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» une erreur impossible, une absurdité qui ne

» peut se trouver dans aucune tête, pensante ou

» non. En un mot, ces dieux n'étoient que ce

» que sont encore parmi nous les patrons révé

» rés par les provinces , par les villes, par les

» bourgades (1); que ce que sont les reliques ,

» les images des personnes dont le nom a été

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consacré par la piété, avec cette différence toutefois qu'aujourd'hui l'artisan distingue le culte rendu au serviteur , de celui qu'il doit au maître, et que les païens oublioient totalement les droits du maître pour lui substituer un rival imaginaire , dont souvent le culte étoitun crime encore plus qu'une erreur (1) ».

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Maxime de Tyr distingue expressément les dieux subalternes du Dieu suprême. « Si vous êtes trop » foibles, dit-il, pour bien connoître le Père et » l'auteur de toutes choses, c'est assez pour vous » en ce moment d'admirer ses œuvres, etdel'ado» rer dans ce qu'il a fait, dans sa progéniture, qui i, est très-nombre«se et de différentes espèces. Il » y a bien plus de dieux que les poètes béotiens » n'en comptent. Il n'y a pas seulement trois » mille fils ou amis de Dieu; le nombre en est » incompréhensible : il y en a autant qu'il y a » d'étoiles au ciel et de génies dans l'éther (1) ». Lactance, qui connoissoit parfaitement l'idolâtrie , puisqu'il y avoit été élevé, parle ainsi: « Les païens qui admettent plusieurs dieux, » disent cependant que ces divinités subalternes » président tellement à toutes les parties de l'u» nivers , qu'il n'y a qu'un seul gouverneur su» prême. Les autres ne sont donc pas des dieux, » mais les serviteurs ou les ministres de ce Dieu » unique , très-grand et tout-puissant, qui les a » préposés pour exécuter ses volontés (2). »

(1) Maxim. Tyr. dissert., I, p. 18. Édit. Oxon., 1677. Vid. et. Julian. ap. Cyril., lib. IV.

(2) Isti assertores deorum, ita eos prœesse singulis rébus acpartibus dicunt, ut tamen unus sit rector exhnius. Jàm erg& cœteri dii non erunt, sed satellites, ac minis

Nous n'entrerons pas , sur ce sujet, dans de plus longs détails. Les témoignages qu'on vient de lire suffisent pour montrer quelle étoit l'idée que les païens avoient des êtres spirituels qu'ils adoroient sous le nom de dieux. Nous devons montrer de plus qu'en rendant à certains hommes les honneurs divins, ils «îe cessoient pas de les reconnoître pour hommes; et c'est un point que nous pourrions déjà regarder comme prouvé, puisque nous ne savons nous-mêmes que c'étoient véritablement des hommes que par ce que les païens nous en ont appris.

Il existoit parmi eux plusieurs histoires de ces dieux d'origine humaine. Nicagoras, Leontès , Théodore, Hippon, Diagoras, et mille autres avoient écrit leur vie avec un soin scrupuleux , dit Arnobe (1). Mais la plus célèbre de ces histoires étoit celle d'Evhémère, de Messine ,qu'Énnius traduisit en latin (1) , de sorte qu'elle ne pouvoit être ignorée de presque personne (2). II nommoit les parens des dieux, leur patrie , le lieu de leur sépulture (3), avec une grande exactitude historique (4), *u jugement de Plutarque même (5)* Ilnefaisoit que suivre en cela les plus anciens écrivains de la Grèce (6), selon le témoignage de Lactance, auqel nous pouvons joindre celui de Cicéron, qui dit loTmellement

tri, quos ille unus maximus, et potens omnium ofïlciis his praeficerit, ut ipsi ejus imperio, ac nutibus serviant. Laet, Divin. Instit., lib. I, cap. III.

(1) Posstfmus quidem hoc m loco omnes istos , nobis quos inducitis atque appellatis deos , homineg fuisse monstrare, vel Agragantino Euhemero replicato...., vel Nicagoro Cyprio, vel Pellœo Leonte, vel Cyrenensi Theodoro, vel Hippone ac Diagora Mcliis , vel auctoribus aliis mille, quiscrupulosae diligentise cura înlucem res abditas libertale ingenuâ protulerunt. Arnob. advers. Génies.

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