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à Brama : « J'étois au commencement ce qui » existe, invisible , suprême; ensuite je suis » celui qui est , et qui dois demeurer ce que je » suis (1).

« Les Indiens , les Arabes, les Tartares , les 2. Persans et les Chinois reconnoissent univeris sellement la puissance suprême d'un Esprit

qui a tout créé et qui conserve tout, qui est » infiniment sage , puissant et bon, et infini» ment au-dessus de la compréhension des créa» tures les plus élevées. Dans aucune langue, ex

cepté l'hébreu, on ne trouve des prières plus pieuses et plus sublimes à l'Etre des êtres ; des expositions plus magnifiques de ses attributs ; de plus belles descriptions de ses @uvres visibles, que dans l'arabe, le

persan » et le sanskrit (2). » Ainsi parle un des plus savans et des plus judicieux orientalistes dont l'Europe se glorifie, le chevalier William Jones.

(1) I cannot refrain from subjoining the four first verses of the Baghavat, and which are believed to have been pronounced by the supreme Being to Brahma; the following version is most scrupulously litteral. « Even I was at first s not any other thing, that which exists, unperceived, » supreme; afterwards I am that which is, and he who » must remain am I. » Sir William Jones, Ibid. (2) Asiat. research., vol. IV, p. 183.

Le Vedam avec ses commentaires ou Pouranams, au nombre de dix-huit, forment les livres sacrés de l'Inde: Toutes les classes peuvent lire les Pouranams (1); ce sont comme des traités de théologie populaire. Le Bagavadam, un de ces traités , contient la doctrine des Indiens sur la Divinité, la beatitude , l'histoire de la création, de la conservation et de la destruction de l'univers, l'origine des dieux subalternes, des hommes , des géans, etc. Il y est dit que «Dieu, » cet Être unique et simple, n'a aucune con» nexion avec la matière (2). Il est exempt, » par sanature, de toutes les vicissitudes hu» maines. Il se connoît lui seul ; il est incom

préhensible à tous les autres. Les docteurs qui » disputent entre eux sur son essence, ne savent » ce qu'ils disent.... Ce Dieu est si grand qu'on » ne sauroit s'en former une juste idée : aussi » est-il appelé l'ineffable, l'infini , l'incompréhen» sible (3), etc... Le véritable sacrifice est celui

de l'esprit et du cæur. Les ignorans adressent » leurs væux aux idoles façonnées par la main » des hommes. Le sage adore Dieu en esprit (4). »

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(1) Pagan. ind., manuscr. de la biblioth. du Roi, part. I. (2) Bagavadam, liv. II, p. 33. (3) Ibid., liv. III, p. 39. (4) Ibid., liv. I.

Dans un autre endroit, l'auteur ne désapprouve pas moins expressément ceux qui ont recours aux dieux étrangers, et adressent leurs prières aux idoles , aux étoiles, aux planètes , à leurs parens morts et aux génies malfaisans (1).

Les Ganigueuls ont en horreur la mythologie populaire. Ils ne reconnoissent point la divinité de Vichnou, de Brama et de Chib, et rejettent le culte des dieux subalternes. Ils ont conservé avec soin la tradition de l'unité de Dieu, qui semble leur avoir été transmise par les Samanéens (2). « L'Etre des êtres , disent-ils', est le

seul Dieu éternel , immense, présent en tous » lieux, quin’a ni fin, ni commencement, et qui » contient toutes choses... Il n'y a point d'autre » Dieu que lui. Il est seul seigneur de toutes » choses , et il le sera pendant toute l'éternité (3). » Dieu, qui nous a mis dans ce monde, fait son

séjour dans le ciel. Il nous a sans cesse dans

(1) L'Ezour Vedam ; Discours prélim., par M. de Sainte-Croix, tom. I, P.

128. (2) Ibid., p. 142. — De Guignes, Mém. de l'acad. des Inscriptions , tom. LXV, p. 558 et suiv.

(3) Extrait du livre intitulé : Tchira Vaikkium', dans l'Histoir. du christ. des Indes, tom. II, p. 267.

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sa pensée (1), et nous ne derons aimer que lui » seul (2).

L'auteur de l'Ezour-Vedam enseigne également l'unité de Dieu, qui a tout créé, et qui existoit seul avant tous les temps (3). Eternel, immuable, il est la pureté même. Il est le roi des rois, le seigneur des seigneurs, le maître du monde, le père des hommes, et n'a ni maître, ni égal, nipère, ni naissance. Seulil possède toutes les perfections, seul il mérite notre amour et nos hommages, et quoiqueinvisible de sa nature, tout publie sa puissance et sa grandeur (4). On doit avoir une heure marquée pour lui offrir le sacrifice (5). Le plus grand de tous les crimes est de regarder comme Dieu et de rendre les honneurs divins à tout autre qu'à lui. Présumer de ses miséricordes, et commettre le mal dans l'espérance qu'il se montrera toujours facile à nous pardonner, est un péché qu'il pardonne rarement. Après Dieu, rien ne doit être plus respec

(1) Ibid., p. 259.
(2) Extrait du Guana V umpa, Ibid., p.

266. (3) L'Ezour-Vedam , liv. I, chap. III, tom. I, p. 188 et 189.

(4) Ibid., liv. III, chap. VI, tom. I, p. 323-1-327. (5) Ibid., liv. IV, chap. III, tom. II, p. 26.

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table et plus sacré pour nous que notre père et notre mère (1).

« Adoration à celui qui est l'Etre-Suprême , l'éternel, créateur de toutes choses ! C'est vous

qui donnez la mort et la vie. Vous seul pouvez » faire notre bonheur. Vous êtes l'être souverai» nement heureux , et heureux par vous-même. » Vous posséder, c'est posséder le comble de tous » les biens. On n'est heureux que par vous, on ne » l'est que dans vous, et l'homme ne possédera

jamais de vraie félicité, qu'il n'ait le bonheur » de jouir de vous. Vous êtes la vie et le soutien » de toutes choses, sans que vous ayez

besoin » vous-même d'être soutenu par rien. On ne » vit jamais dans vous ni changement, ni mé

lange. C'est vous qui faites naître dans notre » âme les sentimens de piété et de vertu ; c'est » vous qui les entretenez , vous qui les récom

pensez. Vous êtes infiniment au-dessus de » tout. Vous êtes le vrai et le seul maître. Vous » pouvez seul remplir nos væux, et rassasier nos

désirs. Vous êtes le sauveur et le père du

monde. Vous voyez tout, vous connoissez tout, » vous gouvernez tout. Vous êtes, notre refuge » et notre unique bien (2). »

»

(1) Ibid., p. 28 et 29. (2) L'Ezour-Vedam , liv. VI, chap. I, tom. II, p.84-86.

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