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pour tout le reste, il n'est pas nécessaire d'y joindre ces accessoires. Observez que la tragédie a toutes les parties de l'épopée, et qu'elle pourrait même adopter son vers; qu'elle a de plus, et non pas en petite portion, l'appareil et la musique: deux choses qui procurent un extrême plaisir; qu'en outre elle a un grand éclat, soit dans les reconnaissances, soit dans le reste de l'action; qu'enfin elle arrive au terme de son imitation, en parcourant moins d'étendue. Or, ce qui est resserré charme davantage que ce qui est répandu dans un espace de temps, comme si, par exemple, on délayait l'OEdipe de Sophocle en autant de vers que l'Iliade. Ce n'est pas tout : l'imitation épique a moins d'unité. La preuve en est qu'une seule épopée produirait plusieurs tragédies. Le poète épique se borne-t-il à une action? elle est maigre, si elle est racontée brièvement; délayée, s'il prodigue les vers. Embrasse-t-il plusieurs événemens? l'unité cesse. C'est ce qui arrive dans l'Iliade et dans l'Odyssée, quoique la composition en soit excellente, et que chacun de ces poëmes imite, autant qu'il est possible, une seule action. Si donc la tragédie diffère de l'épopée en tous ces points, comme, dans le propre de son art, l'une et l'autre en effet ne doivent pas procurer toute espèce de plaisir, mais seulement celle que nous avons déve

loppée; par une conséquence évidente, la tragédie, atteignant mieux son but, est supérieure à l'épopée. J'ai terminé ce que j'avais à dire concernant ces deux poëmes en général, leurs formes, leurs parties, le nombre, les différences, les causes des beautés et défauts, les critiques et les réponses.

FIN DU TOME II DES OEUVRES POSTHUMES.

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