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Garder d'un si haut rang l’auguste caractère,

Toutes les fois que, juge intègre, austère,

A l'intérêt il préféra l'honneur,
Repoussa, le front haut, une main corruptrice,
Et, fort de sa vertu, sortit toujours vainqueur

De sa lutte contre le vice.
Au possesseur de domaines nombreux
Tu donnerais à tort le nom d'heureux,

Cher Lollius; ce nom sied mieux au sage, Qui des présents du ciel sait faire un digne usage, Souffre, au besoin, l'amère pauvreté,

Craint moins la mort que l'infamie, Et se sacrifierait avec tranquillité

Pour ses amis et sa patrie.

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ODES

D’HORACE.

LIVRE CINQUIÈME,

OU

LIVRE DES ÉPODES.

ODE IL

« Heureux qui vit loin des affaires, Qui, de ses mains, ainsi que les premiers mortels,

Cultive les champs paternels,
Exempt des tributs usuraires !

Nec excitatur classico miles truci;

Nec horret iratum mare;
Forumque vitat et superba civium

Potentiorum limina.
Ergo aut adulta vitium propagine

Altas maritat populos;
Inutilesque falce ramos amputans,

Feliciores inserit;
Aut in reducta valle mugientium

Prospectat errantes greges;
Aut pressa puris mella condit amphoris;

Aut tondet infirmas oves.
Vel, quum

decorum mitibus pomis caput
Auctumnus agris extulit,
Ut gaudet insitiva decerpens pyra,

Certantem et uvam purpura,
Qua muneretur te, Priape, et te, pater

Sylvane, tutor finium!
Libet jacere modo sub antiqua ilice,

Modo in tenaci gramine :
Labuntur altis interim ripis aquæ;

Queruntur in sylvis aves;
Fontesque lymphis obstrepunt manantibus,

Somnos quod invitet leves.
At, quum tonantis annus hibernus Jovis

Son sommeil n'entend point les trompettes guerrières ;
Sans crainte il voit des flots le choc tumultueux,

Fuit des grands le seuil orgueilleux
Et du Forum les luttes journalières.

Son bonheur est de marier
Le pampre qui grandit au svelte peuplier,

De retrancher une branche inutile,
Et de greffer l'espoir d'un rameau plus fertile.

Il suit de l'oeil, dans un étroit vallon,
Ses troupeaux mugissants, errant à l'aventure,
Soulage ses brebis du poids de leur toison,

Ou dans l'argile la plus pure
Renferme le nectar que

l'abeille

procure. Quand l'Automne paraît, levant sur nos jardins

Sa tête de fruits couronnée,
Comme il aime à cueillir la poire que ses mains

Avec art ont écussonnée,
Et la grappe, à la pourpre empruntant ses couleurs,
Doux présents qu'il vous offre, à vous, dieux protecteurs,
Dieux des champs, de nos droits gardiens et défenseurs !
Sur un tapis de mousse, à l'ombre d’un vieux chêne,
S'assied-il? tout l'invite aux douceurs du

repos :
Le frais murmure des ruisseaux,
L'eau que laisse échapper la bruyante fontaine,
Jusqu'à l'oiseau qui chante, et dit aux bois sa peine.

Mais quand l'ordre de Jupiter

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