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ressorts, dont je ne connais ni les noms ni ou leur misère, leur consolation ou leur suples usages. Les plus habiles dans l'anatomie plice ? n'ont observé que les plus visibles, et les au- ARTICLE XY.--Désir d'un bien infini, nécessaire tres ont échappé à leur vue et à leur recher

et que rien ne peut calmer. che. Mais quand ils en auraient une exacle connaissance, elle ne serait d'aucun usage J'éprouve une autre sorte de misère, qui pour rendre l'obéissance du corps plus prom n'a point de rapport au corps et qui m'étonne pte et plus facile, le plus grossier de tous les encore davantage. Je n'ai, ce semble, besoin hommes étant aussi promptement obéi, quoi. de rien, et néanmoins je ne suis pas content. qu'il ne sache rien.

Je suis parvenu où je suis par différents de· Il n'est donc pas en mon pouvoir de me grés, et j'avais cru que toutes les places que dissimuler que c'est à Dieu seul que je dois j'ai successivement occupées me rendraient altribuer la dépendance où il lui a plu de me beureux, mais aucune u'a rempli mes désirs. mettre à l'égard du corps pour des actions On me porle envie, mais je sais ce qu'il faut qui en devraient être naturellement indé- penser de mon bonheur. Je vois de fort près pendantes, el que c'est à la seule volonté de celui qu'on s'imagine dans la plus haute éléDieu que je dois attribuer l'obéissance que yation, et j'avoue qu'il ne me tente point, non me rend le corps, puisque non seulernent parce que je ne désire rien, mais parce que toute autre partie de la matière ne me con- je désire infiniment davantage. nait point, mais que les ressorts de mon corps. Je me demande aujourd'hui à moi-même et leur usage me sont inconnus, el que dans d'où me vient un désir que rien ne peut samon corps mrême je ne puis rien sur des mou- tisfaire ici ; j'en ai examiné depuis longtemps vements qui ne me sont pas soumis, comme les caractères, et voici les principaux. Je ne celui du ceur, ni sur le repos de certaines veux point mourir; je ne veux point aussi parties que la paralysie a rendues immo être trompé. Ce que j'ai, je veux l'avoir toubiles.

jours, sans inquiétude et sans crainte, et par

conséquent être assaré qu'aucun accident ne ARTICLE XIV. — Le sentiment de la douleur. Il me le fera perdre et qu'aucune puissance de

n'est point une propriété de la matière, et me l’olera. Je sens que je veux commander l'ame en est ennemie.

el élre le mailre; je sens aussi que je veux

être estimé et mériter de l'être par tous ceux Il n'y a rien qui me surprenne davantage, qui ont du discernement et de l'équité. Je dans l'union de mon esprii avec mon corps, veux en un mot tous les biens, et je sens qu'il que la douleur que j'éprouve quelquefois n'est pas en mon pouvoir de réduire ce désir lorsque la disposition du corps est altérée. Il à quelques biens particuliers et bornés. Je ne faut qu'une humeur déplacée pour me faire veux clairement ce qui est éternel et infini, beaucoup souffrir. Dès qu'on emploie contre et je le veux nécessairement, ce désir étant le corps le ser ou le feu, le tourment que avant mes réflexions et mes pensées, et ne j'endure est inexplicable. D'où vient un tel dépendant point de ma délibération ni de mon prodige ? Qu'importe à un être spirituel que choix. les parties de la malière soient dérangées ? Au contraire il est la base et le fondement Quel rapport nécessaire y a-t-ilentre un cer de toutes mes délibérations, et je ne me porte tain mouvement corporel et un sentiment à aucun bien particulier que par l'impresaussi vif et aussi pénétrant que celui qui me sion générale qui me pousse invinciblement rend malheureux?

vers un bien infini, qui comprend et qui sur La moindre réflexion suffit pour m'appren passe tous les biens particuliers et limités. dre que la sensibilité et la douleur ne sont Ne m'est-il pas évident aujourd'hui que Diou pas dans le corps, la matière n'étant pas ca- seul a pu me donner un désir qui ne peut se pable de sentir; et l'expérience de ceux à qui terininer qu'à lui; dont il est clair que je ne I'on a coupé ou la jambe ou le bras, et qui suis pas le principe et que je n'en saurais sentent de vives douleurs dans le pied ou dans être la fin, et qui me donne ainsi une légila niain qu'ils n'ont plus, achève de m'en con- time espérance que Dieu ne se refusera pas vaincre.

à mes empressements, puisque c'est lui-mêD'un autre côté ce n'est point mon âme qui me qui a mis dans ma volonié un mouvement se donne à elle-même un sentiment qui la naturel, si violent et si rapide vers lui? tourmente et qu'elle voudrait ne point avoir; elle cherche à s'y soustraire et ne le peut;

ARTICLE XVI.-- Loi naturelle dont on ne peut elle y est appliquée malgré elle, et excepté la

effacer tous les traits. Devoirs supérieurs soumission et la patience, elle n'a aucun

à l'homme et indépendants des institutions

humaines moyen d'en suspendre l'impression et d'en diminuer la vivacité.

Ccla me donne occasion d'approfondir la Oui ne voit donc ici la main du Toul-Puis- loi qu'on appelle naturelle, et d'examiner si sant qui se fait sentir aux esprits autant qu'il c'est elle qui prescrit certains devoirs, ou lui plait; qui pénètre par son action dans le s'ils ne dépendent que d'une institution hufond le plus intime de leur élre; qui peut les maine. éprouver, les punir, les rendre malheureux, On convient qu'il faut honorer son père, sans qu'ils aient aucun asile contre lui; et étre fidèle à son ami, répondre aux bienfaits qui leur apprend à trembler devant une par la reconnaissance : mais je demande si puissance infinie, dont dépend leur félicité ces devoirs sont arbitraires, et s'il y a une injustice réelle á y manquer ? Si dans le fond clare si hautement contre son péché? Il fauc'est une chose indifférente d'assassiner un drait être bien aveugle pour confondre avec homme de qui l'on a reçu toutes sortes de l'injustice ce qui condamne son injustice, et biens, qui se fie pleinement à nous et qui n'a

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bien peu éclairé pour ne pas distinguer de rien que de respectable dans sa conduite: si l'homme la vérité incorruptible et la justice l'on avoue que ce crime est horrible, indé- éternelle qui lui montre ses devoirs, le conpendamment des lois humaines , je demande sole quand il y est fidèle, et le confond quand comment il est un crime, s'il n'est défendu, et il y manque. comment il est défendu avant que les lois humaines le défendent? Je demande où est la ARTICLE XVIII. Vaine espérance de quelques loi qui le condamné, où elle est écrite, où pécheurs. Que Dieu fera peu d'attenlion aux elle a été publiée ? Et si l'on me dit que celle actions des hommes. loi est celle qui est écrite dans le cæur de tous les hommes, je continue de demander Par là l'on peut juger combien est vaine qui est celui qui l'a gravée dans le fond de l'espérance que conservent certains pécheurs leur ètre ? et il est impossible de ne pas con- que Dieu fera peu d'attention aux actions des venir que c'est Dieu seul.

hommes. Il est trop grand, disent-ils, et nous Si l'on répond que l'assassinat dans les cir- sommes trop peu de chose pour attirer ses constances marquées n'est point défendu par regards. Il méprise nos faiblesses, ou pour la loi naturelle, mais qu'il ne laisse pas d'être le moins il en a pitié, et nous ne valons pas injuste, parce qu'il est contraire à la société la peine qu'il se mette en colère contre nons, civile et à la sûreté publique, je demande ni qu'il trouble son repos, pour examiner pourquoi ce qui est contraire à la société ci- des actions qui ne sauraient loi faire ni bien vile est injuste, et quelle loi défend cette ni mal. Voilà la principale ressource des imespèce d'injustice ? Il faut nécessairement re- pies; voilà ce qu'ils tâchent d'opposer à la monter jusqu'à une première loi supérieure à révélation la plus certaine. tous les hommes, el indépendante d'aucun Ils ignorent que ce Dieu tranquille, dont établissement humain, ou convenir qu'il n'yils se font une fausse idée, est celui-là même a dans la vérité aucune injastice réelle dans qui leur reproche si fortement leurs crimes les crimes les plus noirs ; que les devoirs qui en celte vie, quoique celle vie soit le temps passent pour essentiels, ne sont que de sim- de sa palience ; quoique sa voix terrible les ples usages, et que la différence qu'on met fasse frissonner jusqu'au fond des moelles; entre le vice et la vertu n'est fondée que sur quoiqu'il la mesure et la tempère, pour ne une opinion populaire.

pas prévenir le dernier jour où son tonnerre Quand on en sera venu là, la démonstra- doit éclater ; quoique så lumière perce leurs tion de la religion sera complète ; car rien ténèbres el dissipe leurs vaines excuses; quoi. n'en montre plus la vérité que de ne pouvoir que le temps de la manifestation de ses jugela combattre, qu'en renversant les fonde- ments ne soit pas venu. ments de toute probité et qu'en anéantissant Ils croient Dieu absent, distrait par d'autous les devoirs. Je dis tous, car si l'on en tres soins et peu attentif à leurs actions, et réserve un seul qui soit indépendant des ils ne savent pas qu'il est au dedans d'eurhommes, ce seul devoir qu'une loi naturelle mêmes, qu'il est présent à lout, et non seuprescrit démontre invinciblement l'existence lement aux actions, mais aux moindres déd'une justice primitive, qui est la règle de sirs el aux moindres pensées ; qu'il porle à celle des hommes, qui est avant eux et après chaque instant son jugement sur iout, et qu'il eus, et qu'ils ne peuvent ni fléchir, ni chan- hausse la voix à mesure que les faules deger.

viennent plus volontaires et plus inexcu

sables. ARTICLE XVII. Reproches et remords de la

Dieu est trop grand , disent-ils, et nous conscience.

trop peu de chose; mais de quelle grandeur De là viennent ces reproches si vifs et si ont-ils l'idée ? Savent-ils bien que Dieu est amers, que fait la conscience, quand on a grand en justice et en sainteté? Savent-ils commis une méchante action. En vain l'inju- que sa grandeur consiste à être l'ordre par ste s'efforce de les apaiser, le cri perçant essence et la loi éternelle ? et croient-ils bien de cette voix intérieure surmonte tout ce raisonner en pensant que parce que Dieu est qu'on lui oppose. En vain il fuit son propre infiniment opposé à l'injustice, il y sera incaur et se hâte de sortir de soi-même pour différent ? Elle ne peut lui nuire, mais en estA'être pas accablé de confusion devant un elle moins contraire à ses lois ? et n'est-ce juge qui lui reproche la noirceur et la lâcheté pas ce qui augmente le crime de l'homme, de son crime : aucune distraction n'est un re: d'oser désobéir à une majesté devant qui tout mede, et le criminel au milieu des plus vio- n'est rien. lentes dissipations est saisi de crainte et cou- Mais l'injuste pense que Dieu lui ressemvert de honte devant le censeur invisible qu'il ble et qu'il

est aussi peu touché que lui de porte dans son sein.

l'iniquité. Il s'imagine que Dieu ne voit pas Qui est-il, ce censear ? Quelle est cette voix ce qu'il désire qui lui soit inconnu, et il no qui reproche si vivementle crime ? Cuelle est fait pas réflexion que les reproches de sa concelle lumière qui luit dans les ténèbres mê. science sont la voix de Dieu qui l'instruil et mes et que les ténèbres ne peuvent obscur qui le reprend Devenez sages, 0 insensés ! eir ? Qu'y a-t-il dans le pécheur, qui se dé- dit-il lui-même dans ses Ecritures. Pouvez

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vous penser que celui qui a fait l'oreille n'en- l'existence de Dieu, qu'il est la lumière de ma tende pas ; que celui qui a formé l'æil ne voie raison; que c'est de lui que je tiens les prepas; que celui qui instruit en général tous les mières vérités qui l'éclairent; que c'est par hommes , et qui apprend à chacun d'eux en la connaissance de son idée que je suis inparticulier ce qu'il doit faire, ne soit pas le struit de ce qui est bon ou défectueux dans juge de leurs actions (1) ? Vous pensez que je les autres êtres : me bornerait-il à la seule vous serai semblable, mais je vous reprendrai connaissance des créatures, m'ayant donné sévèrement : je vous confronterai à vous la sienne? ou se contenterail-il de m'éclairer mêmes, et je vous forcerai de vous voir tels que sur tous les autres objets, sans me demander, vous êtes. Comprenez bien quelle est cette me- par rapport à lui-même, aucune attention ? nace, vous qui croyez que Dieu vous oublie J'ai une pleine conviction que le mouveparce que vous l'avez oublié (2).

ment de ma volonté vers le bien vient de lui,

et que tous les caractères du bien que je déCHAPITRE IV.

sire ne se trouvent qu'en lui. M'aurait-il L'homme a des devoirs par rapport d Dieu. La donc mis en mouvement sans me marquer un seule raison naturelle ne découvre point

terme? ou consentirait-il que je m'arrêlasse tous ces devoirs. On ne les apprend point aux créatures, recevant de lui une continuelle sûrement en consultant les autres hommes, impression qui me porte vers lui? Il est absolument nécessaire que Dieu uit ré- Il faudrait que je renonçasse à toutes mes vélé à l'homme ce qu'il en exige. Toute reli- lumières et à tous les sentiments intérieurs gion qui n'est point fondée sur la révélation que je trouve en moi , pour être capable de divine ne mérite pas d'examen. Facilité de douler sérieusement que Dieu n'ait eu desdécouvrir la révélation divine. Nécessité que sein, en me donnant l'être, que j'en fisse usage la révélation divine ait été écrite. Preuve que pour lui, el que c'est lui-même qui est ma la révélation divine s'est conservée pure duns destination et ma tin. les Ecritures, sans qu'il soit besoin de les ARTICLE 11. - La seule raison naturelle ne . eraminer.

couvre point tous ces devoirs. ARTICLE I. - L'homme a des devoirs par rap. Mais je ne sais point encore pour cela port d Dieu.

quels sont mes devoirs; je sais seulement que Les preuves de l'existence de Dieu qui ont

j'en ai et que je ne puis y manquer sans de

venir fort coupable, parce que ces devoirs été rapportées dans le chapitre précédent,

sont la condition essentielle que Dieu a mise m'en découvriraient beaucoup d'autres, si je

à lout ce qu'il m'a donné; qu'ils sont la loi de n'étais obligé de m'arrêter. La main de Dieu

mon être, le titre fondamental de ma vie, et est marquée dans tous ses ouvrages : tout

que ma désobéissance serait en même temps porte son caractère, et l'homme seul, quand

une ingratitude et une révolte directement il est bien étudié, découvre en mille manières

contraires à l'ordre naturel le plus indispenla puissance et la sagesse infinie de son au

sable. teur. Mais ce n'est la que le premier pas : je

J'ai donc un intérêt infini à connaitre ces sais que Dieu est, et que tout est par lui. Je

devoirs, à les connaitre tous, et à les connaisais que je tiens de lui lout ce que je suis, tre sûrement. Mais d'où me viendra cette mais j'ignore ce que je lui dois, parce que je

connaissance si exacte el si sûre? je n'ai pour ne suis pas assez instruit du dessein qu'il a

cela que deux moyens qui soient en mon eu en me donnant la vie.

pouvoir. Je ne saurais douter néanmoins qu'il n'ait

Le premier est de bien examiner l'idée eu quelque dessein en me la donnant; car

que Dieu m'a donnée de lui, et celle que j'ai j'observe que dans moi tout a sa destination

de moi. Mais la première chose que je décou, el sa fin : l'ail est pour voir, l'oreille pour

vre en Dieu est le peu de proportion qu'il y entendre, la main pour agir , le pied pour

a entre lui et mes pensées. Il est infini, et marcher. Il n'est donc pas possible que cha

moi borné. Si je le mesure sur mes réflexions que partie soit faite avec un dessein, et qu'il

et mes conjectures, je m'expose à metromper. n'y en ait aucun par rapport au tout.

Mon esprit est incapable de sonder le sien. Le corps est pour l'âme, et il lui obéit ;

Ses volontés libres me sont inconnues, et mais pour qui l'âme est-elle, et à qui doit

celles mêmes que je lui altribuerais comme elle obéir? J'ai la raison , mais qui la doit

nécessaires peuvent être très-différentes de conduire ? j'ai reçu de l'intelligence pour con

mes préjugés, parce qu'en Dieu tout est la naitre la vérité, mais quelle vérité ? j'ai une

même chose que sa nature, et par consévolonté pour désirer le bien, mais quel est le

quent tous ses altribuls sont aussi impénétrabien que je dois désirer? J'ai découvert en examinant les preuves de

bles ct aussi incompréhensibles quc lui."

A l'égard de l'idée que j'ai de moi, je n'o

serais me contenter de cette lumière trop faible (1) Intelligile insipientes in populo, stulli ali- d'un côté, et trop incertaine de l'autre. J'enquando sapile. Qui plantavit aurem non audiet, aut qui linxit oculum , non considerat ? qui corripil gen

trevois certains devoirs; mais beaucoup d'auies, non arguel, qui docet hominem scientiam ? Ps.

tres peuvent m'être cachés ; et ceux niêmnes 93. v. 8. 9. 10.

que je découvre ne me paraissent pas dans (2) Existimasti inique quod ero lui similis : ar tous les temps avec la même évidence. J'éguam le, et slaluam contra faciem tuam. Intelligite prouve en moi une inconstance qui m'étonne. Crec qui obliviscimini Deum. Ps. 49. 21. 22.

Les vérités et les nuages qui les obscurcis

sent, se succèdent mutuellement, et quelque- doit espérer de sa bonté ou craindre de sa fois il n'y a qu'un instant entre la certitude justice, règle le culle extérieur, et détermine et le doute.

en quoi consiste l'intérieur et le véritable,

doni le preinier est comme le corps. ARTICLE III. On n'apprend point sûrement

tous ces devoirs en consultant les autres ARTICLE v.-- Toute religion qui n'est pas fonhommes.

dée sur la révélation divine ne mérite pas

d'examen. Le second moyen, qui est de consulter les autres hommes, me paraitrait bien meilleur, Celle vérité me conduit plus loin , et je ne parce qu'il est plus conforme à la justc dé- crains point d'assurer que loule religion qui liance que je dois avoir de mes lumières, ct n'est pas fondée sur la révélation divine, ne que j'ai une secrète pente à croire que la re- mérite aucun examen, cl qu'elle est visibleligion ne se devine point, que la raison d'un inent défectueuse, puisqu'elle n'est établie seul n'est point assez ferme ni assez élendue que sur des conjectures humaines , indignes poor en découvrir tout le plan et toute l'éco- d'assujettir tous les hommes, et incapables nomie, et qu'au lieu de la chercher dans se's de leur apprendre ce que Dieu pense et ce propres réflexions, le plus sûr est de l'ap- qu'il promet. prendre de ceux qui en sont bien instruits. Je suis seulement en peine de deux cho

Mais si je consulte les autres hommes sur ses : la première, comment je découvrirai s'il la religion, je reconnais bientôt que mes dé- y a une révélation divine; la seconde, coinfauts leur sont communs, que la raison est ment je la démêlerai de celles qui s'attribuen: dans tous aussi timide et aussi bornée que saussement le même honnour. dans moi; el qu'en mettant à part la pré

ARTICLE VI. — Facilité de découvrir la révélasomption et la lémérité de plusieurs, qui dé

lion divine. cident sans preuves de ce qu'ils n'ont pas csaminé, elle est dans les sages mêmes plus Mais la divine Providence est ici manifeste. capable de former des doules que de les ré- Un seul peuple, entre tous ceux de la terre. soudre.

se glorific d'avoir appris de Dieu immédiateIl serait inutile de marquer ici leurs varia- ment comment il veut être servi; et ce peulions et leurs incertitudes, leurs contrariétés, ple est répandu parlout. Ainsi je ne puis l'imême sur des points essentiels. Je me con- gnorer, et je le trouve sans peine; el puislente de dire qu'il ne tient pas à eux que ce qu'aucun autre ne prétend avoir reçu de que je suis le mieux ne devienne incertain, Dieu ni ses lois ni son culte, je suis dispensó el qu'ils ne peuvent qu'augmenter mes per- d'examiner laquelle des révélations est la plexités, au licu de me donner le moyen d'en vraie. Il n'y en a qu'une, et dès lors elle est sortir.

certaine. ARTICLE IV. Il est absolument nécessaire que

Une telle découverte mc remplit d'admiraDieu ail révélé à l'homme ce qu'il en exige. tion et de joie, ct je ne puis asscz rendre

grâces à la bonté de Dieu, de ce qu'il n'a pas Au lieu de me décourager par ces difficu'

permis que l'erreur osât rien dispuler à la rés. je sens croitre mon espérance : el moins je vérité sur deux points essentiels et d'où dévois de possibilité à m'instruire de la religion pendent tous les autres. Il a révélé ses volonpar des moyens humains, plus je m'affermis iés aux hommes, et il n'a pas souffert que la dans la confiance qu'il y en a d'autres ; et révélation fût douteuse. Il a choisi un peuplo voici ce qui m'y affermit. Il me parait évident pour lui confier le dépôt d'une religion pure que Dieu veut que l'homme sache ce qu'il lui el sans mélange; et il a empêché que les doit, et que l'homme ne peut l'apprendre de fausses traditions des autres peuples ne jell'homme. Il me parait donc évident aussi que

lassent les faibles, tel que je suis, dans la néDieu l'a révélé à l'homme ; et que s'il l'a fail, cessité de délibérer et le danger de mal unc lelle révélation n'a point dû périr. choisir. Voilà ce que j'ai toujours eu dans le cæur :

- Nécessité que la révélation di mais je n'osais suivre celte lumière, qui est

vine ait été écrile. néanmoins fort simple et fort naturelle, avant que d'avoir tenté les autres moyens, de peur

J'avoue néanmoins que je ne serais pas de m'exposer à l'illusion, en quittant les sans inquiétude, si j'étais obligé d'interroger voies ordinaires.

divers particuliers de ce peuple pour m'inDésormais c'est la raison même, c'est l'é- struire de ses traditions; et que je craindrais vidence naturelle qui me montrent la néces- qu'en passant par tant de siècles, elles n'cus sité de la révélation, et qui me portent à la sent souffert quelque altération. Mais je sais clésirer el à m'informer s'il y en a uue , et si que tout est écrit, et que depuis très-longl'on en conserve quelque mémoire.

temps les traditions sont fixées dans des liIl n'y a que ce moyen qui soit sûr et pro- vres que ce peuple révère comme divins. portionné à tous les hommes. Il est infailli- Mais l'on peui former des doutes par rapble, telle que la religion elle-même doit être, port à ces livres mêmes. On peut demander et il dispense les hommes d'une discussion s'ils ont été conservés avec assez de soin, si dont ils ne sont pas capables. Il fixe tous les l'on n'y a point fait à dessein des change"sprits, décide tous les doutes, marque exac- ments importants , si les auteurs à qui on leinent lous les devoirs, manifeste les volon- les altribuc, ont été bien informés, si la tra lès libres de Dicu, apprend à l'homme c. qu'il dition qui les leur attribue est bien fondée DÉVOXST. Evang. VI.

(Deux.)

ARTICLE VII.

Il y a des réponses précises à lous ces doutes. lontés, sans conserver aux autres un mogea Les Juifs portent le respect qu'ils ont pour de les connaitre; il aura établi une religion les Ecrilures, jusqu'à une délicatesse scrupu- sans penser à la maintenir; il aura jugé la leuse. Ils regardent comme un très-grand révélation nécessaire, et l'aura ensuite récrime d'y ajouter ou d'en retrancher ungligée comme inutile; il aura réduit les hoin: seul mot , ou même une seule leltre. Les au- mes à examiner de nouveau ce qui lui est teurs des livres saints étaient non seule agréable, après les avoir dispensés d'un exament sincères, mais inspirés et prophètes : et men qui est au-dessus de leurs forces; il aura les mémoires originaux ont toujours été com même ajouté à cet examen de nouvelles difposés par des auteurs contemporains, comme ficultés, en laissant anérer les monuments de il serait aisé de le justifier.

son culte par des institutions étrangères qu'il

en laul séparer. Et il aura ainsi tendu des ARTICLE VII). — Preuves que la révélation de

piéges aux esprits humbles et dociles, en vine s'est conservée pure dans les Ecritures,

souffrant que des livres qui ont acquis une sans qu'il soit besoin de les examiner.

aulorilé souveraine soieni mêlés de vrai et Mais je suis dispensé d'entrer dans ce dé de faux , el que sa révélation y soit altereo tail; et, en suivant les principes qui m'ont par des lictions humaines. conduit jusqu'ici, je vois clairement que les Tout cela est impossible, et j'en vois si mêmes raisons qui ont démontré la nécessité clairement l'impossibilité que je n'ai besoin de la révélation, démontrent aussi la néces d'aucune discussion pour recevoir des Juifs le sité qu'elle ait été conservée dans sa pureté : recueil des Ecritures comme un dépôt , dont autrement Dieu aura parlé aux hommes en la divine Providence a pris un soin particuvain (1). Il aura instruit les uns de ses vo Jier, et dont la conservation est fondée sur

les mêmes raisons que la divine Sagesse a (1) , V. Originem in Epist. ad Jul. African. cues en faisant écrire dès le commencement p. 227.,

ses volontés.

Seconde partie.

PREUVES DES PRINCIPES DE LA FOI CHRÉTIENNE PAR LES LIVRES DE L'ANCIEN

TESTAMENT.

CHAPITRE PREMIER.
Preuve de la vérité des Ecritures, leur anti-

quité. Ce n'est que par elles qu'on a une
connaissance exacle de l'origine des peuples
et de leurs plus anciens monuments. Leur
vérité prouvée par les traditions communes
à tous les peuples, et par le temps ou finis
sint ces traditions. Preuves que Moise est
l'auteur des livres qui portent son nom.
Nouvelles preuves que los livres de Moise
sunt divins. Cerlilude des miracles qui y

sont rapportes. ARTICLE PREMIER. — Preuves de la vérité des

Ecritures, Icur antiquité. · Convaincu que je dois lire les livres saints avec le même respect que si je les avais reens imur:édiatement de Dieu même, je les ouvre, et je vois d'abord qu'ils contiennent une histoire suivie depuis la création du monde jusqu'à des temps fort reculés ; que les premiers de ces livres sont beaucoup plus anciens que tous ceux qui ont été écrils enez les autres nations ; que l'histoire do peuple hébreu y esl jointe avec celle des peuples voisins, et d'une manière si circonstanciéc et si savante, que plus on est instruit de l'antiquité, plus on est sensible aux preuves de vérité qui éclatent de loutes parls.

J'y remarque avec adiniration une exacle supputation des temps, une connaissance

très-distincte de la plus ancienne géogra-
phie, une histoire des prernières monarchies,
conforme à ce que les plus habiles historiens
des autres peuples en ont écrit, quoiqu'il
n'en soit parlé qu'incidemment dans celle-ci;
un récit exact, mais en peu de mots, de la
manière dont les différentes nations se sont
partagées, des lieux qu'elles ont choisis pour
s'y établir, et des chefs qui ont conduit ces
premières colonies.
ARTICLE 11. – Ce n'est que par les Ecritures

qu'on a une connaissance exacte de l'ori-
gine des peuples et de leurs plus anciens
$ionuments.

Je ne vois rien de tel nulle part. Mais toutes les recherches de l'antiquité et tous les monuments qui nous restent justifient ce que je lis dans l'Ecriture.

J'y découvre partout la véritable origine des peuples, qu'eux-mêmes ne connaissent pas. Les Grecs, les Latins, les autres peuples de l'Europe ont conservé la niémoire de Japhet, leurcommun auteur; mais ils ne remonient point plus haut. Ils ne savent d'où est Japhet (Gen., 1X, 27), et ils ignorent la raison de son nom, qui est éiranger dans leur langue, et plein de sens dans celle des Hébreux. Si je demande aux Grecs pourquoi ils s'appellent loniens et pourquoi le pays qu'ils ont occupé en Asie s'appelle lonie, ils demeurent muels; mais l'Ecriture m'apprend qu'ils sont descen.

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