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I.

Du mécanisme de la Versification Alle

mande.

Les Allemands ont deux espèces de versification, l'ancienne et la nouvelle. L'ancienne est

imaginés par ceux qui les ont mis les premiers en usage.

Prendre une ligne droite, qui par sa nature est la plus courte de toutes les lignes , pour exprimer les syllabes longues, et une ligne courbe en demi-cercle pour in

indiquer les bréves, lorsque cette ligne est de plus de moitié plus longue que celle à qui l'on a donné la signification de longue , c'est entièrement déraisonner, et violer tous les principes de la langue et des signes. - Cette méprise n'a

pu
s'introduire

que

dans le tems où les érudits philologues n'avaient presque aucune communication avec les géomètres et les physiciens , qui d'ailleurs êtaient alors assez rares.

Dans une langue comme la nôtre et comme la Grecque, dont les syllabes ont sept mesures différentes, le signe de la très-bréve devrait être un point; celui de la breve une petite ligne droite à peu-près pareille à celle dont on s'est servi jusqu'à présent pour marquer les longues (-), ou de très-peu plus courte; et enfin pour les demi-brèves qui se rapprochent plus des moyennes, une ligne droite un peu plus longue ou deux ensemble (--).

Les moyennes ne comporteraient aucun signe.

Les demi - longues seraient indiquées par une petite courbe en quart de cercle posée de côté (-); la longue par

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celle dont Opitz a fait usage, que cet auteur a portée à sa perfection et que ses successeurs jusqu'à nos jours ont adoptée : la rime en fait une partie essentielle. La nouvelle versification n'a été introduite que depuis très-peu d'années. Elle ne consiste que dans un certain arrange

la courbe en demi-cercle (o), qui aujourd'hui veut dire bréve ; et la très-longue par deux de ces signes réunis en sens inverse ou une 8 couchée (cs).

Ces signes exprimeraient l'idée par eux-mêmes. Ils ne seraient point arbitraires et à contre-sens. Je n'ai pas

la moindre espérance qu'on les adopte: je sais très-bien à quel point la routine est plus persuasive , quoique moins convaincante que le raisonnement.

Nous avons déjà remarqué (page 57 ) combien le mot quantité est inexact, quand c'est mesure qu'on veut dire; et (page 51) qu'il n'y a pas de raison d'appeller douteuse une syllabe qui n'est que moyenne , ou tout au plus variable,et qui mêmene varie que suivant certaines règles.

N'est-ce pas singulier qu'on ne puisse regarder à rien avec quelque attention, sans s'appercevoir qu'il serait bon de toucher à tout, ou à presque tout ? Mais la prudence veut qu'on ne touche que très-légèrement, qu'on se contente d'indiquer du bout du doigt: et qu'ensuite on laisse faire au tems. Personne n'obéit qu'à sa propre opinion : il ne faut donc , ni en violenter, ni trop en presser aucune; car il est très important de ne les pas révolter. Les opinions raisonnables ont un attrait faible et doux, qui devient puissant quand on l'abandonne à lui-même.

de poësie

ment des syllabes longues et bréves suivant certaines règles.

Il y a plusieurs espèces de vers rimés et plusieurs de vers non rimés.

Les vers rimés different entre eux comme les vers françois, soit par le nombre des syllabes, soit par la disposition des rimes qui peuvent être ou plates ou croisées suivant le

genre ou la volonté du poëte. Mais ils sont encore susceptibles d'une autre sorte de diversité

que . les François ne connoissent point. Ceux-ci dans leurs vers n'ont presque aucun égard à la quantité prosodique des syllabes et la pluspart se bornent à les compter. Les Allemands au contraire sont assujettis même dans les vers rimés à disposer les syllabes bréves et longues dans - un certain ordre; et la diversité dont cette disposition est susceptible, forme différens genres de vers. Dans ceux qui sont le plus en usage, on entremêle alternativement les bréves et les longues; au moyen de quoi, si le vers commence par une bréve, chacun de ses pieds est composé d'une bréve et d'une longue; c'est l'ïambe de la prosodie grecque et latine : si au contraire le vers commence par une syllabe longue, la seconde est bréve et chaque pied est un trochée composé d'une longue et d'une bréve.

Le poëte se détermine suivant la nature de son sujet, ou suivant son goût, à employer les vers ïambiquesou les vers trochaïques; mais depuis long-tems, on ne se permet jamais de mêler ces deux genres de vers dans le même morceau, lors même qu'on entremêle des vers de différentes mesures, c'est-à-dire d'un nombre 'inégal de syllabes. On trouve à la vérité quelquefois des vers ïambiques et des vers trochaïques dans le même ouvrage : mais c'est toujours dans des morceaux détachés l'un de l'autre, en sorte que l'oreille ne puisse être choquée de ce mélange. On fait aussi d'autres vers rimés où l'on emploie des dactyles, c'est-à-dire des pieds composés d'une longue suivie de deux bréves, mais ces sortes de vers sont d'un usage beaucoup moins commun et ne s'emploient guères que dans le genre lyrique; il est permis alors de les mêler avec d'autres vers. Je vais citer des exemples de ces différentes versifications.

Vers ïambiques rimés de douze syllabes,

Tirés d'une Eglogue de M. de Kleist, intitulée: Menalque. Menalk foh kummervoll den Reitz der schốnsten Flur, Kein schallen und kein Bach, sein harm gefiel ihm nur. Die heerde gieng zerstreut. Ër næhrt in einer hæle Sein frühen Morgen an die schmerzen seiner seele.

« Menalque, plongé dans la douleur, fuyoit l'at» trait des plus beaux paturages; l'ombre des bois, » le murmure des ruisseaux ne le charmoient plus; » sa seule tristesse pouvoit lui plaire. Son troupeau >> erroit dispersé. Seul, dans une grotte, le Berger » dès avant l'aube du jour nourrissoit les chagrins

» de son cour. » Voici maintenant des vers trochaïques du même auteur tirés d'une pièce qu'il a intitulée dithyrambe.

Freund versæume nicht zu leben,

Denn die jahre fliehn,
Und es wird der Saft der Reben

Uns nicht lange glühn.

« Ami, ne néglige pas de vivre, car les années » s'écoulent et le jus de la treille n'étincellera pas

v long-tems pour nous. » Voici enfin un exemple de vers dactyliques dans la chanson suivante de Gleim.

Den flüchtigen Tägen
Wehrt keine Gewalt;
Die Räder am wagen
Entfliehn nicht so bald.
Die Blitze verfliegen
So sind sie dahin

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