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Suis-je coupable? ou bien, innocente victime,
De la porte d'ivoire un vain songe échappé
Abuse-t-il mes sens et mon esprit frappé ?
Valait-il mieux, hélas! franchir cette onde immense
Que de la fleur nouvelle épier la naissance ?
Ah! si quelque mortel, à mes veux complaisant,
Livrait ce monstre infâme à ma juste colère,

Je me plairais à déchirer son flanc,

A briser, moi, qui l'aimais tánt naguère,
Ces cornes, de son front redoutable ornement.
Quoi ! sans honte j'ai fui les dieux de mon enfance !

Sans honte j'hésite à mourir!
Grands dieux, si jusqu'à vous ma voix peut parvenir,
Au milieu des lions jetez-moi sans défense.

Avant qu'une horrible maigreur
Ait desséché mes traits, et que ma vie en fleur
De sa sève féconde ait perdu la chaleur,

Avant que je ne sois plus belle, Venez, tigres, je m'offre à votre dent cruelle. N'entends-tu pas d'ici la douleur paternelle, Indigne Europe? Eh! bien, qu'attends-tu pour mourir? Un arbre est là..... ta ceinture te reste.....

Triste secours qu'il faut saisir ! Ou de ces noirs écueils si la pointe funeste

Te promet un plus prompt trépas, Cherche-le dans les flots, va, cours, n'hésite pas;

Regius sanguis, dominæque tradi
Barbara pellex. » Aderat querenti
Perfidum ridens Venus, et remisso

Filius arcu.

Mox ubi lusit satis : «Abstineto,

Dixit, irarum calidæque rixæ,
Quum tibi invisus laceranda reddet

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A moins qu'au gré d'une étrangère, Tu ne veuilles un jour, toi, fille et sang des rois, Tourner de vils fuseaux, et subir à la fois

De son époux la caresse adultère. »
L'arc en repos, l'Amour, comme sa mère,
D'un ris moqueur suivait sa plainte amère;

Cessant alors de l'abuser :
« Calme-toi, dit Vénus, et reçois sans blasphème
Le taureau que tu hais, et qui viendra lui-même
Mettre à tes pieds ce front que tu voudrais briser.
Femme du roi des dieux et du maître suprême,

Sache porter ce titre glorieux; Plus de sanglots, Europe, et que, séchant tes A ce destin si haut un juste orgueil réponde : Ton nom sera bientôt le nom du tiers du monde. »

yeux, CARMEN XXIX.

AD MAECENATEM.

Tyrrhena regum progenies, tibi
Non ante verso lene merum cado

Cum flore, Mæcenas, rosarum, et
Pressa tuis balanus capillis
Jamdudum apud me est. Eripe te moræ ;
Ne semper udum Tibur et Æsula

Declive contempleris arvum, et
Telegoni juga parricida.

Fastidiosam desere copiam, et
Molem propinquam nubibus arduis ;

Omitte mirari beatæ
Fumum et opes strepitumque Romæ.
Plerumque gratæ divitibus vices,
Mundæque parvo sub Lare pauperum

Cænæ, sine aulæis et ostro,
Sollicitam explicuere frontem.

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ODE XXIX.

A MÉCÈNE.

Mécène, noble

sang

des rois de l'Etrurie, Encore intact, un tonneau de vin vieux

T'attend chez moi; j'aurai pour tes cheveux
Des couronnes de rose et du nard de Syrie.
Viens, hâte-toi, ne songe pas toujours

Au frais Tibur, à la colline
Où se suspend Esule, à ce mont qui domine
Les murs dont Télégone a tracé les contours.

Fuis les dégoûts de l'abondance,
Et ce palais dont le front touche aux cieux;
Cesse un jour d'admirer Rome, son opulence,
Et sa fumée, et ses bruits et ses jeux.

Aux puissants blasés dans leurs veux Le changement est souvent agréable; Sous l'humble toit du pauvre, une modeste table

Dont la propreté fait les frais,

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