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tmr du ciel et de la terre : voilà le premier article du symbole de toutes les nations.

9 « L'existence d'un Dieu, cause suprême, prin» cipe et fin de toutes choses, a été crue et ensei» gnée si clairement et si constamment par » l'antiquité tout entière; tous les peuples la

$» proclament avec une si parfaite unanimité, » qu'il semble impossible de ne pas reconnoître » dans cet accord la voix même de la nature (î). »

(i) Deuui esse, supremam videlicet reruni omnium caussam, principium atque finem, tam apertè, tamque constanter crédit! il ac praedicavit omnis retrô velus ta s , tantoque consensu in eamdem conspirant sententiam univers» gentes, ut naturae vox esse videatur. (Alnetan. quœst., lib. II, cap. I, p. {>?. ) — «Tous les peuples » ont admis un Dieu suprême supérieur aux génies gou» verneurs du monde. Bien loin de s'en déguiser l'excel• » lence , ils l'outroient en quelque façon , en pensant que » l'univers, dont il étoït le premier auteur, étoit indigne » de ses soins paternels ', et que les foibles mortels, ne » pouvant, avoir d'accès auprès d'une telle majesté , » étoient forcés de borner leur culte à des dieux infé» rieurs.» L'abbé Foucher, Mém. del'acad. des Inscript., tom. LXXIV, p. 385. — « Les peuples barbares, les » nations policées, les ignorans comme les savans, ont » reconnu un Être souverain , et la créanced'un Dieu suif prême doit être regardée comme la foi du genre humain » et le cri de la nature. .> Bullet , l'Exist. de Dieu démontrée par les merveilles de la nature, tom. Il, p. 8.

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Ainsi parle le docte Huet, et l'on va voir qu'il n'avance rien qui ne soit appuyé sur les monumens les plus authentiques ( 1 ).

(1) Dans un Mémoire inséré dans le Recueil de l'Académie des Inscriptions, tome LXII, p. 337, l'abbé Le Batteux examine cette question : Si les païens ont jamais ignoré le vrai Dieu. Après avoir observé qu'il s'agit « non » des sages, mais de ce qu'on appelle peuple par opposi» tion aux sages, » il ajoute: « Il m'a paru qu'on pou» voit établir que ces peuples (les Chaldéens, les Perses , » les Egyptiens, les Grecs et les Romains ), malgré tant » d'erreurs et d'extravagances , ont connu un Dieu su» prême, et qu'ils n'en ont connu qu'un. » Il développe ensuite les preuves de son sentiment, et conclut ainsi: « Donc, la tradition du genre humain, les mystères, les » usages religieux, la forme des gouvernemens, les lois, » les sermens, les poètes, les philosophes, le sentiment » intérieur, la crainte de l'avenir. enfin le ciel et la terre, » anncnçoient la même vérité. Tout le genre humain au» roit été endormi, qu'une seule de ces voix auroit sufli » pour le réveiller. » p. 36o et 36». Mais «quel étoit » donc le crime du genre humain livré à l'Idolâtrie? Le » voici : C'étoit d'avoir connu Dieu et de ne l'avoir point » glorifié; c'étoit d'avoir substitué à son culte celui des » idoles; en un mot, c'étoit le crime tant de fois reproché » aux Juifs, et tant de fois puni dans cette nation infidèle.

» Quand les Juifs firent le veau d'or dans le désert, » ils n'avoient point oublié le Dieu dont ils voyoient la » gloire sur le mont Sinaï; quand, établis dans le pays de » Chanaan, ils immoloient à Baal, à Astaroth , ils n'i» gnoroient pas que le Seigneur parloit à Séilo : Salomon

Que J'unité de Dieu fût connue des Egyptiens (1), et même enseignée par leurs prêtres, on n'en peut pas douter puisque Solon, Thaïes , Pythagore, Eudoxe, Platon, qui ont eux-mêmes enseigné si clairement cette unité, étoient allés

» bâtit des temples aux dieux de ses femmeà , il n'abattit » point pour cela" celui qu'il avait élevé au Dieu de son » père. Ils boîtoiewt des deux côtés, comme le leur repro» choit le prophète Élie : Usque quô claudicatis in duos » partes? Si Dominas est Deus, sequimini eum, si autem » Baat, sequimini illum. Voilà le crime des Juifs.

» Celui des païens étoit plus grand encore : les Juifs » adoroient du moins le vrai Dieu, lui associant les dieux » des nations; mais les païens connoissant le vrai Dieu , » ne l'associoient point à leurs dieux nationaux; il ne lui » rendoient aucun hommage , aucun culte : c'étoit le » Dieu de la nature , le Dieu de tout le monde; d'où ils » concluoient, dans la pratique , qu'il n'étoit le Dieu de » personne. » p. 364 et 365.

L'abbé Mignot, très-versé dans l'histoire des anciennes religions, soutient, comme l'abbé Le Batteux, que « le » culte de ces différens êtres (lesesprits intermédiaires et » les âmes des hommes), n'éteignit point la connoissance » de l'Être souverain ou de la première cause : cette con» noissance se conserva au milieu de la plus grande dé» pravation de la religion. » Mém. de l'acad. des Inscript., tom. LXV, pag. i54

(1) Les Éthiopiens reconnoissoient aussi un Dieu immortel , qui est la cause de toutes choses. Strab. , lib. XVII.

s'instruire en Egypte des anciennes traditions religieuses , ainsi que Plutarcrue nous l'apprend (1). Les Egyptiens appeloient Knçph ce Dieu souverain , unique , éternel (2). On le représentoit avec un œuf sortant de sa bouche,

(1) Talis ergo fuit .(Egyptiorum accuratio in conteinplatïone rerum divinarum. Testimonium perhibent etiam Graecorum sapientissimi, Solon , Thaïes, Plato, Eudoxus. Pythagoras . . . qui in iEgyptum venerunt, et cum sacerdotibus versati sunt. De Isid. et Osir. , Oper., tom. II, pag. 554. — Euseb. , Prcep. Evang. , lib. III, cap. XI, pag. n5.—Les livres d'Hermès étoient très-célèbres chez les anciens. Quoique les fragmens qui nous ont été conservés sous son nom soient apocryphes; néanmoins les Pères de l'Église les ayant cités dès les premiers siècles, il est difficile de croire qu'ils aient été fabriqués depuis la prédication de l'Évangile , et surtout qu'ils ne s'accordent pas avec la doctrine qu'on attribuoit généralement à Hermès. Hic scripsit, dit Lactance, libros , et qu'idem multos , ad cognitionem rerum divinarum pertinentes; in qui bas majestatem summi ac singularis Dei asserit; iisdemque nominibus appellat quibus nos Deum et Patrem. Ac ne quis nomen ejus requireret àvùvupov, id est, sine nomine esse dixit : eo quod nominis proprietate non egeat, ob ipsam scilicet unitatem. Défais. Relig. , lib. I, cap. VI. Vid. et. S. Cyril, contr. Julian , lib. I, pag. 3o ; et Suidas, voc. Éppjç, tom. I, pag. 1042 , édit. Colon. Allobrog., 1619.

(2) On l'honoroit, à Memphis , sous le nom de Phtas, qui, en langue cophte, signifie opifex, artifeœ, constitutor , ordinatbr. Selon Jamblique {De Myst., sect. VIII,

pour rappeler qu'il avoit créé l'univers par sa parole; et ce symbole de la puissance créatrice passa de FEgypte dans l'Inde , où on le retrouve encore aujourd'hui (1). Le Dieu de la tradition, le vrai Dieu, n'étoit donc pas inconnu dans la patrie de toutes les superstitions idolâtriques. Les habitans de la Thébaïde lui rendoient même un culte exclusif; et tandis qu'on levoit dans toutes les autres provinces un tribut pour la nourriture des animaux sacrés , ils en étoient seuls exempts , dit Plutarque, parce qu'ils ne reconnoissoient point d'autre dieu que le Dieu éternel3 qu'ils nomment Kneph (2).

Selon les Egyptiens, dit Jamblique, le pre» mier des dieux a existé seul avant tous les » êtres. Il est la source de toute intelligence et » de tout intelligible. Il est le premier principe

cap. III ) , les Égyptiens Fappeîoient aussi Anton, cm Amoun, l'esprit créateur et formateur du monde.

(1) Hist. des Rit. relig. des Indes, part. VIII, tom. VI, pag. 296.

(a) Cùm autem ad aïenda quae venerantur animalia snmptum sappeditent jEgyptii, soli Thebaidos incolae immunes sunt. Hi enim mortalem deum nullum censent, sed Deum qui Rneph ipsis dicitur, ortus exsortena et immortalem putant. De Isid. et Osirid., Oper., tom. II, pag. 357.

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