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» se suffisant à soi-même, incompréhensible, » le père de toutes les essences (1). »

Quetoit-ce que cette divinité mystérieuse adorée dans le temple de Sais, où on lisoit cette inscription : Je suis tout ce qui a été, âe qui est, et ce qui sera. Nul mortel ne souleva jamais mon voile (2). A quel dieu du paganisme ces paroles peuvent-elles convenir? Ce Dieu qui aètè3 qui esf, et qui sera 3 ce Dieu qui se définit comme le vrai Dieu se définit dans l'Ecriture, est-il autre que ce Dieu lui-même (3)? • . »

A l'entrée du temple de.Delphes on lisoit aussi ce mot'E<, tu es, avec le célèbre.adage: Connois-toi toi-même. Voyons de quelle manière Plutarque explique ces deux inscriptions. « Par » quoy mon advis est que cette escripture ne » signifie ny ..nombre , ny ordre , ny con

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» jonction.;. : ains est une entière salutation » et appellation du Dieu,, laquelle, en pronon» ceant les paroles, induit le lecteur à penser la » .grandeur de la puissance d'iceluy, lequel » semble saluer chascun de nous-, quand nous » entrons , par ces paroles, cognoy-toy-même , » qui ne signifient rien moins que Dieu te » gard; et nous, lui rendant la pareille, res» pondons, E'<, c'est-à-dire, tu es: en lui baila lantla vraie, et nullement fausse appellation et » titre, qui à luy seul appartient, d'estre : car, à le » bien prendre , nous n'avons aucune partici» pation du vrai estre , pour ce que toute hu» maine nature est tousiours au milieu , entre » le naistre et le mourir, ne baillant de soy » qu'une obscure apparence et umbre , et une » incertaine et débile opinion (1). »

Tôt ergo deos , tôt semideos gentium reges ab obitu consecratos fâisse, esseque abortus humant ingenii, conceptos è semine primigeniœ veritatis, sciticet ex historm primorum hominum in sacris pandectis memoratorum : nec atiundè, quàm ex hâc fonte Mgyptiorum. reges deos et semideos ortos esse, et primum Pana fuisse mundi spiritum oinnetn univers! molçm agitantem , cum hoc conjunctos septem planctarum prœsides, hisqae succcssissc duodecim reges, propter bénéficia et artes. inventas, virtutesque deorum choris insertos. Brucker, Histor. critica philqsophiae, lib. II, cap. VII, tom. 1, pag. 254.

(i) Plutarque, au traité : Que signifioitce mot Et. Œuv.

La tradition d'un Dieu unique, tout-puissant, éternel, créateur de l'univers ,• ne se perdit jamais dans la Grèce (1). Il y étoit même adoré, puisque le Dieu inconnu (2) , dont saint Paul aperçut l'autel en entrant dans Athènes , étoit le vrai Dieu , le Dieu ineffable, selon saint Augustin (3). Dieu, disoit Thaïes, est le plus ancien des êtres 3 car il n'a point eu de commencement (i). Hermotime, de Claz^mène, et Anaxagore (2) enseignoient qu'une intelligence divine avoit créé le monde, et en avoit ordonné avec sagesse toutes les parties (3). Héra

moral., tom. III , p. 920. Traduction d'Amiot; édit. de Vascosan.

(1) M. Boivin l'aîné a prouvé, que, dans les premiers temps, les Grecs ont connu et adoré un seul'Dieu éternel, créateur et souverain maître' de l'univers. Voyez les moires de l'académie des Inscriptions , tom. III, p. i, Pronapidès, précepteur d'Homère, donne au Dieu éternel le nom de Daimogargon, comme on le isoit dans un fragment de Theôdontius que Bocace nous a conservé dans sa généalogie des dieux, lib. It cap. III.

(2) PrœterieBS enim , et videns simulachra vestra , inveni etaram , in quâ scriptum erat :Ignoto Deo. Quod ergo ignorantescolitis, hocegoannuntio vobis. ActlXVH,o3.

(3) Numquld dixit, quia extra Ecclesiam colitis, non est Deus ipse quem colitis s" Sed ait, quem vos.-ignorantes colitis, hune ego annuntio vobis. Quid eis prsetare cupiens, nisi ut eumdem deum , quem praeter"Ecclesiam ignoranter atque inutiliter colebant, in Ecclesiâ sapienter et salubriter colerent. Lib. I contr. Crescon. , cap. XXIX. Oper., tom. IX, col. 4o5. —« On voit » que les Athéniens avoient tant de vénération pour ce » Dieu inconnu , que c'est par lui qu'il» juroient dans » les occasions importantes. Nous le voyons dans un dia

» loguè de Lucien, intitulé Phitopatris , dans lequel Cri» tia» jure par le Dieu inconnu des Athéniens , et Triphon » exhorte même les autres a l'adoration de ce Dieu :Pour » nous, dit-il, adorons le Dieu inconnu des Athéniens, que » nous avons découvert; et, élevant les mains au ciel, rendons» lui grâce de nous 'avoir fait dignes d'être assujétis à une » telle puissance. Cela prouve que l'inscription de cet au» tel n'étoit que pour un seul Dieu, et qu'on le croyoit * au-dessus des autres. » L'abbé Anselme , Mém. t'acad. des Inscriptions, tom% VI, p. 3o?. Ed. de ta Haye , 1724. Vid. et. Vatherus in-Miscell., IX , 90. et Heins., inExercit. VIII, ad hune loc. Àct.

(1) npsTêÛTKToii Twv ôwwv, ©EOK, àyévyrirov yàp. Diogen., Laert. in Thalet.

(2) C'est l'âme, disoit—il, c'est l'esprit qili est le principe de-tout; la cause et le Seigneur de l'univers. Diogen. Laërt. in Anaxagor.

(3) Aristot. de générât. , Ub. I. —Voss. de idololat., cap. ■ I. — « On dit qu'Ànaxagore fit observer que les » corps célestes n'étoient pas des dieux; qu'au lieu de •1 gouverner le monde, ils étoient eux-mêmes gouvernés » par l'intelligence qui les avoit formés, et que le soleil » en particulier n'étoit qu'un globe de^feu; que ce mot » pensa le perdre, et qu'il eut besoin pour éviter le der

dite (1) et Archelaûs professoient la même doctrine (3).

« Dieu donne un heureux succès à celui qui » fait le bien : roi et seigneur de toutes cho» ses , et des immortels mêmes , nul ne l'égale » en 'puissance (3). » Ce sont les paroles de

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