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sère tous les quinze jours dans le London Chronicle, sous le titre d'Average Price, sont exacts et formés avec soin. Je vous avois demandé en second lieu depuis combien d'années on les rédige sous cette forme, et si l'on pourroit en avoir la collection complette qui rempliroit parfaitement mon objet. Vous ne m'avez pas répondu sur cette question, et je vous serai très-obligé de vouloir bien y répondre. Je vous serai aussi infiniment obligé de chercher encore à me procurer, au défaut de cet Average Price, quelques états des prix des grains, marché

par marché, dans trois ou quatre villes, et cela depuis le plus grand nombre d'années qu'il sera possible. On en trouve en France qui remontent jusqu'à plus de deux cents ans, pourquoi n'en trouveroit-on pas en Angleterre? Je payerai la dépense nécessaire pour les faire transcrire. J'attends avec impatience la réponse que devoit vous faire sur cet article l’Ecclésiastique dont vous me parlez dans votre lettre.

A l'égard des dixmes, j'éprouve en France à peu près les mêmes difficultés que yous avez en Angleterre. Cependant j'en trouve assez fréquemment des états qui remontent à trente ou quarante ans, et je m'en contenterois fort si votre ami l'Ecclésiastique ne peut s'en procurer

qui remontent plus haut. Je sens qu'il doit encore être plus difficile de rencontrer des cultivateurs qui aient pendant un très-grand nombre d'années conservé la note exacte de ce qu'ils ont semé et de ce qu'ils ont recueilli dans le même terrain : je ne demande sur cela que ce qui est possible. Je conviens avec vous que quand M. Tull voudroit donner l'êtat exact de ce qu'il a semé et recueilli pendant vingt ans, on n'en pourroit tirer aucune conséquence pour mon objet, puisque ses récoltes ont augmenté toutes les années. Je vous avoue pourtant que je doute un peu de ce dernier fait. Je crains que M. Tull n'ait êté entraîné par une sorte d'esprit de prosélitisme en faveur de son systême, et qu'il ne se soit permis d'exagérer pour l'intérêt de ce qu'il a cru la vérité. S'il avoit vraiment trouvé un moyen de garantir ses récoltes de l'inclémence des saisons, sa méthode auroit certainement eu plus d'imitateurs et seroit actuellement pratiquée dans une grande partie de l'Angleterre et peutêtre de l'Europe.

M. Bostock, ou peut-être vous, m'avez envoyé dernièrement une table qui contient le prix du froment mois par mois depuis quarante ans, au marché de Londres. Au défaut des tables rédigées marché par marché, je me servirois de celles-là, mais je voudrois en avoir qui remontassent aux années antérieures, et j'en desirerois aussi de quelques villes de l'intérieur de l'Angleterre.

J'ai l'ouvrage du docteur Price dont vous me parlez, sans cela je vous prierois de me l'envoyer.

J'ai fait plusieurs recherches relatives à la question que vous me faites sur la facilité que tronveroit un cultivateur anglois à s'établir dans quelqu'une de nos Provinces. Pour trouver une ferme, il faut avoir un capital qui suffise à la mettre en valeur, et je doute que ce capital rapportât autant, employé dans une ferme françoise, que dans une ferme angloise. La raison en est que notre Gouvernement est encore très-flottant sur les principes de la liberté du commerce des grains. Il est même encore extrêmement prévenu contre l'exportation, et s'il ne change pas d'opivion de manière à établir solidement la liberté, il y a lieu de craindre que notre agriculture ne devienne très-peu profitable. D'ailleurs dans la plus grande partie de nos Provinces, la taxe des terres est imposée sur le fermier et non sur le propriétaire, ce qui rend la condition du fermier bien moins avantageuse. J'ajoute qu'un Protestant auroit souvent dans certaines Provinces

beaucoup de désagrémens à essuyer (1). Il seroit plus avantageux à la personne dont vous me parlez, et peut-être plus facile de trouver quelque Seigneur qui ayant de grandes terres voulật les faire cultiver à la manière angloise, et avoir à cet effet un Régisseur anglois : mais cela même ne seroit point encore aisé, la plus grande partie des seigneurs aimant mieux avoir des fermiers que des régisseurs. De plus, ceux à qui l'arrangement dont je vous parle conviendroit exigeroient certainement

que
des

personnes bien connues leur répondissent des talens, de la probité et de l'habileté dans la culture de la

personne qui se proposeroit. Si votre ami est toujours dans les mêmes idées, il est nécessaire que vous me mandiez son nom, et que vous entriez dans les détails de ce qu'il a fait jusqu'à présent, des biens qu'il a cultivés ou régis, et des personnes qui le connoissent et qui peuvent répondre de lui.

J'ai l'honneur d'être très - profondément, etc.

(1) On remarquera que tout ceci est écrit dans la dernière année du règne de Louis XV.

LETTRE

AU DOCTEUR PRICE.

A Paris, le 22 mars 1778.

M. Franklin m'a remis, Monsieur, de votre part, la nouvelle édition de vos Observations sur la liberté civile, etc. Je vous dois un double remercîment, 1°, de votre ouvrage dont je connois depuis long-tems le prix, et que j'avois lu avec avidité, malgré les occupations multipliées dont j'étois assailli lorsqu'il a paru pour

la

première fois ; 2°, de l'honnêteté que vous avez eue de retrancher l'imputation de maladresse que yous aviez mêlée au bien que vous disiez d'ailleurs de moi dans vos Observations additionnelles.

J'aurois pu la mériter, si vous n'aviez eu en vue d'autre maladresse que celle de n'avoir pas su démêler les ressorts d'intrigues que faisoient jouer contre moi des gens beaucoup plus adroits en ce genre que je ne le suis, que je ne le seraijamais, et que je ne veux l'être. — Mais il m'a paru que vous m'imputiez la maladresse d'avoir choqué grossièrement l'opinion générale de ma nation; et à cet égard je crois que vous n'aviez

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