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» genre humain , tous ceux qui ont cru en lui, » qui l'ont connu autant qu'ils pouvoient et qui » ont vécu selon ses préceptes dans la piété et » dans la justice, en quelque temps et en quelle que lieu qu'ils aient vécu, ont été, sans aucun » doute, sauvés par lui. Car, de même que nous » croyons en lui et demeurant en son Père » et* venu en la chair , les anciens croyoient » en lui et demeurant en son Père et devant » venir en la chair. Et parce que, selon la va» riété des temps, on annonce aujourd'hui » l'accomplissement de ce qu'on annonçoit » alors devoir s'accomplir, la foi elle-même n'a » pas varié, et le salut n'est point différent. A » cause qu'une seule et même chose est ou prè» chée, ou prédite par divers rites sacrés, on ne » doit pas s'imaginer que ce soient des choses » diverses, et des saluts divers... Ainsi autre» fois par certains noms et par certains signes, » maintenant par d'autres signes plus nombreux, * d'abord plus obscurément, aujourd'hui avec » plus de clarté, une seule et même religion » vraie est signifiée et pratiquée (î). »

(i) Quamobrem cùm Christum dicamus Verbum Dei , per quo'd facta sunt oinnia, et ideô Filium, quia Verbum, nec Verbum dictum atque transactum, sed apud ineommutttbilem Patrem iucommutabile ipsuni atque incoin

Cette doctrine est conforme à celle de saint Thomas. Suivant ce profond théologien, « Si * quelques hommes ont été sauvés sans avoir

mutabiliter manens, sub cujus regimine universa creaItira spiritalis et corporalis , pro congruentiâ teuiporum locorumque adoiinistratur, cui moderandœ et gubernandas, quid , quando et ubi, circa eam fieri oporteat , sapientia et scientia penès ipsum est : profectô et antcquàm propagaret Hebraeorum gcntem , per quam sui adventûs manifestationem congruis sacramentis praefiguraret, et ipsis temporibuS israëlitici regni, etdeindè cùm se in carne de virgine accepta mortalibus mortaliter demonstravit, et deinceps usquè nunc, cùiïl implet omnia, qure per prophetas antè praîdixit, et ab hinc usque ad finem sœculi, quo sanctos ab impiîs diremturus est, et sua cuique retributurus , iâem ipse est filius Dei, Patri coœternus, et incommutabilis sapientia, per quam creata est universa natura, et cujus participatione omnis rationalis anima fit beata.

Itaque ab cxordio generis humani, quicumque in eum crediderunt, eumque atcumque intelle xer unt, et secundum ejus praecepta piè et juste vixerunt, quandolibet et ubilibetluerint, pereumprocul dubio salvi facti sunt. Sicut enim nos in eum credimus et ap-ud Patrem manentem, et qui in carne jam venerit : sic credebant in illum antiqui, et apud Patrem manentem, et in carne venturum. Necquia, pro temporum varietate , nunc iactuin annuntiatur, quod nunc luturum praenuneiabatur, ideo fides ipsa variata , vcl salus ipsa diversa est. Nec quia una endeuiquc res, aliis atquc aliis saciis et sacramentis. ve!

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» connu la révélation du Médiateur, ils n'ont » pas été sauvés néanmoins sans la foi du Mé» diateur ; parce que, bien qu'ils n'eussent pas la » foi explicite, ils avoient cependant une foi im» plicite dans la divine Providence, croyant que » Dieu étoit le libérateur des hommes, les sau» vantpar les moyens qu'il lui avoit plu de choi» sir, et selon que son Esprit l'avoit révélé à ceux » qui connoissoient la vérité (1). »

Nous voyons même , au Livre des Rois , que lorsque Naaman , guéri de sa lèpre, confesse le seul vrai Dieu , et renonce au culte des idoles , Elisée n'exige de lui rien de plus : Allez en paix, lui dit le prophète (1).

prsedicatur aut prophetatur, ideô alias atque alias res,

vcl alias atque alias saintes oportetintelligi Proindè

aliis tune nominibus et signis. aliis autem nunc, et priùs occultiùs, posteà mainfestiùs, et priùs à paucioribus , posteà à pluribus, una tamen eademque religio- vera significatur et observatur. S. August. Sex quœst., contra, pagan. expositœ; liber ad Deograt., quœst. Il, cap. XI et XII. Oper., tom. II , col. 277. Ed. Bened.

(1) Si qui tamen salvati fuerunt, quibus revelatio non fuit facta , non fuerunt salvati absque fide Mediatoris. Quia etsi non habuerunt fidem explïcitam , habuerunt tamen fidem implicitam in divinâ Providentiâ, credentes Deum esse Iiberatorem hominum , secundurn modos sibi placitos, et secunduni quod aliquibus veritatem cogrioscentibus Spiritus revelasset. J. Thnnt. «*. aK part., roi. IT , quœst. Il, art. 8.

Dieu ne redemande que ce qu'il a donné : il ne punit que la violation, ou l'ignorance volontaire de sa loi (2). Dans tous les temps, dans tous les lieux, il suffît, pour se sauver, d'user bien des lumières qu'on a reçues. C'est la foi de l'Église chrétienne, c'est l'enseignement unanime des Pères. « A moins d'avoir l'esprit » aliéné, qui pensera jamais que les âmes des » justes et des pécheurs soient enveloppées dans » une même condamnation, outrageant ainsi » la justice de Dieu...? Il étoit digne de ses » conseils, que ceux qui ont vécu dans la jus» tice, ou qui, après s'être égarés , se sont »'- repentis de leurs fautes , que ceux-là , dis-je, » quoique dans un autre lieu, étant néanmoins » incontestablement du nombre de ceux qui » appartiennent au Dieu tout - puissant, fus» sent sauvés par la connoissance que chacun » d'eux possédoit... Le juste ne diffère point du » juste, qu'il soit Grec, ou qu'il ait vécu sous la » loi; car Dieu est le Seigneur non seulement

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» des Juifs, mais de tous les hommes, quoi» qu'il soit plus près , comme père, de ceux qui » ont connu davantage. Si c'est vivre selon la loi » que de bien vivre, ceux qui, avant la loi, ont » bien vécu, sont réputés enfans de la foi, et » reconnus pour justes (1). »

Dans sa seconde apologie, publiée vers le milieu du second siècle, saint Justin tient le même langage. «Sous prétexte, dit-il, que Jé» sus-Crrrist, né sous Quirinus, n'a commencé » que sous Ponce-Pilate à enseigner sa doctrine, » on prétendra peut-être justifiertous les hommes

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(1) Quis sanae mentis, et justorum et peccatorum animas esse existirnaverit in unâ condemnatione , injustifiée maculam inurens Providentia; ?,..* Hoc divinum decebat consilium et Providentiam, ut qui in justitiâ majorem habdre dignitatem et mérita, et prae cœteris egregiè vixerunt, et eorum quœ peccârunt ducti suntpœnitendfl, etiamsi sint in alio loco, cùm extra controversiam sint in eorum numéro qui sunt Dei omnipotentis , salvi fièrent per propriam uniuscujusque cognitionem.... Justus non differt à justo , sive is fuerit ex lege , sive Grœcus; non enim Judaeorum solùm , sed etiam omnium est Deus Dominus , propinquiùs autem pater eorum qui cognoverunt. Si enim hsnestè vivere , et vitam agere rationi consentaneam , est vivere ex lege : qui autem rectè vixerunt ante legem, in frdem sunt reputati, et justi suntjudicati. Clément, Alexandr. Stromat. , lib. VI, p. 637, 638 ft 639. Ed, Paris. 1641.

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