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» une erreur impossible', une absurdité qui ne » peut se trouver dans aucune tête, pensante ou » non. En un mot, ces dieux n'étoient que ce » que sont encore parmi nous les patrons révén » rés par les provinces , par les villes, par les

bourgades (1); que ce que sont les reliques, » les images des personnes dont le nom a été

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(1) Il suffit d'ouvrir les ouvrages des anciens , pour reconnoître la vérité de ce que dit ici l'abbé Le Batteux. Dans une de ses tragédies, Eschyle fait ainsi parler le chậur : « Dieux puissans, saints et saintes de cette terre, » vous.qui gardez nos tours, ne livrez pas cette ville bel» liqueuse à une armée d’hoinmes qui parlent une langue » étrangère ! Écoutez les vierges, écoutez, comme il est » juste, les prières suppliantes. Génies amis de cette ville, » vous ses libérateurs , et ses protecteurs, montrez qu'elle » vous est chère. Vous aimez le culte qu'on vous rend; » défendez-le donc; souvenez-vous de nos pompes sacrées » et de nos sacrifices ! »

Ιώ παναλκείς θεοί,
1ώ τέλειοι τέλειαί τε γάς
Τας δε πυργοφύλακες,
Πόλιν δορίπονου μή προδώ-
θ' ετεροφώνω μου στρατώ. .
Κλύετε παρθένων, κλύετε πανδίκως
Χειροτόνους λιτάς. .
Ιώ φίλοι δαίμονες,
Λυτήριοι αμφιβάντες πόλιν,
Δείξαθ' ως φιλοπόλις,

» consacré par la piété, avec cette différence

toutefois qu'aujourd'hui l'artisan distingue le » culte rendu au serviteur , de celui qu'il doit » au maître, et que les païens oublioient totale» ment les droits du maître pour lui substituer » un rival imaginaire, dont souvent le culte » étoit un crime encore plus qu'une erreur (1) ».

Μέλεσθε δ' ιερών δημίων,
Μέλόμενοι δ' άρήξατε" '
Φιλοθύτων δέ τοι πόλεως οργίων

Μνήστορές εστέ μοι. . Septem ad Theb. , scen. III. Æschyl. tragæd., tom. I, p. 93. Ed. Schütz; Halæ , 1800. Otl décortul... xai tous éryopious dalyovas. Strab., lib. XV, p. 494. Des Bourguignons à qui saint Columban annonçoit l'Évangile, le maltraitèrent, en disant : « Ce sont nos anciens dieux, ies » gardiens de ce pays , qui nous ont secouru jusqu'à » ce jour. » Aleman. rerum scriptores , tom. I, p. 236, 237. – Les voyageurs adressoient des prières au dieu tutélaire du lieu d'où ils partoient. Ils en avoient d'autres pour les dieux, sous la protection desquels étoient les lieux par où ils passoient; d'autres enfin pour les divinités du lieu où se terminoit leur voyage. La formule de ces prières nous a été conservée dans les inscriptions, Pro salute, itu, et reditu. Hist. de lacad. des Inscriptions , tom. II, p. 19 et 20. Le dieu tutélaire est appelé dans Virgile , genium loci. Æneid. , lib. VII, v. 136. Nullus enim locus sine genio est , dit Servius, in Eneid., V.

(1) Hist, des causes premières, par l'abbé le Batteux, p. 148 et 149.

Maxime de Tyrdístingue expressément les dieux subalternes du Dieu suprême. «Si vous êtes trop » foibles, dit-il, pour bien connoître le Père et » l'auteur de toutes choses, c'est assez pour vous » en ce moment d'admirer sesæuvres, et de l'ado» rer dans ce qu'il a fait, dans sa progéniture , qui » est très-nombreuse et de différentes espèces. Il » y a bien plus de dieux que les poëtes béotiens » n'en comptent. Il n'y a pas seulement trois >> mille fils ou amis de Dieu ; le nombre en est » incompréhensible : il y en a autant qu'il y a » d'étoiles au ciel et de génies dans l'éther (1) ».

Lactance, qui connoissoit parfaitement l'idolâtrie , puisqu'il y avoit été élevé, parle ainsi : « Les païens qui admettent plusieurs dieux, » disent cependant que ces divinités subalternes

président tellement à toutes les parties de l'u»nivers , qu'il n'y a qu'un seul gouverneur su

prême. Les autres ne sont donc pas des dieux, » mais les serviteurs ou les ministres de ce Dieu

unique, très-grand et tout-puissant, qui les a préposés pour exécuter ses volontés (2).

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(1) Maxim. Tyr. dissert., I, p. 18. Édit. Oxon., 1677.

Vid. et. Julian. ap. Cyril., lib. IV.

(2) Isti assertores deorum, ita eos præesse singulis rebus ac partibus dicunt, ut tamen unus sit rector eximius. Jåm ergò cæteri dii non erunt, sed satellites , ac minis

Nous n'entrerons pas , sur ce sujet, dans de plus longs détails. Les témoignages qu'on vient de lire suffisent pour montrer quelle étoit l'idée que les païens avoient des êtres spirituels qu'ils adoroient sous le nom de dieux. Nous devons montrer de plus qu'en rendant à certains hommes les honneurs divins, ils ne cessoient pas de les reconnoître pour hommes ; et c'est un point que nous pourrions déjà regarder comme prouvé, puisque nous ne savons nous-mêmes que c'étoient véritablement des hommes que par ce que les païens nous en ont appris.

Il existoit parmi eux plusieurs histoires de ces dieux d'origine humaine. Nicagoras, Leontés Théodore, Hippon, Diagoras, et mille autres avoient écrit leur vie avec un soin scrupuleux, dit Arnobe (1). Mais la plus célèbre de ces histoires étoit celle d'Évhémère, de Messine , qu’Én

tri, quos ille unus maximus, et potens omnium officiis his præficerit, ut ipsi ejus imperio, ac nutibus serviant. Lact., Divin. Instit., lib. I, cap. III.

(1) Possumus quidem hoc in loco omnes istos , nobis quos inducitis atque appellatis deos, homines fuisse monstrare, vel Agragantino Euhemero replicato...., vel Nicagoro Cyprio, vel Pellæo Leonte, vel Cyrenensi Theodoro, vel Hippone ac Diagora Meliis , vel auctoribus aliis mille, qui scrupulosa diligentiæ curâ în lucem res abditas libertate ingenuâ protulerunt. Arnob. advers. Gentes.

nius traduisit en latin (1), de sorte qu'elle ne pouvoit être ignorée de presque personne (2). Il nommoit les parens des dieux, leur patrie, le lieu de leur sépulture (3), avec une grande exactitude historique (4), au jugement de Plutarque même (5). Il ne faisoit que suivre en cela les plus anciens écrivains de la Grèce (6), selon Je témoignage de Lactance , auqel nous pouvons joindre celui de Cicéron, qui dit formellement

(1) Cicer., De nat. Deor. , lib. I, cap. XLII.

(2) Cujus libellos Ennius, clarum ut fieret cunctis , sermonem in italum transtulit. Arnob., lib. IV, adv. Gentes.

(3) Euhemerus , eorum natales, patrias , sepulcra dinumerat, et per provincias monstrat. Minut. Felic. Octavius, cap. XXI.

(4) Euhemerus omnes tales deos, non fabulosâ garrulitate , sed historicâ diligentiâ , homines fuisse mortalesque conscripsit. S. August., De civit. Dei, lib. VI, cap. VII. Vid. et. , lib. VII, cap. XXVI.

(5) Exouou ånò tūv iotopoupévv Borbecks. De Isid. et Osirid., p. 359. Plutarque regardoit cependant l'ouvrage d'Évhémère comme dangereux.

(6) Omnes, qui coluntur ut dii , homines fuerunt.... Quod cum vetustissimi Græciæ scriptores, quos illi Deodoyous nuncupant, tum etiam Romani , Græcos secuti et imitati docent; quorum præcipuè Euhemerus, ac noster Ennius. Lactant., De irâ Dei , cap. XI, p. 152 - Herodot., lib. I, cap. XXV.

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