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S IV.

LE SAGE EST SINCÈRE.

Pourquoi le sage voudrait-il abuser les autres sur sa conduite ou sur le véritable prix de son mérite personnel ? qu'aurait-il à leur dissimuler ? suivant sa morale il n'est jamais assez vertueux, et selon ses principes il ne doit recevoir le prix de sa vertu que de lui-même ou des conséquences naturelles de ses actions. D'un autre côté, pourquoi voudrait-il les abuser sur leur propre mérite ? il ne leur demande rien pour lui ; il voudrait seulement qu'ils fussent bons et il les rendrait mauvais en les aveuglant. Le sage n'est ni complaisant, ni calomniateur ; il n'est ni trompeur, ni jaloux; il ne veut ni flatter ses amis, ni amadouer ses ennemis : il ne se cache pas plus aux uns qu'aux autres. Le sage est sincère parce qu'il est invariable dans ses principes , incorruptible dans ses devoirs et inébranlable dans ses résolutions.

SV.

LE SAGE S'ÉCARTE DES AFFAIRES,

Sélon l'opinion du sage les affaires publiques exigent une profondeur et une perfectibilité qui sont au-dessus des facul-

tés de l'homme et de son intelligence bornée. Le sage ne s'en mêle pas parce qu'il a le sentiment de sa faiblesse ; parce qu'il veut et doit parfaitement bien exécuter tout ce qu'il entreprend; parce que le peuple n'est jamais l'ami de ceux qui le gouvernent, fussent-ils exempts de tout reproche; parce qu'enfin il faudrait un être surnaturel et infaillible , plus qu'un sage , plus qu'un ange pour diriger les actions des hommes, leur donner des lois , les juger et les punir , sans dévier du droit chemin de la justice, ou essuyer les caprices de l'inconstance.

S VI.

LE SAGE NE S'ENIVRE POINT.

Comment le Sage s'abandonnerait-il à la brutale passion du vin ? Le vin fait perdre la raison qui est sa sauve-garde: elle est le flambeau qui éclaire et dirige l'homme dans le chemin de la vie pour le conduire à son but. Dès que ce flambeau s'éteint devant lui, il n'y marche plus qu'en tâtonnant et s'y égare. Le Sage ne s'enivre point parce que son premier devoir est de conserver sa dignité d'homme.

S VII.

LE SAGE JOUIT DE LA SANTÉ DE L'AME.

Quel accident, quel chagrin, quel revers de fortune seraient-ils capable d'amollir l'âme du sage ? Le sage, avant tout, réléchit , et quiconque réfléchit ne peut ignorer que rien ne saurait faire que ce qui est ne soit pas. Il est prudent : voilà tout. Mais lorsque les coups du sort viennent le frapper , s'ils lui apportent un mal physique, il le souffre avec fermeté; si c'est un malmoral, il s'y résigne avec douceur. Que peut-on exiger de plus de lui ? Que peut-il en exiger de plus lui-même ? Il remplit ses devoirs, il suit les lois de la nature, et laisse aller le cours des événemens de la vie.

S VIII.

LE SAGE EST. DIVIN.

C'est-à-dire, qu'en sa qualité d'homme et d'être pensant et réfléchissant il fait partie du grand tout animé qui n'est autre chose que Dieu lui-même. L'impie et le méchant se sont détachés de la divinité, c'est-à-dire, de cette intelligence divine qui conduit toutes choses ; l'insensé et le sot

sont des êtres manqués ou dégradés ; le libertin et l'athée se dégradent eux-mêmes en se plaçant au niveau de la brute. Le sage seul est homme parce qu'il demeure moralement tel qu'il est sorti des mains de la nature ; et comme la nature est la fille de Dieu et Dieu lui-même, le sage est divin.

SIX.

LE SAGE EST RELIGIEUX.

Il est religieux de deux manières et par deux raisons différentes : il l'est par sentiment et il l'est par réflexion. Par sentiment , parce que ses inspirations ou perceptions naturelles et intellectuelles le conduisent et le poussent au bien, dont il sent la nécessité, à la vertu dont il admire les charmes, et à la sagesse dont il recueille les fruits. Par réflexion, parce que, respectant et approuvant les lois et les institutions humaines dont l'ordre est le but, il doit bien plus encore honorer celles qui émanent de Dieu ou sont établies

en son nom.

SX

LE SAGÉ SEUL EST PRÊTRE.

Qu'est-ce qu'un prêtre ? Ce n'est pas seulement celui qui exerce cette fonction pour de l'argent, qui procède à certains rites établis ou qui préside à certaines cérémonies religieuses : s'il ne connaît et ne suit que la théorie matérielle de ses exercices, il n'a que le titre de sa profession et n'en a pas le caractère. Le prêtre est aussi l'homme sage et éclairé qui , par inspiration, se sent appelé à instruire ses frères sur la science divine dont il est l'interprète , et à nourrir dans leurs cæurs l'amour de la justice et la pratique de la vertu. Le sage seul possède ces qualités ; or, le sage seul est

prêtre.

S XI.

LE SAGE EST DEVIN.

Il est devin parce que son esprit , n'étant jamais distrait ou aveuglé par les égaremens de la folie ou par les déréglemens des passions, il peut méditer sur le passé, prévoir les conséquences du présent, et jeter un regard pénétrant sur l'avenir.

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