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Il veut du temps, des soins , et ce pénible ouvrage
Jamais d'un écolier ne fut l'apprentissage,
Mais souvent, parmi nous, un poète sans art,
Qu'un beau feu de génie échauffa par hasard,
Enflant d'un vain orgueil son esprit chimérique,
Fièrement prend en main la trompette héroïque,
Sa muse déréglée en ses vers vagabonds
Ne s'élève jamais que par sauts et par bands ;
Et son feu , dépourvu de sens et de lecture ,
S'éteint à chaque pas , faute de nourriture,

9) De ces bords que Rémus habita dès l'enfance,

Rémus , frère jumeau de Romulus, premier roi de Rome , fut exposé avec lui, par l'ordre d'Amulius, sur le fleuve du Tibre où Faustule, intendant des bergers du roi, les trouva par hasard en parcourant ses bords, et les fit élever par są femme Laurentia que l'on appelait Louve à cause de ses débauches. C'est ce qui a donné lieu à cette allégorie de la fable où il est dit que ces enfans avaient été allaités par une louve.

10) Et du chaume où, des rois dédaignant la puissance,

Le grand Cincinnatus , simple cultivateur , etc., etc,

Cincinnatus, un des plus célèbres Romains des premières époques de la république, après lui avoir rendu les services les plus éclatans dans la paix et dans la guerre, se vit réduit à se retirer dans quelques arpens de terre qu'il possédait audelà du Tibre, et seul bien que l'injuste usurpation des Tribuns lui avait laissé. Il vivait dans cette retraite obscure et

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y menait lui-même la charrue lorsqu'il fut rappelé par le Sénat pour venir remplir de nouveau, à Rome, la charge de Dictateur, l'an 438 avant J. C.

11) Au style tortueux du bachique Accius.

L. Accius, poète tragique latin, fils d'un affranchi, vivait au commencement du 2me siècle avant J. C. Perse lui donne le surnom de Brisæus à cause d'une tragédie qu'il fit , intitulée les Bacchantes. Brisæus était le nom que l'on donnait à Bacchus à cause du promontoire Brisa , dans l'ile de Lesbos où il était adoré.

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12) Ou faire très-grand cas de ce Pacuvius,

M. Pacuvius , autre poète tragique latin, ncveu d'Ennius, naquit vers l'an 221 avant J. C.

13) Poury former le goût des fanfarons du jour.

Il est difficile de rendre fidèlement l'expression latine Trossulus Levis (jeune chevalier) que Perse emploie dans

age. On voit clairement qu'il a voulu s'en servir our tourner en ridicule les petits-maîtres de son temps.

ce

14) « Vous êtes un fripon» dit-on, à la tribune,

A Pédiu's. Fait-il une réponse ? Aucune.

Pédius , orateur romain qui vivait à l'époque où Perse

composa ses satires. Il en fait, dans celle-ci, à ce passage , une critique bien juste qui pourrait être appliquée aussi à cette foule de mauvais avocats quí a depuis inondé le barreau. Mais les plus mordans satiriques ni les plus profonds moralistes, quels que soient leurs efforts ou leurs talens , ne parviendront jamais à changer l'esprit humain, ni à

purger le monde de ses erreurs et de ses travers. Que de Pédius, pour nos péchés, ne voyons-nous pas encore aujourd'hui à nos tribunes , grâce à l'ignorance ou à l'aveuglement de leurs admirateurs !....

15) Donnerez-vous toujours l'éloge à pleines mains ?

Encore une expression latine qu'il est , j'ose le dire, impossible de rendre fidèlement dans notre langue en style poétique. Ceves, de la seconde personne de l'indicatif du verbe cevere ( remuer la queue en signe de caresse), doit nécessairement perdre à être traduit en français et surtout en vers français où tout ce qui est trivial est rigoureusement interdit. C'est une métaphore heureuseet hardie par laquelle Perse

compare les adulateurs au chien qui flatte son maître en remuant la queue.

16) Est-ce encore en chantant qu'il devra, hors de l'eau,

De son cruel malheur m'exposer le tableau?

Ce passage (Cantas cum fracta te in trabc pictum cx humero portes ) demande explication. Il renferme un usage local qu'on ne peut guères reproduire dans une version, sans, péripl rase, ou sans courir le risque de n'être pas compris par la foule des lecteurs. Les Romains qui avaient échappé à un naufrage portaient sur leurs épaules , lorsqu'ils voulaient exciter la commisération publique , un tableau qui représentait leur événement malheureux. D'autres l'exposaient dans les temples : on l'appelait alors tableau votif. Ce dernier se rapproche davantage de nos mours; c'est probablement de lui que nous avons tiré nos ex-voto.

17) Oui, témoin cette chûte : Athis BÉRÉCINTHIEN !

(Berecynthius Attin.)

Cette fin de vers que Perse tourne en ridicule doit renfermer quelque rapprochement local que l'on ne peut que vaguement expliquer : on voit pourtant qu'il doit l'avoir tirée de quelque mauvais poète de son temps.

18) Le dauphin qui fendait le bleuâtre Nérée.

(Et qui cæruleum dirimebat Nerea delphin). Ce vers que reprend ici Perse est évidemment ridicule. On dit bien fendre les flots, fendre la liquide plaine ; mais on ne dit pas fendre Nérée.

19) Qu'on arraché une côte au trop grand Apennin.

Arracher une côte à une montagne ! voilà bien de ces monstruosités littéraires que le mauvais goût a introduites de tout

temps, dans les langues, et qu’on a essayé de faire revivre de nos jours dans l'abus de ce genre que nous appelons romantisme.

20) Non, ses vers sont pareils aux rameaux éclatans

D'un grand liége en la terre incrusté par le temps.

Le dialogue a été ordonné ici de tant de manières différentes par les éditeurs qu'on ne sait vraiment laquelle adopter. Quelques-uns font dire à l'ami de Perse ce qu'il dit lui-même dans quelques autres. Chez ceux-ci les quatre vers ridicules de Néron sont récités par l'auteur qui en fait la satire; chez ceux-là c'est l'ami qui les récite sur la prière de l'auteur. Dans ce passage dont les diverses interprétations ont fait un véritable chaos, quel parti prendre si ce n'est celui qui paraît le plus naturel et le plus vraisemblable, selon l'idée qu'on s'est faite soi-même du poète et de son ouvrage ? Un traducteur fait pour le mieux ; c'est au lecteur à comparer et à juger après lui.

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21) La corne a retenti du bruit sourd et confus ,

( Torva Mimalloneis, etc, etc.)

Ces vers ronflants et boursoufflés ont été attribués à Néron contre qui Perse semble vouloir diriger cette satire. Le tyran aurait sans doute pu être attaqué par un côté plus digne de blâme; mais, outre qu'il ne s'était pas encore rendu fameux par tous les crimes qu'il commit ou fit commettre sur la fin de son règne, il n'aurait pas enduré patiemment les traits qu'on aurait osé lui lancer , même en secret, sur cette ma

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