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»« voit plus voler que la solitaire mésange, qui »« chante malgré la froidure, le petit roitelet qui »»« sautille çà et là, et le moineau hardi qui vient »« familièrement, à la porte de nos cabanes , becna queter les grains qui sont à terre. .

va Là bas, sous ce toit rustique d'où la fumée sort »x en ondoyant au milieu de ces arbres , est la dewce meure de ma Philis. O ma Philis ! peut - être »« qu'assise aussi , près de ton foyer, appuyant ton pre beau visage sur ta main, tu penses à moi, et tu »« désires comme moi le retour du printems. Ah! »c Philis , que tu es belle! mais ta beauté seule n'a »« point allumé l'amour que je ressens. Je t'aimai »« du jour que les deux chèvres du jeune Alexis se su précipitèrent de la cime du rocher. Il pleuroit. »« Mon père est pauvre, disoit-il, voilà que j'ai

perdu deux chèvres, dont l'une étoit pleine. ». Hélas ! je n'ose plus retourner à notre cabane. »« Tu vis couler ses pleurs, et la pitié te fit pleurer ne aussi. Puis essuyant tes larmes, tu pris dans ton wre petit troupeau deux de tes meilleures chèvres, et pe tu dis au Berger affligé : Alexis , prends ces deux sce chèvres : l'une des deux est pleine. Il pleuroit de

joie : tu pleurois aussi de joie d'avoir réparé son tocc malheur.

»« O hiver! quelque rigoureux que tu sois, ma »»« flûte ne demeurera pas pour cela suspendue »c dans ma cabane et couverte de poussière. Je ne »« chanterai pas moins des airs tendres pour ma

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wc Philis. Tu as dépouillé nos arbres de feuilles, tu na as moissonné les fleurs de nos prairies : mais je » saurai encore composer une guirlande pour ma ce Philis. J'entremélerai la verdure éternelle du. »« lierre Alexible avec ses grappes bleuâtres. Cette

mésange que je pris hier chantera dans la cawc bane de ma Philis. Je la lui porterai aujourd'hui ne avec la guirlande. Chante alors , aimable oiseau; nu amuse-la de ton agréable ramage. Elle t'adressera wre la parole avec un sourire gracieux; elle te donv« nera à manger dans sa belle main. Oh! avec se quel empressement elle te prodiguera ses soins »c en songeant que tu viens de moi? » »

Comme on le voit par ces deux échantillons, rien de plus naïf que le ton qui règne dans les Idylles de M. Gessner; c'est partout le langage de la nature; ses Bergers n'ont jamais plus d'esprit qu'il ne convient à des Bergers d'en avoir: mais tous les nobles sentimens de vertu et de bienfaisance qui ne sont pas interdits aux Bergers. La manière affectueuse et touchante dont il les rend, fait infiniment honneur à son

coeur.

Tous les ouvrages de cet Auteur sont écrits en prose mesurée , genre particulier dont la langue allemande est plus susceptible qu'une autre; genre mitoyen entre les vers et la prose commune; genre qui a presque toute l'aisance de celle-ci, avec une bonne partie des agrémens de ceux-là : genre qui est à M. Gessner seul, et en quoi n'ont réussi aucuns de ceux qui ont voulu l'adopter après lui.

Avant de finir, écrivant en un pays où la poësie est timide dans ses fictions, je dois quelques mots au public pour justifier la manière dont la catastrophe est amenée dans notre poëme. Le texte dit formellement que Caïn attira son frère dans les champs (1), sous prétexte de promenade; et qu'Abel l'ayant suivi, Cain le tua; au lieu que dans le poëme allemand le meurtre d'Abel paroît plustôt l'effet d'une fureur subite , qu'un assassinat prémédité. Un Historien seroit inexcusable

en rapportant un fait consigné dans l'Histoire Sainte, d'y faire la moindre altération; mais comme l'a très-bien remarqué l'Auteur lui-même dans sa Préfáce, on ne tient pas tant de rigueur à un poëte , parce qu'on le regarde comme un écrivain sans conséquence en matière de faits : vérité si re

(1) Dixitque Caïn ad Abel, fratrem suum, egrediamus foras. Cumque cssent in agro, consurrexit Caïn adversus fratrem suum Abel, et interfecit eum.

Genes. IV. 8.

connue, que l'assemblage des faits dont un poëme est composé, s'appelle communément la Fable. L’Historien est l'esclave des faits; mais les faits sont à la discrétion du Poëte : il les taille , les augmente ou les diminue suivant l'usage qu'il veut en faire. Le nôtre avoit besoin que Caïn parut moins méchant qu'il n'est dans la Bible, pour intéresser la pitié en sa faveur, et montrer les ressources que peut trouver un coupable dans la miséricorde divine.

Pour revenir à ma traduction, je crois bien être resté quelquefois au-dessous de la beauté de l'original; je serois le premier Traducteur à qui cela ne fut pas arrivé. La langue allemande a des hardiesses que non-seulement je ne pouvois pas, mais que je ne devois

pas même rendre en françois. Il m'a donc fallu, en quelques endroits, asfoiblir les images, en choisissant à dessein des expressions moins énergiques. J'ai tâché seulement de racheter ces légères altérations par des compensations, de manière que la somme des beautés fût à peu près la même dans les deux langues. Ai-je réussi ? On en jugera l'orinal à la main.

AVERTISSEMENT Qui précède la première édition des Idylles de

Gessner traduites par M. TURGOT.

L'ACCUEIL favorable qu'on a fait à la traduction de la Mort d'Abel, m'enhardit à donner. aujourd'hui la traduction des Idylles du même Auteur. Pour sonder le goût du Public, j'en ayois inséré deux dans l'Avertissement qui précède le poëme d'Abel. Il m'a paru qu'elles étoient assez goûtées. J'ai corrigé avec soin ces deux morceaux, et je les redonne aujourd'hui avec le reste de l'ouvrage, composé de vingt Idylles et de quatre petits Poëmes, qui par leur objet et leur caractère ne peuvent guère être réunis sous un titre plus convenable que celui de Poëines champêtres.

Les Idylles sont le second ouvrage de M. Gessner,

et celui qui a mis le sceau à sa réputation déjà commencée par le poëme pastoral intitulé Daphnis. Elles ont eu en Allemagne un succès plus brillant peut-être que celui d'Abel : du moins les applaudissemens' ont-ils été plus vifs et moins interrompus par la voix des Critiques. Je suis bien loin de vouloir tirer de là aucune

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