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ODE X.

A LICINIUS.

Licinius, pour vivre heureux et sage,
Il ne faut ni toujours voguer en pleine mer,
Ni, prudent à l'excès, par crainte de l'orage,
Cotoyer de trop près un dangereux rivage.
Celui qui des trésors sait aimer le plus cher,
La médiocrité, simple et calme, n'habite
Ni de la pauvreté le misérable gîte,

Ni les lambris dorés dont l'envieux s'irrite.

Le pin, qui menace les cieux,

A la fureur des vents plus qu'un autre est en butte ; Les palais les plus orgueilleux

Tombent d'une plus lourde chute,

Et la foudre du roi des dieux

Frappe surtout des monts le front audacieux.
A supporter le sort le sage s'étudie;
Malheureux, il espère; heureux, il se défie.
Le même dieu ramène et chasse les hivers;

Submovet. Non, si male nunc, et olim Sic erit. Quondam cithara tacentem Suscitat Musam, neque semper arcum Tendit Apollo.

Rebus angustis animosus atque
Fortis appare; sapienter idem
Contrahes vento nimium secundo

Turgida vela.

Mal aujourd'hui, demain nous serons mieux peut-être.
De la lyre le divin maître

Réveille quelquefois les Muses par ses vers;
Souvent aussi dort son arc redoutable.

Sois ferme et courageux, si le malheur t'accable,
Mais sache aussi d'un vent trop favorable
Habilement te méfier,

Et, s'il enfle ta voile, à temps la replier.

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CARMEN XII.

AD MECENATEM.

Nolis longa feræ bella Numantiæ,
Nec durum Hannibalem, nec Siculum mare
Poeno purpureum sanguine, mollibus
Aptari citharæ modis,

Nec savos Lapithas, et nimium mero
Hylæum, domitosque Herculea manu
Telluris juvenes, unde periculum

Fulgens contremuit domus

Saturni veteris tuque pedestribus
Dices historiis prælia Cæsaris,
Mæcenas, melius, ductaque per
Regum colla minantium.

vias

Me dulces dominæ Musa Licymniæ
Cantus, me voluit dicere lucidum

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Fulgentes oculos, et bene mutuis

Fidum pectus amoribus ;

ODE XII.

A MÉCÈNE.

Ma lyre, cher Mécène, est faite
pour
l'amour;
Ne lui demande pas de chanter tour à tour
Les longs combats, et l'effroyable rage
Des Numantins enfin soumis;

Le terrible Annibal, ou du sang de Carthage
Les flots Siciliens rougis;

D'Hylé l'ivresse téméraire,

Les Lapithes cruels, ou ces fils de la Terre
Qu'Hercule terrassa d'un bras victorieux,

Quand jusqu'au ciel osant porter la guerre, Leur orgueil ébranlait la demeure des dieux.

De l'histoire interprète heureux,
Mieux que moi tu diras, Mécène,
Les nobles exploits de César,

Et ces rois qui, malgré leur chaîne,

L'œil encor menaçant, marchent devant son char. Ma muse ne se plaît qu'à chanter Lycimnie, L'éclat limpide de ses yeux,

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