance attaching, in the interest of Turkey, to the suppression of any eventual Bulgarian rising in this province by the troops, and by them alone, to the exclusion of Moslem civilian interference. His Excellency expresses his thanks, and states that measures to that end have already been adopted. I have on several occasions spoken to Hilmi Pasha in the same sense, and he always gave me every assurance that only the military and the gendarmes would be employed in suppressing a revolt, and that not the slightest excess on their part would be tolerated.

V*).

Consul-General Graves to Sir N. O'Conor.

Salonica, August 13, 1903. Sir, || I have the honour to transmit herewith a report on the condition of the Caza of Doiran, which has been prepared for me by the author of the reports on the Cazas of Demir-Hissar and Kilkish, inclosed in my preceding despatch. || My informant thinks that the eastern half of Doiran, bordering on Demir-Hissar and Kilkish is, like the two lastmentioned cazas, reduced to comparative tranquillity, and unlikely to participate in any insurrectionary movement in the near future. The western half of the Doiran Caza, on the other hand, appears, like Gergeli, to be ripe for revolt. || From Gevgeli I learn that on the 10th instant, the day of the blowing up the Gevgeli Railway bridge, a large band of insurgents appeared at the village of Konsko, where the insurgent flag was unfurled, and the leader, Apostoli, sent a letter to the Turkish authorities, announcing that the time for concealment had passed, and

*) Die Berichte V---VII kamen am 24. August nach London. Red.

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