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La pureté du cour et l'amour de Dicu sont les fruits de cette prière. Les biens de la terre et ceux du ciel sont entre les mains de Dieu. Pour les obtenir, il n'est pas de moyen plus efficace que de l'invoquer et de les lui demander (1).

Si l'on ne peut pas multiplierses prières autant qu’on le voudroit, il n'importe, pourvu que

l'on consacre à Dieu tout son amour, et que

l'on mette en lui toute sa confiance. C'est le vrai culte que nous lui devons , et la vraie vertu. Dieu est mieux honoré par l'hommage que lui rend un cæur qui se dévoue à lui, que par tous les présens, toutes les ouvres extérieures , et toutes les pénitences qu'on pourroit pratiquer (2).

« Le premier degré de la perfection est de croire » sans aucun doute tout ce qu'on doit croire, de » chercher à plaire à Dieu , non aux hommes , » et à faire son salut. Le second est de renoncer » à tout, et de voir toutes choses sans s'en » laisser éblouir, ni y attacher son cæur. Le » troisième est de se conserver dans une par» faite indifférence pour toutes choses , et d'ém » touffer jusqu'aux premiers désirs. Lequatrième » est de servir Dieu pour lui-même. Pour at

(1) Ibid., p. 86 et 87.
(2) Ibid., ch. II, p. 88.

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»

» teindre à cette perfection, on n'a donc pas

besoin des eaux sacrées, ni des pénitences outrées, ni des prières faites à de fausse di

vinités, ni de vaines pratiques... Le Dieu » que je te propose d'adorer est dans le fonds

de nos cæurs , pénètre nos plus intimes pensées, et sait compatir à nos foiblesses et à nos infirmités. Ce ne sont point les dieux de bois et de pierre que tu adores sous la figure

d'hommes mortels... Leur offrir son encens » et son culte, ce n'est pas seulement perdre sa

peine, mais c'est le plus grand de tous les » crimes (1). ».

Cette doctrine, conforme à celle des Samanéens et des anciens disciples de Budda (2), paroît avoir dans l'Inde un assez grand nombre de sectateurs (3). Les Tibetains reconnoissent aussi

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(1) Ibid., p. 89-91.

(2) Voyez l’Extrait de l'Anbertkend, publié par M. de Guignes. Mém. de l'acad. des Inscrip., tom. XXVII, p. 391; et la traduction de l'ouvrage attribué à Fo, ou Budda. Hist. des Huns, tom. II, p. 227 et suiv.

(3) « Il n'y a point sur la terre de lieu comparable au » Zomboudipo (ou à l'Inde), et il n'y en aura jamais. Un » y voit un nombre de pénitens et d'âmes vertueuses , » qui , malgré la corruption générale, n'offrent leur en» cens qu'au vrai Dieu. » L’Ezour - V edam , liv. I, chap. III, tom. I, p. 194.

un Dieu unique et suprême (1). Ils ont une prière célèbre , et qu'ils répètent sans cesse (2): en voici quelques passages. « Dieu existant par lui» même, a tout créé. Il y a aussi une infinité

d'esprits. Tous les supplices sortent du péché, » et la vertu produit tous les biens. Dieu exis» tant par lui-même, punira les méchans sans » miséricorde , et récompensera les bons. (3) »

On trouve partout la même croyance , partout on entend le même langage. « La religion

de la Chine, dit le P. Premare, est toute ren» fermée dans les King. On y trouve, quant à la » doctrine fondamentale, les principes de la loi » naturelle, que les anciens Chinois avoient re» çus des enfans de Noé. Ils enseignent à con» noître et à révérer un Être souverain. L'Empe

(1) La Trinité paroît même ne pas leur être inconnue. « Sumcik-Trubpa-Jotè, id est , tres unum in essentiâ, vul» gatissimum est Tibetanorum effatum. ) Alphabet. Tibetan., tom. I, Præfat., p. XXVIII.

(2) C'est la prière II om-Mane-Peme-Hum. « Tanquam » tessera et cardo religionis Xacaïcæ spectatur à Tibetao nis, » dit Georgi. Alph. Tibet., tom. I, p. 524.

(5) Omnia cxistens sese ipso Deus creatione in ( fecit). Undiqué infiniti sunt spiritus etiam. Supplicia omnia ex peccato prodeunt; felicitates omnes à virtutis actione, proficiscuntur. ... Existens sese ipso Deus misericordiâ magnâ absque eveniet ut sit ; aliis pænas adjiciens , aliis bona largiens. Ibid., p. 500 et 502.

» reur y est tout ensemble et roi et pontife , is comme étoient les Patriarches avant la loi » écrite; c'est à l'Empereur qu'il appartient d'of» frir le sacrifice pour son peuple en un certain » temps de l'année : c'est à l'Empereur d'établir » les cérémonies et de juger de la doctrine. Il n'y »'a proprement que cette religion qu'on puisse

appeler Ju-Kiao, la religion de la Chine : toutes » les autres sectes répandues dans l'empire sont

regardées comme étrangères , fausses et pernicieuses, et elles n'y sont que tolérées (1).

» Aussi voyons-nous d'abord les Chinois ado» rer l'Etre-Suprême sous les noms de Chang-Ty,

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(1) Lettres édif., tom. XXI, p. 177. Edit. de Toulouse, 1811. Voyez, dans le même vol., p. 139, l'Instruction par laquelle l'empereur déclare quel est l'objet de son culte. Il rejette comme une erreur ridicule le culte des esprits appelés Quei-chin. « Quand on vous dit de prier » et d'invoquer les esprits, que prétend-on ? C'est tout » au plus d'emprunter leur entremise , pour représenter v au Tien la sincérité de notre respect et la ferreur de nos » désirs. » Ce inot Tien, qui signifie Ciel, est pris indifféremment, dit M. de Guignes fils (Voyage à Peking, etc., tom. I, p. 350, not.), pour l'Être suprême et pour le ciel visible. Afin d'oter l'équivoque, le Saint-Siége a trèssagement décidé qu'on emploieroit le mot Tien-tchu, ou Seigneur du ciel. Du reste, il n'est pas douteux que l'empereur n'attachất ce dernier sens au mot Tien; car il le dit sormellement dans une instruction qu'il adresse à un

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» de Hoang-Tien (1) et de Tien, et lui offrir des » sacrifices sur les hauteurs et dans les temples... » La morale se réduisoit alors aux deux vertus

appelées Gin et Y : la première exprimoit la » vertù envers Dieu et les parens , ou la bonté » envers les hommes ; et la seconde signifioit l'é

quité et la justice (2). »

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en

tribunal chargé dejuger des chrétiens. Let. édif., tom. XX, p. 126. Dieu est appelé dans Daniel, chap. IV, v. 23, les Cieux puissans ou souverains x720 990, Cæli dominantes. Cette métonymie est de toutes les langues. Il у a de nombreux exemples dans les auteurs juifs et païens. Voyez Lampius, Commentar, in Johan , tom. I, p. 561. Wolffius , in Curis Crit. ad. Matth., XXI, 25; et Vin. Schlichterus in Decimis, p. 58.

(1) Chang-Ty veut dire souverain Seigneur; Hoang-Tien, souverain Ciel. Sur le frontispice d'une des salles du temple du ciel, à Peking, on lit ces deux mots chinois et tartares , Kien, Apkai-han : le mot Kien veut simplement dire en chinois le ciel ; mais il est clairement expliqué par le mot tartare , Apkai-han ou Aan- A pka-i, le Maitre du ciel. Il n'y a donc plus de doute sur la signification des mots Kien et Tien, qui sont les mêmes et qui veulent dire le ciel. M. de Guignes fils, Voyages à Peking, Manille, etc.., tom. 1, p. 350. - Vid. et. l’Invariable milieu , etc., not., p. 150, 152. Le Chouking de Gaubil. - Mém. concernant les Chinois, tom. II. Brevis relatio eorum quæ spectant ad declarationem Sinaruin imperatoris Kamhi, etc. Pekini, 1701.

-(2) De Guignes, Voyage à Peking, etc., tome 1, p. 550.

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