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qui de droit pour empêcher la vente desdits bestianx, à l'effet de les remettre en même temps que les autres objets enlevés à leurs propriétaires, par l'entremise des autorités Inıpériales des districts limitrophes de l’Empire. || Le Commissariat Impérial sera obligé au Département Princier de lui faire connaître le résultat des ordres qu'il aura donnés à cet effet.

II.

Note addressed by General Petroff to Ali Ferrouh Bey.

Le 30 Août (12 Septembre), 1903. Lorsque, le 20 Juillet dernier, un mouvement insurrectionnel s'est déclaré dans le Vilayet de Monastir, à 250 kilom. de la Principauté, il n'a été dans la pensée de personne d'en faire remonter la responsabilité au Gouvernement Bulgare: c'est qu'il eût été difficile de prétendre que les bandes d'insurgés, avec les armes et munitions et les bombes de dynamite dont elles disposent, seraient venues de Bulgarie. Il est vrai que, quelques jours auparavant, sur la foi des rapports de ses autorités, la Sublime Porte avait allégué que deux bandes armées auraient franchi la ligne de démarcation et fait leur apparition dans la Province de Monastir, après avoir traversé les Vilayets d'Uskub et de Salonique; toutefois, l'invraisemblance d'une pareille incursion, à travers deux provinces occupées par un nombre considérable de troupes Impériales, ne lui a pas permis de maintenir ses assertions, et, quand l'insurrection a éclaté dans une région aussi éloignée de la Bulgarie, elle s'est gardée de la leur attribuer et d'en rendre responsable le Gouvernement Princier; aussi bien, celui-ci n'a-t-il reçu, jusqu'à ce jour, aucune communication dans ce sens de la part de la Sublime Porte. || Mais, à peine un mouvement analogue s'est-il produit dans le Vilayet d’Andrinople, limitrophe de la Principauté, que la Sublime Porte l'a aussitôt attribué à des bandes armées qui seraient parties du district de Bourgas et s'est empressée de charger le Commissariat Impérial Ottoman de faire des démarches en conséquence auprès du Gouvernement Bulgare. Ainsi, selon les renseignements qui lui ont été transmis par son Altesse le Grand Vizir, le Commissariat Impérial croit pouvoir affirmer, dans ses notes verbales des 11 (24) et 14 (27) Août et du 2 Septembre NN. 2305/188, 2361/190, et 2462/193, que c'est de Bourgas que serait venue une forte bande de „malfaiteurs“ qui, le 5 (18) de ce mois, aurait attaqué la ville de Vassilicos et d'autres localités du Sandjiak de Kirk-kilissé; et, à l'appui de son affirmation, il cite le fait que

cette bande aurait conduit jusqu'à Bourgas même quatre de ses blessés et des prisonniers faits à Vassilicos, sans que les gardes-frontière Bulgares et le Préfet du district eussent pris des mesures contre elle. Par suite et conformément aux ordres de son Altesse le Grand Vizir, il demande l'arrestation et la punition des individus qui ont fait partie de cette bande, et la restitution des effets et des bestiaux provenant du pillage de Vassilicos et des environs; il rejette enfin la responsibilité des „incidents qui ont précédé et suivi celui de Vassilicos, sur les autorités Princières qui, d'après lui, ne prennent aucune mesure notoire pour empêcher la formation et le départ des bandes qui se dirigent sans cesse vers la ligne de démarcation. || Tout d'abord, en ce qui concerne cet „incident“ de Vassilicos, le Ministère des Affaires Étrangères relève d'un rapport du Préfet de Bourgas la déclaration catégorique qu'aucune bande armée n'est partie de cette ville et qu'aucune n'y est venue du sandjiak voisin avec des blessés et des prisonniers. Les prétendus „prisonniers," dont fait mention le Commissariat Impérial, ne sont autres que des fonctionnaires ou employés de l'Administration Ottomane, arrivés dans le district de Bourgas, en même temps qu'un assez grand nombre de réfugiés Bulgares du dit sandjiak, et dans les circonstances suivantes: les insurgés qui ont attaqué Vassilicos avaient arrêté les représentants de l'autorité locale et, en se retirant de la ville, ils les ont remis entre les mains des réfugiés, en leur enjoignant de se rendre avec ces derniers en Bulgarie s'ils voulaient avoir la vie sauve; et les fonctionnaires Ottomans ont accepté de suivre les réfugiés. Les blessés se trouvent parmi ces réfugiés, victimes des mauvais traitements que leur ont infligés des Bachi-Bozouks et des soldats de l'armée Impériale. Les quelques bestiaux, dont le Commissariat Impérial réclame la restitution, appartiennent aux réfugiés; et il en est de même des effets qui, du reste, sont de telle nature et de si peu de valeur qu'ils ne peuvent guère provenir de pillages. Au surplus, par certains exemples du passé, les autorités Ottomanes ont eu lieu d'apprécier la surveillance rigoureuse exercée par les douaniers et gardes-frontière Bulgares à l'égard de quiconque a essayé d'introduire illicitement le moindre objet sur le territoire de la Principauté. Les faits ainsi rétablis, d'après les dépositions des malheureux réfugiés et de leurs „prisonniers“ volontaires, sont donc loin de concorder avec la relation qu'en a donnée le Commissariat Impérial Ottoman. C'est donc en vain que celui-ci s'est efforcé d'attribuer ,,l'incident" de Vassilicos à une bande de „malfaiteurs“ partie du district de Bourgas, et d'en faire état pour pouvoir rendre les autorités Princières responsables de ce qui se passe actuellement dans le Sandjiak de Kirk-kilissé. | En se référant à ses notes verbales du 16 (29) Août, No. 368, et du 28 Août (10 Septembre), No. 386, le Ministère des Affaires Étrangères croit devoir déclarer au Commissariat Impérial que le Gouvernement Bulgare décline toute responsabilité aussi bien dans les événements du Vilayet d’Andrinople où la Sublime Porte cherche à faire diversion pour l'en accuser, que dans ceux du Vilayet de Monastir où, n'ayant pas même un semblant de raisons pour l'y impliquer, elle s'est plu à garder le silence. || Ce n'est un secret pour personne, et moins pour la Sublime Porte, que l'insurrection qui a éclaté, à quinze jours d'intervalle, dans ces deux provinces de l'Empire, est loeuvre d'une organisation indépendante des anciens Comités Macédoniens qui n'existent plus en Bulgarie. || Tout le monde connaît les causes qui ont fait naître cette organisation et provoqué cette insurrection. || Depuis 1880, les populations Chrétiennes des provinces de la Turquie d'Europe attendent l'application des stipulations de l'Article XXIII du Traité de Berlin. Or, non seulement aucune des réformes prévues par cet Acte international n'a été apportée au régime administratif de ces provinces, mais encore ce régime est devenu, d'année en année, plus rigoureux pour ces populations. Il en est résulté, dans la classe intelligente de la population Bulgare, un mouvement d'émigration vers la Principauté et, dans la masse populaire, des ferments de mécontentement et des menées subversives. Tous les Ministères Bulgares, qui se sont succédés au pouvoir, depuis une quinzaine d'années, n'ont eu cesse d'attirer la sérieuse attention de la Sublime Porte sur la nécessité d'améliorer le sort de la population Bulgare en Turquie, afin d'enrayer l'émigration et l'action révolutionnaire en ces pays. La Sublime Porte n'a jamais voulu entendre parler de l’Article XXIII du Traité de Berlin; elle a toujours évité de s'engager dans la voie des réformes réelles. Parfois, à la faveur ou sous la pression de certains événements, elle a cru faire des concessions magnanimes, en rétablissant, sur le terrain ecclésiastique et scolaire, à l'égard des communautés Bulgares, les droits qu'elle leur avait retirés contrairement au Firman Impérial de 1870. Elle n'a point voulu comprendre que le véritable danger était, non pas dans la méconnaissance des clauses de ce Firman, mais dans le régime d'arbitraire et de compression qui pesait sur les Bulgares de Turquie, qui forçait un grand nombre d'entre eux d'émigrer dans la Principauté et qui devait fatalement, tôt ou tard, les jeter tous dans des entreprises révolutionnaires. Ce danger est apparu pour la première fois en 1895, lors des événements d'Arménie, à la suite desquels une masse d'Arméniens s'étaient réfugiés en Bulgarie. Un courant d'opinion s'est produit, à cette époque, en faveur des Bulgares qui habitent les provinces Ottomanes; et, sous l'impulsion des libertés consacrées par la Constitution du pays, ce courant s'est développé et manifesté par des attaques de la presse, par des meetings, et par des Comités Macédoniens. En 1897 le danger devint plus grand encore et, pour le conjurer, au moment où elle s'engageait dans une guerre avec la Grèce, la Sublime Porte a solennellement promis au Gouvernement Princier que, aussitôt après la conclusion de la paix, elle prendra les mesures pratiques requises dans l'ordre administratif et judiciaire, afin d'inaugurer une ère d'apaisement, de progrès et de bien-être au sein des populations Chrétiennes des provinces Ottomanes limitrophes de la Bulgarie. Mais, à peine la paix fut-elle rétablie, que les autorités Impériales ont suscité l'affaire de Vinitza. Par les mesures de répression excessives qu'elle a prises à cette occasion, la Sublime Porte a augmenté le malaise et le mécontentement parmi les populations; elle a fait ainsi le jeu des agitateurs politiques, pour avoir le prétexte de ne point tenir ses promesses et d'arguer que la faute en était aux Comités Macédoniens en Bulgarie. C'est en vain que le Gouvernement Princier, au cours des dernières années, s'est efforcé de lui démontrer que, le jour où elle appliquerait franchement et loyalement les réformes nécessaires dans ses provinces, elle n'aurait pas plus que lui-même à s'inquiéter à propos de ces Comités parce que, ce jour-là, les Macédoniens retourneront librement dans leur pays et ne seront plus pour la Bulgarie un sujet de graves préoccupations sous le rapport économique, social, et politique. La Sublime Porte n'a pas cru devoir modifier son point de vue; elle a persisté dans son système de persécutions et de repressions; même après la dissolution des Comités, elle ne s'est pas aperçue que le danger allait venir d'une organisation révolutionnaire à l'intérieur, au coeur même de ses provinces. || Et aujourd'hui encore, au lieu de se rendre à l'évidence des causes de l'insurrection, en mettant un terme aux persécutions que subit la population Bulgare des provinces Impériales, au lieu de lui assurer un sort meilleur, en prenant des dispositions conformes à ses promesses solennelles, la Sublime Porte laisse se prolonger une situation pleine de périls pour l'Empire comme pour la Principauté. Pendant qu'elle cherche à étouffer le mouvement révolutionnaire par des moyens tout autres que les mesures promptes et salutaires qu'il conviendrait d'appliquer pour enrayer définitivement le mal, elle ne semble tenir compte ni du contre-coup de ces événements parmi les 200 000 Macédoniens émigrés ou réfugiés en Bulgarie, ni des graves difficultés que cette masse d'hommes exaspérés pourraient un jour susciter au Gouvernement Princier. En effet, par un sentiment naturel de solidarité, ne se risqueraientils pas à la longue à soulever un mouvement populaire au sein de ce pays? D'ailleurs, peut-on savoir et signaler par avance, afin de les en empêcher, quels sont ceux qui se proposent d'aller en Turquie pour se joindre aux insurgés? Et s'il en est qui, trompant la vigilance des postes militaires Bulgares, ont réussi à passer la frontière, à travers les montagnes et les forêts inextricables qui séparent les deux pays, que faisaientils donc, en pareil cas, les postes militaires Ottomans? Ou bien, la garde des frontieres Impériales incombe-t-elle aux autorités Bulgares seules! Tout cela, en maintes circonstances, a été signalé à l'attention de la Sublime Porte, soit par l'entremise du Commissariat Impérial, soit par l'Agence Diplomatique de Bulgarie à Constantinople. || En conséquence, loin d'être fondée à suspecter la loyauté de la Bulgarie et à rendre ce pays responsable de l'insurrection, en prétendant que ce sont des bandes venues „uniquement“ de son territoire qui l'auraient organisée et provoquée, la Sublime Porte devrait au contraire reconnaître que le Gouvernement Princier a fait jusqu'à present tout ce qui était en son pouvoir pour calmer les esprits et contenir les émigrés et réfugiés Macédoniens. || La Sublime Porte devrait également se rappeler les démarches instantes que le Gouvernement Bulgare a faites auprès de la Cour Suzeraine pour lui proposer une coopération sincère et loyale à l'oeuvre d'apaisement et de concorde entre les deux pays. Loin de préparer les voies et moyens pour atteindre ce but si ardemment désiré par le Gouvernement Princier, elle a pris tout récemment une mesure qui ne se concilie guère avec les principes régissant les rapports de bon voisinage entre les États: à l'occasion de l'anniversaire de l'avènement au trône de Sa Majesté Impériale le Sultan tous les ressortissants Bulgares établis ou voyageant dans l'Empire ont été arrêtés en masse et maintenus en prison pendant plusieurs jours, sans mandat d'arrêt, sans motif, sans explication, malgré que tous sans exception eussent des papiers de légitimation en règle et que la plupart d'entre eux fussent même avantageusement connus des autorités Iinpériales. Que la police Ottomane se prémunisse, à cette occasion, contre les agissements d'individus ou dangereux ou suspects en prenant à leur égard des mesures préventives, personne n'y saurait contredire: mais que, par ordre supérieur, elle inflige le même traitement à des négociants honorables, dont la conduite a toujours été sans reproche; c'est là un abus de pouvoir qui ne saurait se justifier même dans les temps les plus troublés, c'est là une nouvelle preuve des persécutions systématiques que subissent les Bulgares en Turquie. || Eh bien! malgré les persécutions dont souffrent les Bulgares dans l’Empire, malgré les suspicions qui pèsent sur tout ce qui a un nom Bulgare en Turquie et sur tout ce qui se fait en Bulgarie, le Gouvernement Princier a pleine confiance en l'avenir, parce qu'il est fermement persuadé que, tôt ou tard, la Sublime Porte lui rendra justice en reconnaissant les dispositions sincères et loyales dont il a toujours été animé à l'égard de la Cour Suzeraine. | Puisse cette déclaration du

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