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NOTES.

V. 3. Ce vers désigne les jeux isthmiques, qui se célébroient dans l'isthme de Corinthe près d'un temple de Neptune.

5. Quelques interprètes pensent que c'est encore des jeux isthmiques qu'Horace veut parler dans ce vers; ils se fondent sur le mot achaïco, Corinthe appartenant à l'Achaïe proprement dite. J'ai mieux aimé prendre ce mot dans un sens plus étendu, et entendre le vers des jeux olympiques. Pise est la même ville qu'Olympie.

6. Les feuilles de Délos sont les feuilles du laurier, arbre consacré à Apollon, comme Délos, lieu de sa naissance.

12. Æolio carmine.. Voyez la note relative au v. 13 de l'Ode 50 du Livre III.

16. « Je suis moins exposé aux morsures de l'envie. » Sanadon est le seul qui ait adopté la correction de Cuningam torqueor au lieu de mordeor: aucun de mes Mss. ne la justifie.

18. Pieri.... Voyez la note sur le v. 15 de l'Ode 10 du Livre III. 22. Monstrari digito étoit, chez les Grecs et les Romains, une chose fort honorable. Mais Dacier observe avec raison qu'être montré au doigt n'a pas le même sens parmi nous. J'ai dû par conséquent me garder ici de la traduction littérale.

24. Dacier prétend qu'Horace, par le mot spiro, remercie les Muses de lui avoir sauvé la vie; Sanadon que spiro et placeo équivalent à vivus placeo: je plais de mon vivant. J'ai suivi l'opinion plus générale qui rapporte spiro à l'esprit, au souffle poétique dont Horace se dit animé. Nous verrons ainsi dans l'Ode 6 de ce Livre, V. 29: Spiritum Phœbus mihi, etc.

ODE IV.

ARGUMENT.

Il est prouvé, par le témoignage de Suétone et par celui des vieux scholiastes, que çette Ode, ainsi que la quatorzième de ce Livre, fut composée à la demande d'Auguste. Il l'est également, comme on l'a vu dans l'argument de l'Ode 1, que la publication même du Livre est due à la composition de ces deux Odes, et au désir témoigné par Auguste d'en assurer la transmission à la dernière postérité. La date des événemens qu'elles célébrent n'est pas moins certaine. Vers la fin de l'an de Rome 737, quelques nations de la Germanie avoient fait des incursions dans les Gaules et battu la cavalerie romaine commandée par Lollius. Auguste se rendit dans les Gaules où sa présence suffit pour obliger ces peuples à demander la paix. Mais dans le même temps les Rhétiens, qui habitoient le pays actuel des Grisons, le Tirol et la Valteline, où ils avoient élevé des forts au milieu des Alpes, firent aussi des courses dans la Gaule et dans l'Italie. Auguste envoya d'abord contre eux le seul Drusus, l'un de ses fils adoptifs, qui les vainquit, mais sans les soumettre; et Tibère, frère de Drusus, étant alors revenu de l'Orient, Auguste le chargea, conjointement avec Drusus, d'achever la réduction de ces peuples et de leurs alliés les Vindéliciens, qui habitoient le pays situé entre l'Inn, le Danube et le lac de Constance. Dans cette seconde expédition, Drusus agit contre les Vindéliciens, et Tibère contre les Rhétiens, et les deux peuples furent subjugués l'an de Rome 738.

Il semble que cette date bien connue devroit donner aussi eelle des deux Odes, et cependant il s'est établi à cet égard trois opinions. Dans la première on suppose que ces Odes

furent composées en 738, aussitôt après la soumission définitive des Vindéliciens et des Rhétiens; dans la seconde, qu'Auguste n'en demanda la composition à notre poète, qu'au moment de son retour à Rome en 740; et dans la troisième hypothèse on veut que l'Ode 4 qui nous occupe, ait été composée en 738, après les premières victoires de Drusus, et la quatorzième seulement en 740. La première opinion n'est guère soutenable; car le début de l'Ode 14 faisant évidemment allusion aux nouveaux honneurs qui furent décernés à Auguste en 740, par le sénat et par le peuple, on ne peut guère admettre qu'elle ait été écrite en 738. La troisième est beaucoup plus plausible. En établissant deux années d'intervalle entre la date de ces Odes, on explique pourquoi elles ne se suivent pas immédiatement dans ce Livre, et comment, dans l'Ode 4, Horace dit à peine un mot de Tibère (in pueros animus Nerones), au lieu que dans la quatorzième consacrée à Tibère, il donne une strophe entière aux louanges de Drusus: cette différence viendroit alors de ce que Tibère n'avoit point encore combattu les Rhétiens lorsque Drusus fit contre eux ses premiers exploits, au lieu que Drusus avoit vaincu les Vindéliciens lorsque Tibère soumit à son tour les Rhétiens. Ce qui m'empêche de me ranger à ce sentiment, c'est qu'à moins d'admettre dans l'Ode 4 une leçon repoussée par l'immense majorité des manuscrits (voyez la note sur le vers 18), cette Ode ne peut se rapporter qu'à la seconde expédition de Drusus, qui eut lieu contre les Vindéliciens, et non à la première contre les Rhétiens. Les deux Odes célèbrent donc des événemens contemporains; elles doivent donc être de la même date, et cette date ne pouvant être pour la quatorzième que l'an de Rome 740, il faut bien que la quatrième s'y rapporte pareillement. La foible mention de Tibère dans l'Ode 4 et les louanges de Drusus dans l'Ode 14 pourront alors s'expliquer par cette circonstance, que dès-lors Tibère étoit peu aimé des Romains, qui concevoient au contraire beaucoup d'espérances des grandes qualités de Drusus (Tac. Ann., I, 32,

II, 41). Horace, tout en se rendant aux désirs d'Auguste qui vouloit des louanges pour tous les deux, aura su marquer ainsi la différence qu'établissoit entre eux l'opinion publique.

Au reste, le choix entre les opinions que nous venons d'exposer est ici de peu d'importance. Les deux Odes n'en demeurent pas moins belles, soit qu'elles datent de l'an 740, soit qu'on les rapporte à l'an 738. On a critiqué mal à propos quelques détails de celle qui nous occupe, mais il n'y a qu'une voix sur son ensemble: on la regarde comme un des chefd'œuvres d'Horace. L'hypercritique Scaliger trouve que notre poète n'y cède pas même à Pindare, et va jusqu'à dire qu'il s'y surpasse lui-même ainsi que tous les lyriques grecs. On ne peut rien ajouter à ce maguifique éloge, et je me bornerai à y joindre une observation de M. Mitscherlich, qui lui donne encore plus de prix : c'est qu'Horace s'est élevé à cette hauteur par son propre génie, et qu'ici la poésie grecque n'a aucun emprunt à réclamer.

Le mètre est l'alcaïque, comme dans la première du Livre III: Odi profanum. Je me suis servi, dans ma traduction, de la strophe de quatre alexandrins. Si cette licence m'a été pardonnée pour les autres Odes où je me suis permis d'en user, j'ose me flatter que pour celle-ci elle n'aura pas besoin d'excuse. Nulle autre ne présentoit autant et de si grandes difficultés; je m'estimerai très-heureux si l'on trouve que j'en ai vaincu une partie.

L'étendue de cet argument me force de renvoyer aux notes ce que j'ai à dire de Drusus.

ODE IV.

DRUSI LAUDES.

QUALEM ministrum fulminis alitem
(Cui rex Deorum regnum in aves vagas
Permisit, expertus fidelem

Jupiter in Ganymede flavo)

Olim juventas et patrius vigor
Nido laborum propulit inscium,
Vernique, jam nimbis remotis,
Insolitos docuere nisus

Venti paventem; mox in ovilia
Demisit hostem vividus impetus;

Nunc in reluctantes dracones
Egit amor dapis atque pugnæ:

Qualemve lætis caprea pascuis
Intenta, fulvæ matris ab ubere

Jam lacte depulsum leonem,
Dente novo peritura, vidit:

Videre Rhæti bella sub Alpibus
Drusum gerentem Vindelici, quibus
Mos unde deductus per omne
Tempus Amazonia securi

Dextras obarmet, quærere distuli,
Nec scire fas est omnia; sed diu

Lateque victrices catervæ,
Consiliis juvenis revictæ,

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