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ODE XVI.

A TYNDARIS. - PALINODIE.

D'une mère charmante enfant plus belle encore,
Qu'ordonnes-tu de mes coupables vers ?

Qu'ils périssent au sein des mers,
Ou qu'à ton gré la flamme les dévore.
Le Corybante en feu n'a, sur l'airain sonore,

Frappé jamais à coups plus redoublés ; Les transports que Bacchus ou qu'Apollon fait naître, Au fond du sanctuaire agitent moins le prêtre, Quand sa divinité l'échauffe et le pénètre, Que ne fait la colère en nos esprits troublés.

Rien ne l'effraie ou ne l'arrête, Le glaive menaçant, la flamme, la tempête, Jupiter même, au sein d'un horrible fracas, Précipitant sa foudre et ses éclats.

On dit qu'autrefois Prométhée,

En complétant notre limon
D'une parcelle à chaque être empruntée,
A mis dans notre sein la rage du lion.

Iræ Thyesten exitio gravi
Stravere, et altis urbibus ultimæ

Stetere causæ cur perirent
Funditus, imprimeretque muris

Hostile aratrum exercitus insolens.
Compesce mentem. Me quoque pectoris

Tentavit in dulci juventa
Fervor, et in celeres iambos

Misit furentem : nunc ego

mitibus Mutare quæro tristia ; dum mihi

Fias recantatis amica Opprobriis, animumque reddas.

La colère a causé tous les maux de Thyeste;

De plus d'une ville en renom Elle entraîna la ruine funeste, Et cédant à sa voix, des vainqueurs insolents Ont fait passer le soc sur leurs débris sanglants.

Moi-même, hélas ! dans ma belle jeunesse, De la colère aussi j'ai senti les élans, Et le rapide iambe arma ma folle ivresse.

Pardonne-moi : de plus doux sentiments Succèdent à ce fiel; j'eus tort, je me repens De ces vers odieux qu'aujourd'hui je renie; Rassure donc mon coeur et rends-moi mon amie.

CARMEN XVII.

AD TYNDARIDEM.

Velox amænum sæpe Lucretilem
Mutat Lycæo Faunus, et igneam

Defendit æstatem capellis
Usque meis, pluviosque ventos.

Impune tutum per nemus arbutos
Quærunt latentes et thyma deviæ

Olentis uxores mariti;
Nec virides metuunt colubras,

Nec martiales hæduleæ lupos;
Utcumque dulci, Tyndari, fistula

Valles et Usticæ cubantis
Lævia personuere saxa.

Dî me tuentur; dis pietas mea
Et Musa cordi est; hinc tibi copia

Manabit ad plenum benigno,
Ruris honorum opulenta, cornu.

ODE XVII.

A TYNDARIS.

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Pour Lucrétile et ses riants coteaux,
Souvent le faune agile a quitté l'Arcadie;
Des ardeurs de l'été, des vents et de la pluie,

Il vient défendre mes troupeaux.
Quand les doux sons de sa flûte rustique

Ont retenti dans le vallon si frais,
Où se couche à demi la colline d'Ustique,

Sans défiance, à travers les forêts,

Dans ses écarts le chevreau suit sa mère, Cherchant, avec le thym, les arbousiers discrets,

Et ne redoutant désormais Ni les loups affamés, ni la verte vipère.

Les dieux, Tyndaris, sont pour moi ; Les dieux aiment mes chants, ma piété profonde ; Viens donc; ici, s'épancheront pour toi,

Comme d'une corne féconde, Tous ces riches tributs, fragile honneur des champs;

Ici, dans un vallon tranquille,

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