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Le Capitaine Cook est vraisemblablement en themin pour revenir en Europe. Son expédition n'ayant pour but

que
les

progrès des connoissances humaines , intéressant par conséquent toutes les Nations, il est digne de la magnanimité du Roi de ne pas permettre que le succès en puisse être compromis par les hasards de la guerre. —

Dans le cas de rupture entre les deux Couronnes, on propose à Sa Majesté d'ordonner à tous les Officiers de sa Marine , ou Armateurs particuliers, qui pourroient rencontrer le Capitaine Cook; de s’abstenir de toute hostilité envers lui et son bâtiment, de lui laisser continuer librement sa navigation, et de le traiter à tous les égards comme il est d'usage de traiter les Officiers et les navires des Nations neutres et amies, en lui faisant connoître cette marque de l'estime du Roi pour sa personne, et le prévenant que Sa Majesté attend de lui qu'il s'abstiendra de son côté de tout acte hostile.

Il paroît convenable de donner 'connoissance de cet ordre aux Ministres de Sa Majesté Britannique.

Ce petit Mémoire de M. Turgot , fut remis par une main tierce à M. de Sartine, qui n'en a jaTome IX.

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mais connu l'auteur, mais à qui la proposition parut noble et raisonnable, et qui la soumit au Roi. Celui-ci l'adopta et donna l'ordre honorable de respecter le vaisseau, la personne, la mission du Capitaine Cook : ordre dont l'Angleterre ne pût, ne dût, ne voulût pas refuser la réciprocité lors des voyages de la Pérouse, d'Entrecasteaux, et du Capitaine Baudin, et qui est devenu de droit commun entre les Nations, pour tous les voyages purement scientifiques.

C'est le dernier service que M. Turgot ait, de son vivant, rendu à la France, à son Gouvernement, aux sciences, à l'humanité. Le terme de ceux que son exemple, ses vertus, ses lumières, pourront rendre à l'avenir est encore inconnu.

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et

L’invitation faite aux Citoyens qui s'intéressent à la mémoire de M. Turgot, d'envoyer à lÉditeur ce qu'ils pourraient connoitre de ses OEuvres, n'a pas été stérile.

On a recouvré, par les soins généreux de M. Caillard, Chef du Bureau des Archives aux Relations extérieures, le Mémoire sur la Poësie allemande , plusieurs Lettres de M. Turgot, écrites pendant son Intendance, tant aux Curés de sa Généralité qui'is ses Subdélégués et à des Officiers Municipaux. Nous avons inséré le premier dans ce volume, à sa place naturelle, et nous allons donner une partie des autres comme supplément au tome elles auraient entrer si on les avait eues plustót..

SUPPLÉMENT AU TOME IV.

LETTRE circulaire aux Curés de la Géné

ralité de Limoges (1).

Paris, le 3 mai 1762.

Personne, Monsieur, n'est plus à portée que MM. les Curés par leur état, par l'éducation distinguée que cet état exige , et par la confiance que leur ministère inspire au Peuple , de bien connoître sa situation, et les moyens de la rendre meilleure.

(1) La plage de cette Lettre et de la suivante serait dans le tome IV, à la page 62, ayant la Lettre au Çontrôleur général.

ces ,

420 LETTRE AUX CURÉS SUR LES REQUÊtes Comme l'administration ne doit pas avoir un autre but, il est certain qu'ils pourroient lui fournir bien des secours et des lumières très-précieuses. Ils pourroient aussi rendre de grands services aux sciences, aux arts , au commerce, et surtout à l'agriculture, puisqu'ils sont seuls à portée de faire une foulé d'observations qui échappent nécessairement aux habitans des villes : il ne s'agiroit que de prendre la peine d'informer ou les personnes chargées de l'administration, ou les Corps qui cultivent les sciendes faits intéressans

que

le hasard leur présenteroit. Les instructions qu'ils pourroient donner aux Paysans, en leur communiquant les découvertes et les nouvelles pratiques dont l'utilité auroit été. éprouvée, seroient encore très-avantageuses aux progrès de la science économique.

Persuadé que leur zèle embrasse tout ce qui peut tendre au bien public, et que tous les services à rendre aux hommes sont du ressort de leur charité, je me propose de recourir souvent à eux pour leur demander des éclaircissemens de toute espèce, ou pour les prier de m'aider à rendre à leurs Paroissiens une justice exacte. Vous devez donc vous attendre, Monsieur, que je m'adresserai plus d'une fois avec confiance à vous, ainsi qu'à MM. vos Confrères; j'espère méme qu'eux et vous, ne vous en tiendrez pas seulement à me répondre, et je vous prie de me faire part directement de toutes les choses dont vous croirez utile que je sois instruit. Vous me feriez même plaisir d'engager ceux de vos Vicaires qui auroient du goût pour les différens genres d'observations dont je vous ai parlé , à s'en faire un amusement, et à me les communia quer. Vous pouvez étre assuré que je me ferai un plaisir de distinguer en toute occasion et d'obliger ceux dont la correspondance m'aura procuré des

éclaircissemens utiles. Je me flatte que MM. les Evèques ne pourront que savoir gré aux Curés d'étre entrés dans de pareilles vues , et je les prierai de vouloir bien, leur en témoigner leur satisfaction.

La première chose que je vous demande aujourd'hui, c'est d'informer, ou moi, ou le Subdélégué le plus voisin , des accidens considérables qui peuvent arriver dans votre Paroisse , surtout des maladies contagieuses qui s'y répandroient, soit sur les hommes, soit même sur les animaux; ces occasions exigent des secours qui ne peuvent être trop prompts, et je ne puis y pourvoir si je n'en suis averti sur-le-champ.

J'ai encore à vous prier de rendre un service à vos Paroissiens, au sujet des requêtes qu'ils sont dans le cas de me présenter pour différens objets. Je sais que souvent ils s'adressent à MM. les Curés pour les leur composer ; je ne puis trop applaudir à la charité de ceux qui veulent bien prendre ce soin, et je les exhorte à continuer. Je serois fort' aise qu'ils voulussent aussi se charger de m'adresser toutes ces requêtes, et qu'ils persuadassent aux Paysans de ne point se détourner de leur travail pour venir me les présenter 'eux-mêmes, comme il ne leur arrive que trop souvent. Les audiences que je suis obligé de leur donner sont une perte de tems pour moi; mais j'ai bien plus de regret 'encore à la perte du et aux frais

que

leur occasionnent ces voyages, pour lesquels ils dépensent souvent plus que ne peut valoir une modération légère qu'ils viennent demander sur leur capitation.

Je vous serai donc obligé de vouloir bien prévenir vos Habitans, de ma part, qu'il feront très - bien de s'épargner l'embarras de ces voyages, et de vous confier leurs requétes pour me les faire passer ;

leur,

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