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pour l'homme, sur la terre , quelque jouissance physique qui n'entraîne point après elle le regret , le dégoût, la satiété ? Lors même qu'il lui resterait encore des veux à former , il ne les adresserait point en secret à la divinité : il ne ferait devant l'autel aucune prière qu'il n'oserait point exprimer devant tout un peuple. Mais le sage ne fait rien de superflu. La Providence n'envoie à l'homme que les faveurs qui lui sont indispensables ou celles qu'il a méritées : s'il s'en rend digne par ses actes, elles lui seront simultanément dévolues par la force naturelle des choses ou par cet arbitre souverain qui voit tout et qui est juste; dans le cas contraire, il lui serait, par les mêmes motifs , au moins inutile de demander à Dieu ces mêmes faveurs, si ce ne serait pas lui faire une injure de plus. Le sage, d'ailleurs, ne peut ambitionner ni convoiter les biens corruptibles de la terre ; ils sont périssables et par cela même au-dessous de lui. Le seul trésor qu'il pouvait envier il le possède : ce trésor, c'est la sagesse qui les comprend tous. Il ne demande à la nature que la force et le courage dont il a besoin pour le conserver; et sa ferme volonté seule est souvent même plus agréable à Dieu que les cantiques et les génuflexions.,

S XXIV.

LE SAGE SEUL EST AM.

Qu'est-ce qui refroidit les cours, brouille les partis et met la division dans les familles ? c'est l'intérêt , l'amour

propre et l'orgueil, ces trois tyrans du monde qui renversent les trônes et bouleversent les états. Mais le sage n'a d'autre maître, d'autre gouverneur, d'autre guide que la raison ; et deux sages qui s'aiment entr'eux de viennent deux amis solides ; car ils ne sont point en butte à l'amour-propre et à l'égoïsme, qui engendrent toutes les contestations et toutes les querelles ; et comme ils ont les mêmes principes ils sont toujours d'accord. Le sage ne connaît pas non plus la flatterie, poison de l'âme qui corrompt les meurs et altère la raison. Il est vrai dans tous ses discours, libre dans toutes ses démarches , délicat dans ses moindres actions. Il ne donnera son amitié qu'à celui qui aura pu s'en rendre digne; mais, dès l'instant qu'il la lui aura donnée, il l'aimera jusqu'à la mort.

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Il fait tout bien, parce qu'il n'entreprend que ce qu'il est apte à faire, et parce qu'il juge de son propre mérite avec une exacte sévérité. Tout parait facile au présomptueux et à l'ignorant : nul n’est entreprenant comme eux; ils mettent la main à tout et gâtent tout ; ils n'ont rien appris et semblent pourtant ne douter de rien. Mais le sage pèse toute chose dans la juste balance de la raison ; il réfléchit, il médite, il prévoit les obstacles et ne se livre à une entreprise quelconque qu'après un scrupuleux examen. De cette manière, si tout ne lui réussit pas , tout, du moins, doit lui réussir :

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il n'a à répondre devant Dieu et devant les hommes que de lui-même; et, quand une fois il a agi suivant ses principes

il attend sans crainte l'avenir pour se soumettre sans regret et avec confiance au caprice des événemens.

de sagesse,

S XXVI.

LES AMOURS CHASTES ET PURS NE SONT POINT ÉTRANGERS

AU SAGE.

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Pourquoi le sage voudrait-il outrager Dieu et la nature en dédaignant le plus céleste de tous les sentimens, l'amour ? Le véritable amour adoucit le caractère , épure les meurs fait apprécier la vertu et élève l'âme aux grandes choses en la détachant de la futilité des scènes tumultueuses de la vie. Le sage n'entend point par amour cette flamme impétueuse et désordonnée qui absorbe tout le temps, toutes les actions et toutes les pensées du malheureux qui en est la victime. Cette passion arrivée à ce point n'est plus que l'esclavage de l'imagination dominée par l'amour-propre ou le délire du cæur engendré par la jalousie ; mais le sage n'est point en butte aux vanités temporelles et n'est jaloux que de sa gloire. L'amour, chez lui, est un sentiment tendre et affectueux raffermi par l'amitié, l'estime et la confiance qui seuls en font un bien durable. Dès l'instant qu'il verrait ces trois sentimens s'échapper de son cour, il briserait les traits du Dieu comme l'on brise le sceptre d’un tyran. Le sage ne demande ni ne refuse rien à la nature; il obéit à sa voix : il

repousse avec son secours, tout excès qui la dégrade, et jouit de tout avec ménagement. « Si le sage ne devait pas aimer , disait

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Zénon, il n'y aurait rien de plus miserable que les personnes belles et vertueuses puisqu'elles ne seraient aimées que des sots. » Le sage aime tout ce qui est beau, parce que tout ce qui est beau mérite d'être aimé. Il fait usage de tout excepté du vice et n'use immodérément de rien, pas même de la vertu.

S XXVII.

LES SAGES S'AIDENT MUTUELLEMENT.

La pratique de la sagesse conduit l'homme à aimer ses semblables et à les secourir. Si cette heureuse disposition n'était pas un instinct naturel et commun à tous les êtres, le sage l'acqu. rrait par l'étude de cette science sublime qu'on lui a enseignée et de la morale quelle renferme. Il n'y a d'égoïste que le méchant et l'homme vicieux : le sage essaie en vain de les persuader; trop de lumière offusquerait leurs yeux ; ils fuient devant les conseils de la raison comme quelques oiseaux de proie redoutent la clarté du jour. Lee sage les plaint, les abandonne aux lois ou les voue au mépris. Mais il prend la défense de l'innocent , il protège le faible, il soulage le pauvre et adoucit l'infortune des malheureux. Il ne se borne point à leur donner son or; il y tient si peu, et il en est si souvent dépourvu lui-même : il les encourage par sa sagesse et les dirige par ses leçons. Il porte toujours et partout avec lui ce fond inepuisable que rien au monde ne peut altérer et qui s'accroît encore par le besoin et le temps. Si l'un d'eux est susceptible de l'apprécier , si sa morale peut le charmer

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et le convaincre, il s'attache à lui, il lui a trouvé tout ce qu'il pouvait désirer , c'est-à-dire un véritable ami , car un ami comme le sage est le plus précieux de tous les trésors.

S XXVIII.

LE SAGE EST UN EXCELLENT ÉCONOME.

Le sage n'est point avare, mais il est ami de l'ordre et de la régularité; il n'est point dissipateur , mais il use de ses biens avec ime libéralité juste , proportionnée à ses ressources et raisonnée sur ses besoins. Comme le sage a des principes fixes et invariables , il ne se jette point dans les extrêmes ;

il connaît les devoirs de l'homme en société et s'attache à eux seuls. Les excès de la débauche, les égaremens de la folie, les ambitions de l'orgueil, les petitesses de l'avarice sont tout autant de vices qu'il abhorre; il ne donne dans aucun travers. Il est modéré en tout, et la modération est la mère de l'économie.

S XXIX.

LE SAGE SEUL EST PARFAIT.

Le sage est l'image vivante de la divinité, et tout ce qui émane d'elle est parfait , s'il ne se corrompt point. Or le sage ne peut être susceptible de corruption ; donc il est parfait.

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