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ODE XXII.

A FUSCUS ARISTIUS.

L'homme irréprochable en sa vie, Que le crime aux remords n'a jamais condamné, Sans emprunter à la Mauritanie

Ou son carquois empoisonné,

Ou son arc, ou sa flèche impie, Des Syrtes sans effroi peut traverser les feux,

Ou la cime inhospitalière

Du triste Caucase, ou la terre Que caresse en son cours l'Hydaspe fabuleux. Je l'éprouvai, Fuscus : dans la forêt voisine Je marchais au hasard, de soucis dégagé,

Et dans mes vers chantant ma Lalagé; A mon aspect, un loup s'enfuit loin de Sabine. D'aucune arme pourtant je n'étais protégé, Et jamais dans ses bois l’Apulie intrépide,

Jamais dans ses déserts affreux,

Des lions la nourrice aride, L'Afrique, n'enfanta rien de plus monstrueux.

Pone me pigris ubi nulla campis
Arbor æstiva recreatur aura,
Quod latus mundi nebulæ malusque

Jupiter urget;

Pone sub curru nimium propinqui Solis, in terra domibus negata : Dulce ridentem Lalagen amabo,

Dulce loquentem.

Transportez-moi dans ces champs paresseux,

Où jamais des vents amoureux Nul arbre ne reçoit la caresse féconde, Climat glacé, triste côté du monde,

Qu'engourdit un ciel rigoureux; Jetez-moi sur ces bords que le soleil inonde, ,

Où nul mortel n'ose affronter ses feux : Partout de Lalagé je chérirai l'image, Partout son doux souris, partout son doux langage.

CARMEN XXIV.

AD VIRGILIUM.

Quis desiderio sit pudor aut modus
Tam cari capitis ? Præcipe lugubres
Cantus, Melpomene, cui liquidam pater

Vocem cum cithara dedit.

Ergo Quintilium perpetuus sopor
Urget! cui Pudor, et Justitiæ soror
Incorrupta Fides, nudaque Veritas

Quando ullum inveniet parem ?

Multis ille bonis flebilis occidit;
Nulli flebilior quam tibi, Virgili.
Tu frustra pius, heu! non ita creditum

Poscis Quintilium deos.

Quid ? si Threicio blandius Orpheo
Auditam moderere arboribus fidem,
Non vanæ redeat sanguis imagini,

Quam virga semel horrida,

ODE XXIV.

A VIRGILE.

Pleurons, pleurons sans honte une tête si chère !

Inspire-moi de lugubres accents, O Muse des douleurs, toi qui du dieu ton père, Reçus le don divin de la lyre et des chants. Quintilius dort donc dans la nuit éternelle ! Justice, Honneur, Vérité sainte et belle,

Incorruptible Bonne-Foi, Où retrouver un cœur qui vous soit plus fidèle ? Bien des pleurs ont coulé sur cette fin cruelle;

Nul n'en a plus versé que toi, Virgile, et vainement ton amitié rebelle De ton Quintilius redemande les jours ; Les dieux te l'avaient-ils confié pour toujours ? Aux arbres des forêts quand tu ferais entendre Des accords, dont Orphée ignore la douceur,

Au monde tu ne pourrais rendre Une ombre vaine, alors qu'en sa rigueur,

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