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oà la conilnisent les malheurs les plus extrêmes; il a appris aux hommes à discerner les biens et les maux. Lisez et jugez :

« Le méchant, comme un pilote , connaît la mesure de son génie, et n’entreprend que ce qu'il peut faire, sans rien tenter au-delà ; et si , par hasard, il échoue, aussitôt il se relève. Conduire avec art ses projets, les dérober à tous les yenx, voilà le chefd'oeuvre de l'home injuiste; s'il se laisse prendre , il remplit mal sa destinée. Le degré suprême de la méchanceié, c'est de ressembler à la vertu. Donnon; au scélérat loute la perfection de son caractère: qu'il convre les plus grands forfaits d'une réputation de probité; qu'il sache corriger ses fautes; qu'il soit assez disert pour se justifier , si on l'accuse, et assez courageux , assez fort par lui-même, 011 par ses amis, pour repousser dans l'occasion la violence et les armes.

« Mettons en regard l'homme juste et modeste plus jaloux d'être bon que de le paraître. Dépouillons-le de tout, hormis de sa justice; et pour

éta, blir entre lui et le méchant une parfaite opposition, qu'il passe pour le plus scélérat des hommes, sans avoir commis la moindre injustice: de sorte que sa justice soit mise aux plus rudes épreuves, et qu'elle ne soit ébranlée ni

par l'infamie, ni

par vais traitemens ; mais que jusqu'à la mort il marche d'un pas

assuré dans les sentiers de la vertu, passant toujours pour un méchant, tout juste qu'il est. Il faut qu'il soit fouetté, tourinenté, mis dans

les mau

les chaines, et qu'après avoir souffert touiles sortes de maux, il expire sur une croix, » ( Rép, liv. II.)

O toi, qui eus cette haute idée, cette idée sublime de la vertu, si tu avais été témoin de la vie et de la mort de Jésus , si tu avais pu contempler un caractère si étonnant, un caractère qui ne se démentit jamais, qüi fut toujours ce qu'il devait être, toujours digne de son origine céleste, toujours lel que le demandait la nature de sa mission, et le grauid but qu'il

qu'il se proposait de remplir; si tu avais enfin pu voir le tes yeux ton juste imaginaire réalisé, et réalisé avec une telle perfection; si tu avais recueilli ce dernier soupir qui implorait le pardon de ses persécuteurs et de ses bourreaux; ah! sans doule, prosierné au piel de son gibet, tu te serais écrié ravi d'admiration et d'amour: Oui, vous êtes mon Seigneur et mon Dieu !.. (1)

(1).« Se peut-il, dit Rousseau, que celui dont l'Évangile fait l'histoire ne soit qu'un homme? Est-ce là le ton d'un enthousiate ou d'un ambitieux sectaire ? Quelle douceur, quelle pureté dans ses mæurs ! quelle grâce touchante dans ses instructions ! quelle élévation dans ses inazines! quelle profonde samisse dans ses discours ! quelle présence d'esprit! quel naturel et quelle justesse dans ses réponses ! quel empire sur ses passions! Où est l'homme , où est le sage qui sait agir , souffrir et mourir sans faiblesse et sans ostentation? Quand Platon peint son juste imaginaire couvert de tout l'opprobre du crime et digne de tous les prix de la vertu,

il peint trait pour trait Jésus-Christ ; la ressemblance est si frappante, que tous les Pères l'ont sentie, et qu'il n'est pas possible de s'y tromper, Quels préjugés, quel aveuglement ne

ne faut-il

pas

avoir pour oser comparer le fils de Sophronisque au fils de Marie! Quelle distance de l'un à l'autre! Socrate, inourant sans douleur, sans ignominie, soutint aisément jusqu'au bout son personnage ; et si cette facile mort n'eût honoré sa vie , on douterait si Socrate, avec tout son esprit, fut autre chose qu'un 80

S. II. DOGMES DU CHRISTIANISME.

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Rappelons ici la distinction, déjà expliquée dans le premier chapitre, entre concevoir et comprendre. Si nous ne pouvions ni comprendre ni même concevoir les dogmes du Christianisme, Dieu n'aurait pu les révéler

, parce qu'alors ils renfermeraient quelque contradiction , ils seraient absurdes, Mais, en reconnaissant que plusieurs d'entre eux sont incompréhensibles , nous allons démontrer

que nous pouvons les concevoir tous, c'est-à-dire, qu'il n'en est pas un seul qui renferme aucune répu. gnance, aucune contradiction; et que, par conséquent, il n'en est pas un seul qui soit contraire à la raison humaine,

Pourqu'il y eût contradiction dans le mystère de la Trinité, il faudrait que ce dogme fût exprimé en ces termes : Trois sont un, et un est trois. Mais la religion chrétienne n'enseigne pas que trois personnes divines ne font qu'une seule personne;

elle n'enseigne pas non plus qu'il y a en Dieu une nature et trois natures : ce serait une contradiction évidenle. Elle enseigne qu'il y a en Dieu unité de na

phiste.... La mort de Socrate, philosophant tranqnillement avec ses amis, est la plus douce qu'on puisse desirer ; celle de Jésus expirant dans les tourmens , injurié, raillé, maudit de tout un peuple, est la plus horrible qu'on puisse craindre. Socrate , prenant la coupe empoisonnée , bénit celui qui la lui présente et qui pleure ; Jésus, au milieu d'un supplice affreux, prie pour ses bourreaux acharnés. Oui, si la vie et la mort de Socrate sont d'un sage, la vie et la mort de Jésus-Christ sont d'un Dieu.» (Emile , livre 4. tome 3.)

ture et trinité de personne , que le Père, le F'ils et le Saint-Espril , sous le rapport de nature , sont identiques, et que, sous le rapport

de

personne, ils sont distincts. Où est la contradiction et l'absurdité? L'idée de trois personnes exclue-t-elle l'idée d'une nature indivisible? Que les incrédules essayent de le prouver, s'ils le peuvent..... El! ne sommes-nous pas

forcés

par

la raison d'admettre en nous-mêmes l'unité de personne et la dualité de nature? L'homme est esprit et corps : il y a en lui une nature indivisible et une nature divisible, et cependant il est un , et il n'est pas deux; son moi est simple. Cela se comprend-il ?... Mais si l'unite dans la dualité n'est pas contraire à la raison , la trinité dans l'unité ne l'est pas davantage; et même l'unité de personne dans deux watures hétérogènes est moins compréhensible que la trinité de personne dans l'unité et l'identité de nature. (1)

Relativement au dogme du péché originei ( ), il faut se garder de toute équivoque sur le mot

( 1 ) Nous croyons utile d'ajouter que l'obscurité du dogme de la Trinité vient , non seulement de ce que notre intelligence finie ne peut comprendre l'infini , mais de ce que la nature divine est spirituelle, et que nous n'avons qu'une idée négative de l'esprit. Notre imagination, nous portant à appliquer à ce qui est esprit les idées que nous avons de ce qui est matériel , il nous semble qu'il y a de grandes difficultés là où une intelligence qui aurait une idée complète de l'esprit n'en verrait point.

(2) « Les philosophes , dit un profond penseur , se sont fort égayés sur la défense que Dieu fit à Adam, de manger d'un certain fruit. En supposant la création, il est , je ne dis pas seulement vrai, mais naturel , mais indispensable que Dieu ait fait connaître à sa créature son pouvoir , et la dépendance où elle était. Le pouvoir se manifeste par des injonctions,

péché. Celui dont nous naissons tous coripables ; d'après l'enseignement du Christianisme, n'est pas

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des prohibitions , ct ne le peut autrement. Mais quelle défense Dieu pouvait-il intimer au premier bomme dans l'état où l'Éeriture le suppose? IŤ ne pouvait lui intimer que des défenses personnelles, paisqu'il était seul sur la terre, et non encore des défenses qu'on peut appeler sociales, de tuer , de voler etc. , prohibitions qiii devaient étre plus tard le fondement de la société.. Plus on y pense et mieux on voit que Dieu ne pouvait commander à l'homme d'autre sacrifice de sa volonté, ni lui donner une autre leçon de tempérance dans la jouissance des biens de la terre. On peut même dire que la seule tempérance dans la jouissance des choses naturelles à l'usage de l'homme, est la tempérınce dans le boire et dans le manger, parce que, pour ces besoins , les premiers et les plus nécessaires de tous , il ne peut que se modérer, et ne peut pas s'abstenir.» ( Bonald, Pensées.)

Il serait facile de montrer qu'il n'y a aucune répugnance dans les autres circonstances de l'histoire du péché de nos premiers parens , dont on peut voir une explication satisfaisante dans les dissertations de M. de Genoude sur la Genèse. Nous ferons observer seulement 1o. que le serpent n'était pas à cette époque un objet d'horreur , puisque tous les animaux étaient soumis à l’homine sans qu'aucun pût lui nuire , ni par conséquent l'effrayer ; que le tentateur put en choisir un de la forme la plus agréable , tel que les serpens ailés qui se trouvent en Arabie et en Egypte, et dont les ailes produisent un effet magnifique lorsqu'elles réfléchissent les

rayons du soleil, et qu'il put, d'ailleurs, l'embellir par des qualités surnaturelles ; qu'enfin il ne répugne nullement qu'Éve lui ait répondu : elle put s'imaginer que le serpent avait acquis la raison et la parole en mangeant du fruit défendu , que c'était sur sa propre expérience qu'il lui en recommandait l'usage , et que, si le serpent avait acquis ces dons, elle qui en jousssait déjà , acquerrait une science vraiment divine :

20. Que, quoique l'interprétation qui admet un serpent naturel dans la tentation d'Éve, soit plus commune, l'interprétation allégorique n'est contraiBe à la foi chrétienne, qui nous oblige seulement à croire que l'homme a été séduit par le démon, et qui n'ordonne pas de croire qu'un serpent réel lui a servi d'instrument.

Au reste, c'est une chose remarquable que le serpent ait été regardé généralement , dans le monde payen, comine un habile enchanteur, com

pas

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