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pensée n’a de bornes. Et comme tout se développe simultanément, l'uniié demeure inaltérable ; ce sont les mêmes êtres, mais plus parfaits. Ainsi le germe devient arbre; ainsi l'homme passe de l'enfance à l'âge de raison ; et, s'il ne dérange pas l'ordre en violant les lois de sa nature, il continue éternellement de croître en intelligence, en bonheur, en perfections de toute espèce, sans cesser d'être homme et le même homme.

Toujours la même aussi, toujours une, la vraie religion devoit également, selon les desseins de Dieu, se développer dans le progrès des temps. Et qui pourroit assigner un terme à çe magnifique développement, à cette sublime manifestation de l'Être infini, de sa vérité et de son amour, puisque le culte ineffable que les justes rendront à jamais au Très-Haut dans la vie future, n'est que la consommation du culte que ces mêmes justes lui rendent dans la vie présente (1) ? L'adoration commence sur la terre, et, se prolongeant dans les cieux, s'élève,

(1) Scit utique esse æternas leges , ét eas omnes se in illo sæculi sæculo custoditurum esse confidit : quia ea quæ per umbram sunt constituta , in hos nunc sæculo semper observet. S. Hilar., tract. in CVIII. Psal. littera VI, 1. 8. Oper, col. 281. Edit. Benedict.

b'étend, se dilate, pour ainsi dire, comme la felicité des élus, pour remplir l'éternité. Les payens

mêmes ont reconnu l'unité nécessaire de la loi divine; et Cicéron, dans un passage qu'on ne lit point sans étonnement , annonce d'une manière si formelle le développement qu'elle devoit recevoir un jour , que Lactance, qui nous a conservé ce merveilleux passage, semble

y voir une sorte d'inspiration céleste et de prévision prophétique.

« La loi véritable est la droite raison con» forme à la nature, loi répandue dans tout le » genre humain, loi constante, éternelle, qui

rappelle au devoir par ses commandemens qui » détourne du mal par ses défenses, et qui , , soit qu'elle défende , soit qu'elle commande,

est toujours écoutée des gens de bien, et méprisée des méchans. Substituer à cette loi

une autre loi, est une impiété; il n'est per> mis d'y déroger en rien, et l'on ne peut

l’abroger entièrement. Nous ne pouvons être » déliés de cette loi ni par le sénat, ni par le peu

ple. Elle n'a pas besoin d'un autre interprète ? qui l'explique ; il n'y aura point une autre » loi à Ronie, une autre à Athènes , une autre » maintenant, une autre après ; mais une

même loi, éternelle et immuable , régira tous » les peuples, dans tous les temps : et celui

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qui a porté, manifesté , promulgué cette loi, » Dieu sera le seul maître commun et le souve» rain monarque de tous ; quiconque refusera » de lui obéir se fuira lui-même, et renonçant » à la nature humaine, par cela même il subira » de très-grandes peines, quand il échapperoit » à ce qu'on appelle ici-bas des supplices (1).

Chose remarquable , les brachmanęs avoient aussi une tradition semblable, fondée sur une ancienne prophétie. Ils disoient comme Cicéron

(1) Suscipienda igitur Dei lex est , quæ nos ad hoc iter dirigat , illa sancta , illa cælestis , quam M. Tullius', in libro de Republicâ tertio , perė divinâ voce depinxit, cujus ego , ne plura dicerem, verba subjeci. « Est qui» dem vera lex recta ratio naturæ congruens, diffusa in » omnes constans, sempiterna , quæ vocet ad officium

jubenelo, vetando a fraude deterreat : quæ tamen neque

probos frustrà jubet, aut vetat, nec improbos jubendo, » aut vetando movet. Huic legi nec obrogari fas est, ne

que derogari ex hâc aliquid licet, neque tota abrogari » potest. Nec verò aut per senatum , aut per populum » solvi hâc lege possumus. Neque est quærendus expla» nator , aut interpres ejus alius. Nec erit alia lex Romæ, » alia Athenis, alia nunc, alia posthåc, sed et omnes gen» tes, et omni tempore una lex, et sempiterna, et im» mutabilis continebit; unusque erit communis quasi » magister, et imperator omnium Deus; ille hujus legis » inventor, disceptator , lator, cui qui non parebit ipse

se sugiet , ac naturam hominis aspernatus , hoc ips>

qu'il viendroit un temps où une seule loi régneroit par toute la terre (1).

Il n'est pas jusqu'à Celsc qui n'ait senti que la vraie religion devoit être une : il forme le væu que toutes les nations de l'Europe, de l’Asie et de l'Afrique, se réunissent sous la même loi ; mais, ne voulant pas se soumettre au maitre commun, au souverain monarque dont parle Cicéron, et n'ayant plus dès lors aucune règle , il juge avec raison cette unité impossible (2).

» luet maximas pænas , etiam si cætera supplicia , quæ » putantur, effugerit. » Quis sacramentum Dei sciens tam significanter enarrare legem Dei possit, quàm illam homo longè à veritatis notitiâ remotus expressit? Ego verò eos qui vera imprudenter loquuntur sic habendos puto , tanquam divinent spiritu aliquo instincti. Lac!ant. Divin instit., lib. VI, cap. VIII.

(1) Decalogum quoque suum habent Brachmanes Mosaici planè consimilem, ejusque accuratas interpretationes, quibus inesse aiunt vaticinium illud, fore aliquando ut unica lex ubique vigeat. Alnetan. quæst., lib. II, cap. XII, n. 19, p. 214–215.

(2) Origen, contr. Cels., lib. VIII, 11. 71. Rousseau , qui n'a guère fait que rajeunir les objections de Celse contre le christianisme, avoue comme lui que s'il existe une vraie religion, elle doit être une. « Parmi tant de re» ligions diverses qui se proscrivent et s'excluent mutuel» lement, une seule est la bonne, si tant est qu'une le » soit. » Emile, tom. III, p. 25.

Saint Augustin en montre admirablement la nécessité dans son livre De la vraie religion , et prouve qu'elle est la base de l'autorité, comme l'autorité est le fondement de la foi. Qui que nous soyons , et quelles que soient nos pensées particulières, faisons silence, écoutons avec respect ce puissant génie, dont les paroles, vénérées des siècles et consacrées par l'approbation de l'Eglise, sont comme la voix de la tradition.

« L'autorité exige la foi, et prépare l'homme » à la raison. La raison le conduit à l'intelli» gence et à la connoissance. Cependant la rai» son n'est pas entièrement séparée de l'autorité,

lorsque l'on examine qui l'on doit croire; et » certes la plus haute autorité est celle de la » périté même déjà clairement connue... Comme » donc la divine Providence ne veille pas seule» ment sur chaque homme individuellement, » mais pourvoit au salut du genre humain par » des moyens extérieurs et publics..., elle a » voulu que cette dernière dispensation fût con» nue par l'histoire et par les prophéties. Dans » les choses du temps, soit passées, soit fu» tures, la foi consiste moins à comprendre

qu'à croire. Mais il est de notre devoir de » considérer à quels hommes et à quels livres » nous devons croire, pour rendre à Dieu le

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