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Lp15.28,57

KE 33060

Harvard College Library
Gift of

Morris H. Morgan
Jan. 1, 1910

DISCOURS PRÉLIMINAIRE

La satire, si souvent attaquée par ceux qu'elle offense, est justifiée par un seul vers :

Elle veille et punit dans le sommeil des lois.

Les Grecs l'ont connue, mais l'ont peu cultivée et n'en ont pas fait un genre. Archiloque le premier s'appropria, comme l'a dit Horace, le vers iambe en l'armant de sa rage de médire. Il fut regardé comme l'inventeur de la satire, mais il nous reste peu de fragments de ses ouvrages. Archiloque vécut l'an 660 avant J. C.

Hipponax vécut un siècle après lui, et lança des satires contre deux sculpteurs qui l'avaient représenté trop laid à son gré; il vivait en 543. Simonide, natif de l'île de Chio, était plus jeune, il composa des élégies et des satires, entre autres

une contre les femmes. Elle est écrite avec peu de décence et de bon goût, mais avec énergie. On y trouve une comparaison ingénieuse de la femme qui se repose avec confiance et avec orgueil sous l'abri d'un amant à cette jument superbe qui laisse flotter sous le souffle du zéphyr sa belle crinière ondoyante; et une autre de la femme vertueuse à cette industrieuse abeille qui ne se nourrit que du suc le plus pur des roses. Cependant, Barberius assure que Simonide ne put jamais se faire aimer d'une femme; toutes étaient indignées de cette satire.

Ces trois poëtes écrivirent en vers iambiques. Sophron de Syracuse composa dans un autre genre. Il publia, 480 ans avant J. C., des satires sous le nom de mimes, c'est-à-dire représentées et en style burlesque; on dit qu'elles furent une des lectures favorites de Platon. Cependant, on assure que les proverbes, les allégories, les figures et les équivoques y étaient entassés sans ordre et sans goût.

Deux siècles après, Apollonius de Rhodes publia contre Callimaque quelques invectives en vers. Mais aucun de ces poëtes ne forma de la satire un genre particulier. Son nom même n'est pas grec, il est latin. Ainsi Quintilien a dit avec vérité. « La satire est romaine, elle est toute nôtre. » Horace pense aussi que les Grecs ne l'ont point connue, en ce sens qu'ils ne l'ont pas cultivée particulièrement. Son nom dérive de satura opera, comme

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