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afin que

rien ne retarde son départ et qu'il puisse profiter de la belle saison.

J'ai l'honneur d'être avec un parfait attachement, etc.

LETTRE de M. TURGOT à M. DE CLUGNY,

Intendant de Bordeaux.

Du 4 octobre 1775.,

Vous savez, Monsieur, que soit qu'on se propose de ramener toutes les mesures à l'uniformité, soit qu'on se borne à les réduire toutes à une mesure commune par un tarif qui donne la facilité de les comparer les unes aux autres, il est également avantageux de prendre pour bâse invariable la longueur d'un pendule qui fasse par jour un certain nombre d'oscillations, puisque cette longueur est la seule mesure donnée par la nature et qu'on puisse retrouver en tout tems quand tous les anciens étalons seroient perdus. Mais comme la longueur même du pendule n'est pas la même aux différentes latitudes, il faut prendre pour étalon commun le pendule d'une latitude de terminée. Il n'y en a point qui convienne mieux, pour réunir tous les suffrages, que le pendule du parallèle du quarante-cinquième degré qui,

outre qu'il tient le milieu entre les deux extrêmes, a l'avantage de traverser l'Europe et d'être à portée par là de toutes les Nations savantes : ce qui donne la facilité de répéter commodément, et aussi souvent qu'on le voudra, les expériences. Il m'a paru intéressant de faire constater, par des observations immédiates, la longueur précise du pendule à cette latitude. La situation du Médoc présente, assez près de Bordeaux, plusieurs circonstances très ayantageuses pour y faire ces observations avec succès, et j'ai chargé M. Messier, de l'Académie des Sciences, Astronome de la Marine, de s'y transporter à cet effet. Il se rendra à Bordeaux où je l'adresse à vous,

afin que vous lui procuriez, pour remplir sa mission, toutes les facilités et les commodités qui dépendent de vous.

Je suis très-parfaitement, etc.

L'instruction sur les précautions à prendre avait êté rédigée par M. Turgot et M. de Condorcet, avec les plus grandes lumières et l'attention la plus scrupuleuse.

M. le Président de Saron et M. Lavoisier prétèrent à M. Messier quelques instrumens d'une rare perfection.

M. Lennel fut chargé de préparer et de diviser

une lame d'argent qui parut nécessaire, et deux niveaux d'air exécutés avec un extreme soin. Mais un accident auquel on n'aurait pas

dû s'attendre retarda le départ de l'Académicien.

On avait compté sur l'excellente pendule faite par M. Ferdinand Berthoud pour le voyage de M. l'Abbé Chappe, et dont M. Turgot parlait dans sa lettre. Cette pendule était à l'Observatoire. Elle n'y marchait point : mais on croyait que pour la remettre en état il suffisait de la nétoyer.

C'était toute autre chose. — Après la mort de l'Abbé Chappe, cette pendule avait fait plusieurs chutes , dont une. dans la mer. Un horloger peu instruit l'avait fort mal réparée. Elle avait des pièces faussées, d'autres entièrement détruites par la rouille. — Il fallait la refaire.

Dans un pays où les grands Artistes ne manqueraient point de capitaux , on trouverait des Horloges du premier ordre et d'autres instrumens tout prêts, on qui ne demanderaient qu'à recevoir un dernier coup de main: ce n'a jamais été notre position. M. Berthoud eut besoin de six mois

pour

donune autre horloge égale à la première. — M. Turgot fut disgracié, et le projet de constater la longueur du pendule au quarante-cinquième degré abandonné avant que

que M. Messier eût pu partir. Nous remercions ce savant Académicien d'avoir bien voulu nous donner ces détails et les lettres de

ner

M. Turgot, que nous aurions placées à leur date, page 71 de notre huitième volume; si elles nous fussent parvenues

à tems. On ne sait point assez combien est à déplorer la perte d'un Grand Homme occupant une grande place. Elle a mille conséquences malheureuses que l'on ignore , outre celles que tout le monde apperçoit.- Si le Ministère de M. Turgot eut duré six mois de plus, le systéme mètrique aurait êté fixé trente ans plustôt, et avec une égale utilité, quoique sur un mètre plus court, qui aurait été de trois pieds et environ huit lignes, ou de trois lignes et trois dixièmes plus près d'être la moitié de la toise qu'on employait alors.

Et dans le cas, sans doute peu à craindre , où une suite d'évènemens funestes pourrait détruire tous nos monumens et replonger pour un tems les Nations Européennes dans la barbarie, il aurait été plus prompt, plus aisé, lors de la renaissance des sciences, de vérifier de nouveau la longueur du pendule au quarante-cinquième degré de latitude , que de recommencer la mesure de dix à onze degrés, ou seulement de cing degrés du méridien.

L E T TRES

Au Docteur JOSIAS TUCKER.

PREMIÈRE LETTRE.

Paris, le 12 septembre 1770.

Je n'ai pas l'honneur d'étre personnellement connu de vous : mais je sais que vous avez êté satisfait d'une traduction que j'ai faite, il y a quinze années, de vos questions sur la naturalisation des Protestans étrangers. J'ai depuis traduit votre brochure sur les guerres de commerce; et j'ai différé de la faire imprimer parce que je me propose d'y joindre quelques notes que mes occupations ne m'ont pas laissé le tems d'achever. Un traductetur doit à son auteur toutes sortes d'hommages ; et je vous prie d'accepter à ce titre une brochure qui certainement ne vous présente aucune idée nouvelle, mais qu'on m'a persuadé pouvoir être utile pour répandre des idées élémentaires sur des objets qu'on ne sauroit trop mettre à la portée du peuple (1). Ce

(1) L'ouvrage que M. Turgoi envoyait à M. Tucker,

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