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Jean Joseph Delauro-Dubez ué le 9 septembre 1748, d'une famille ancienne et honorable de Rodez , fut destiné de bonne heure par son père à entrer dans la magistrature. Il fit ses études de droit à Toulouse, v suivit pendant quelques années le barreau, et donna une haute idée de son instruction et de la solidité de son esprit. Son père qui était Lieutenant principal au siège présidial et sénéchal de Rodez, le rappela près de lui en 1786. Dès lors, le jeune Dubez partagea son temps entre le soin de ses propres affaires, et les devoirs de sa profession.

Une nouvelle organisation judiciaire ayant eu lieu en 1790 , il fut appelé à remplir les fonetions de Juge au tribunal du district de Rodez. Il exerça ensuite successirement

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(1) celles de Président du tribunal criminel en 1795, de Com: missaire du gouvernement en 1796, et de Procureur-Général près la Cour de justice criminelle du département de l'Aveyron depuis 1800 jusqu'à 1811, époque à laquelle il quilta son pays pour aller à Montpellier siéger comme Conseiller à la Cour d'Appel.

Ennemi de toute exaltation politique, mais essentiellemeut homme d'honneur , il crut devoir à sa conscience de ne pas reconnaître Napoléon , lorsque celui-ci rentra en France, en 1815, et il lui refusa le serment. Réintégré dans ses fonctions par Louis XVIII, il les continua paisiblement jusqu'à sa mort, arrivée le 30 août 1829.

La considération dont il était environné à Rodez, n'avait fait que s'accroître à Montpellier, où la confiance en son intégrité et en ses lumières était universelle. Plusieurs membres de la Cour le témoignèrent bautement dans le solennel hommage qu'ils pendirent à sa mémoire.(1)

(1) M. Bergasse , procureur-général , félicita M. Aubaret, successeur de M. Delauro, ditre digue de recueillir « le superbe heritage de sages» se, de vertus et de gloire qu'avait luissé ce magistrat illustre. »

M. de Trinquclague, premier président , déplora la perte « du pré» cieux appui qu'avaient , dans ses lumières et dans son intégrité, les

droits de la vérité et de la justice ».

« O vous , dont je vais oci uper et nullement remplir la place, dit M. Auliaret dans son discours de réception , j'ai besoin d'invoquer votre » nom pour me pénétrer de tout ce qu'exigent mes redoutables devoirs. w Par cette seule influence , Messicurs, il me semble déjà que je ne touv che plus à la terre, que je m'élève vers le sein de la justice éternelle, * vu le dagistrat , olijet de nos regrets , a reçu sa réconipense. Prètres » saints qui assistez à cette cérémonie , quel est celui de vous qui a i té sle mystéricux dépositaire de ses vertus? Dites si de telles perfections

P. urent itre rico t'es au ronde. E»l-ce à nous à dire la rigueur de w ses austi-ritis dans l'accomplissement des devoirs que la Religion » impose, la paix de lume qui en est le fruit, sa candeur, son ignoran» ce native pour tout ce qui iicut à l'intrigue, son inébranlatile fidelite

M, Delauro joignait à une grande modestie un esprit pénétrant , uu jugement sûr, une probité rigoureuse. Entre dans la magistrature à une époque où' les passions révolationnaires fermentaient avec violence, il donua de fréquentes preuves de courage civique, et de celle droiture qui, dans les temps difficiles , devient la plus grande gloire du magistrat.

Dans les dix-huit dernières années de sa vie, la Religion vint donner un nouvel éclat à ses belles qualités. M. Delauro payant, comme lant d'autres , sou tribut aux funestes erreurs du siècle, avait long-temps vécu dans l'incrédulité. Il raconte lui-même , au commencement de son livre , comment la simple réflexion opéra un changement complet dans ses idées, et le convertit à la foi. Dès ce mom

'» dans les jours de danger, suivie d'un profoud mépris pour les récom» penses de la terre qu'il avait bien méritées ? Aussi ne vous étonnez pas, » si, par ses mociestes habitudi's , vinralıke Magistrat est pent-être » inconnu à la plupart de ceux qui m'écoutent, comme il l'est également v à cette foule de malheureux et de pauvres sur qui il répandit bien » au-delà de l'entier proluit de ses travaux. »

Enfin , M. Adrien de Seguret, appelé aux fonctions de Substitut ile M. le Procureur-Général, en remplacement de M. Aubaret, voulut ise pas oublier M. Duivez: « Des voix plus puissantes que la mienne, dit-il, » ont déjà déploré la perte de ce magistrat vénérable que mes yeus cher» chent vainement iiu milieu de vous: elles ont rendu un éclatant hon► mage à ses verius , à son noble caractère, à ses longs et honorables ser» vices ! Mais tous permettrez à l'un de sus concitoyens , au fils d'un

magistrat qui fut long-temps son ami , d'exprimer la douleur que Ini » inspira la mort l'un homme ile bien, d'un Juge éclairé et conscienw cieux, qui l'erit accueilli avec joie, qui lui eût servi de guide et de » modèle. Puissé-je marcher de loin sur ses traces , et prendre une part » dans l'héritage d'estime et de considération qu'il laisse après lui! »

( Extrait du Vériiliijue , jvarnal du département de l'Hérault, N". 130, 12 novembri', ct No. 140, 21 novembre. )

mient, il remplit constamment ses devoirs de chrétien « aveo » le zèle et la soumission du plus humble des fidèles. Sa » piété, sévère pour lui seul, n'altérait point la douceur de » ses mæurs ni de son caraotère. La plus aimable confrater» nité le rendait cherà ses collègues, ( Disc. de M. de Trin» quclague , 1er.présid. ). » Dans l'intimité, il ne craignait pas de se livrer avec abandon à une gaité douce, et il se faisait remarquer par ses bons mots, et même par des couplets ingénieux que n'aurait pas dédaigne la muse de nos bons poëtes.

On verra , dans l'histoire de sa conversion , qu'il avait composé le fond de son livre uniquement pour un de ses parens, obstiné déiste , qui avait fini par refuser de lire lout ouvrage favorable au Christianisme : c'était en 1823. Le succès du manuscrit sur l'esprit de ce déiste et sur celui d'autres incrédules auxquels il fut communiqué, les éloges de quelques autres lecteurs croyans, et les instances réitérées faites à l'excessive modestie de l'auteur , le décidèrent à le publier; mais il voulut en changer le plan et en remanier toutes les parties. Un de ses amis lui persuada que les soins d'un éditeur initié aux sciences théologiques, ne seraient pas

inutiles à son nouveau travail. La révision en était à peine commencée , lorsque la mort enleva le vénérable M. Dubez. Son neveu , M. Delauro , ancien député de l'Aveyron, désira qu'elle fût continuée par celui à qui l'auteur avait donné sa confiance , quoiqu'il prévît que

des

occupations multipliées et une santé affaiblie retarderaient beaucoup l'impression : voilà pourquoi ce livre ve paraît qu'en 1837.

Des hommes désintéressés et habiles , qui en ont lu les feuilles à mesure qu'elles sont sorties de la presse se sont accordés à reconnaitre que la précision du style, la solidité du raisonnement, le choix des preuves, la méthode sin ple et lumineuse de la discussion, le feront goûter de tous ceux qui voudront éludier les fondemens du Christianisme, ou

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