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Cerbère ! lui, dont en tout temps,
Noire d'un sang infect, la triple gueule exhale
Une vapeur impure, et que mille serpents
Couronnent à l'envi de leurs anneaux sanglants.

De Titye et d'Ixion même
Un rire involontaire apaisa les douleurs ;
Et de ton luth quand le charme suprême

Captiva les cinquante sæurs,

Leur urne un moment resta vide.
Que Lydé sache et leur crime perfide,

Et ce terrible châtiment,
Tonneau sans fond, qui perd incessamment
L'eau

que

leur main lassée y verse vainement.
Qu'elle apprenne par là les peines redoutables
Qui même aux sombres bords attendent les coupables.
Barbares ! quels forfaits jamais plus exécrables !
Barbares ! dans leurs mains un poignard assassin
De leurs époux osa percer le sein!

Digne du flambeau de l'hymen,
Une seule, rompant la trame paternelle,
D'un mensonge sublime accomplit le dessein,
Et couronna son nom d'une gloire immortelle.
« Lève-toi, cher Lyncée, ô lève-toi, dit-elle,
Un bras, dont tu craindrais de soupçonner les

coups, T'apprête un long sommeil; trompe l'ordre d'un père, Trompe de tant de sæurs la rage meurtrière ;

Quæ, velut nactæ vitulos leænæ,
Singulos, eheu! lacerant; ego, illis
Mollior, nec te feriam, neque intra

Claustra tenebo.

Me pater sævis oneret catenis,
Quod viro clemens misero peperci;
Me vel extremos Numidarum in agros

Classe releget :

I, pedes quo te rapiunt et auræ,
Dum favet nox et Venus; i secundo
Omine,•et nostri memorem sepulcro

Scalpe querelam. »

Telle une lionne en courroux Déchire un faon de sa dent sanguinaire, Telle chacune, hélas ! égorge son époux.

Ah! moins dures, moins inhumaines, Mes mains respecteront tes jours, ta liberté.

Contre moi qu'un père irrité Punisse ma clémence en me chargeant de chaînes ;

Qu'il m'exile au-delà des mers, Jusque chez le Numide, au fond des noirs déserts; Fuis du moins, fuis au gré de tes pas, de la brise :

La nuit te sert, Vénus te favorise ; Suis cet heureux présage, et puisse un jour ta foi,

Sur la tombe où je serai mise, Graver, avec ta plainte, un souvenir de moi ! »

CARMEN XIII.

AD FONTEM BANDUSIAM.

O fons Bandusiæ, splendidior vitro, Dulci digne mero non sine floribus,

Cras donaberis hædo,
Cui frons turgida cornibus
Primis et Venerem et prælia destinat.
Frustra : nam gelidos inficiet tibi

Rubro sanguine rivos
Lascivi soboles gregis.
Te flagrantis atrox hora Caniculæ
Nescit tangere; tu frigus amabile

Fessis vomere tauris
Præbes et pecori vago.
Fies nobilium tu quoque fontium,
Me dicente cavis impositam ilicem

Saxis, unde loquaces
Lymphæ desiliunt tuæ.

ODE XIII.

A LA FONTAINE DE BANDUSIE.

Plus transparente que

le

verre, Source limpide, ô toi qui des plus tendres fleurs, Comme des meilleurs vins mérites les honneurs, Demain j'immole un chevreau pour te plaire.

De son front nouvel ornement, Les cornes qu'il sent croître, à l'amour, à la

guerre,
Le disposent..... mais vainement,
Car du troupeau lascif ce rejeton naissant
Teindra d'un sang vermeil ta rive hospitalière.
De l'ardent Sirius jamais les feux brûlants
N'apprirent ta retraite, et les troupeaux errants,
Les taureaux fatigués du joug du labourage,
Y trouvent la fraîcheur du plus aimable ombrage.

Je veux rendre ton nom fameux,
Et dans mes vers chanter l'yeuse

Qui couronne le rocher creux,
D'où tombe en gazouillant ton eau mystérieuse.

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