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Gratum elocuta consiliantibus

Junone divis : «lion, llion

Fatalis incestusque judex
Et mulier peregrina vertit

In pulverem, ex quo destituit deos Mercede pacta Laomedon, mihi

Castæque damnatum Minervæ, Cum populo et duce fraudulento.

Jam nec Lacænæ splendet adultera
Famosus hospes, nec Priami domus

Perjura pugnaces Achivos
Hectoreis opibus refringit;

Nostrisque ductum seditionibus
Bellum resedit. Protinus et graves

Iras, et invisum nepotem,
Troica quem peperit sacerdos,

Marti redonabo. Illum ego lucidas Inire sedes, ducere nectaris

Succos, et adscribi quietis
Ordinibus patiar deorum,

« Ilion! llion! une femme étrangère,
Un juge criminel et né pour son malheur,

L'ont, tous deux, réduit en poussière !
Du jour fatal où, perfide et trompeur,
Laomédon frustra les dieux de leur salaire,
Au courroux de Minerve, à ma juste fureur,

Pergame appartint tout entière, Pergame, avec son peuple et son roi sans honneur.

De la Spartiate adultère,

Déjà l'infâme ravisseur
N’étale plus son luxe et sa parure;
Contre les Grecs et leur bouillante ardeur,

De Priam la race parjure

N'a plus d'Hector pour défenseur, Et la

guerre n'est plus, cette guerre funeste Qu'entretint si longtemps la discorde céleste. C'en est assez : à Mars je veux sacrifier

Mes ressentiments et ma haine;

Je lui rends ce fils, ce guerrier
Que m'avait fait haïr une mère troyenne.
Que l'Olympe brillant s'ouvre donc devant lui,

Qu'il vienne y chercher l'ambroisie,
Et dans le sein des dieux prendre place aujourd'hui.
Je le permets; pourvu qu'entre Rome et l'Asie

S'étende et gronde une mer en furie.

Dum longus inter sæviat llion
Romamque pontus, qualibet exsules

In parte regnanto beati :
Dum Priami Paridisque busto

Insultet armentum, et catulos feræ
Celent inultæ, stet Capitolium

Fulgens, triumphatisque possit
Roma ferox dare jura Medis;

Horrenda late nomen in ultimas

Extendat oras, qua medius liquor

Secernit Europen ab Afro,
Qua tumidus rigat arva Nilus;

Aurum irrepertum, et sic melius situm Quum terra celat, spernere fortior

Quam cogere humanos in usus, Omne sacrum rapiente dextra.

Quicumque mundo terminus obstitit,
Hunc tangat armis, visere gestiens

Qua parte debacchentur ignes,
Qua nebulæ pluviique rores,

que sous les

Que par le sort les Troyens exilés

Règnent heureux dans une autre patrie, Pourvu

pas des troupeaux de Phrygie, De Priam, de Pâris les tombeaux soient foulés,

Et des bois l'hôte sauvage

que Y cache impunément ses petits sous l'ombrage. Je consens qu'à ce prix le Capitole altier

Reste debout; que son peuple guerrier
Dicte aux Médes vaincus les lois de la victoire;
Que de son nom la terreur et la gloire

S'étende aux rivages lointains,
Des colonnes d'Hercule à ces champs africains,

Où le Nil promène son onde,
Sur le sol altéré qu'il arrose et féconde ;

Qu'il sache mépriser cet or

Que la terre en ses flancs recèle,
Et qu'auraient dû les dieux y mieux cacher encor,
Plutôt

que, de sa main profane et criminelle, L'asservir aux besoins de la race mortelle;

Que, si l'on méconnaît ses droits,
Fût-ce aux bornes du monde, il y porte la guerre,

Glorieux de vaincre à la fois
Aux bords où le soleil darde à plomb sa lumière,
Comme aux lieux que l'hiver engourdit sous ses lois.

Mais cette noble destinée

Sed bellicosis fata Quiritibus
Hac lege dico, ne nimium pii,

Rebusque fidentes, avitæ
Tecta velint reparare Troja.

Troja renascens alite lugubri
Fortuna tristi clade iterabitur,

Ducente victrices catervas
Conjuge me Jovis et sorore.

Ter si resurgat murus aheneus
Auctore Phæbo, ter pereat meis

Excisus Argivis; ter uxor
Capta virum puerosque ploret. »

Non hæc jocosæ conveniunt lyræ : Quo, Musa, tendis ? desine pervicax

Referre sermones deorum, et Magna modis tenuare parvis.

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