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Les Chinois disent aussi de l'Etre-Suprême qu'il est T seë-yeou, l'Etre existant par lui-même; Tou-yeou, l’Etre toui être; qu'il est un, simple, immuable, bon, miséricordieux, puissant, juste et sage ; qu'il a tout fait, qu'il a soin de tout, qu'il voit tout, qu'il punit et récompense tout; qu'il est un pur esprit, la vérité, la vie ; qu'il est roi , seigneur, père. » Il n'y a aucun de ces divins attri» buts qu'on ne voie clairement marqué dans les » anciens livres de la Chine appelés King (1).

On ne doit pas s'imaginer que cette doctrine soit rejetée, ou ignorée par les idolâtres. Partout le paganisme allie la croyance d'un Dieu suprême, avec le culte des esprits ou des divinités subalternes. Il paroît même que des sectes livrées aujourd'hui à ce culte impie , n'adoroient originairement qu'un seul Dieu. M. de Guignes adonné des extraits d'un ouvrage très-ancien (2), attribué à Lao-tse, et qui renferme toute la doctrine de l'école de Tao. «Le Tao est la seule di» vinité dont il y soit fait mention. Lao-tse dit

(1) Lett. édif., tom. XXI, p. 179 et 180.

(2) Le style de cet ouvrage sent tellement l'antiquité, dit le P. Premare, que Se-ma-Kouang, historien célèbre à la Chine, le préfère aux King pour la précision. Il n'y a rien, dit cet écrivain, dans les cinq King, qui ressemble à la brièveté de Lao-tse.

» que le Tao n'a point de nom , qu'on ne peut » le connoître ; qu'il est le principe du ciel et » de la terre, la mère de tous les êtres; qu'il est incompréhensible et très-intelligent (1).

Dans un autre ouvrage intitulé Tsing-tsingKing , ou le Livre de la parfaite pureté , Lao-tse parle ainsi des perfections du Tao : » Le grand

Tao n'a point de corps, il a produit et il entre» tient le ciel et la terre. Le grand Tao n'a point » de mouvement, et c'est lui cependant qui fait

marcher le soleil et la lune. Le grand Tao n'a

point de nom, et c'est lui qui fait croître et qui » nourrit toutes choses. J'ignore son véritable » nom. Le vrai sectateur du Tao doit s'attacher à

acquérir toutes ses perfections: ce n'est que par » là qu'il peut devenir un Chin ou un génie (2).»

Ces divers témoignages ne laissent aucun doute sur la croyance des Chinois ; mais nous en avons encore un'monument plus remarquable, en ce qu'il nous fait connoître avec une

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)

p. 24.

un,

(1) Essai historique sur l'étude de la philosophie chez les Chinois. Mémoire de l'acad. des Inscript. , tom. LXXI, Ailleurs (parag. 42), Lao-tse dit que

Tao a

produit qu'un a produit deux, que deux ont produit trois, et que ces trois ont produit toutes choses. Seroit-ce le Trimurti des Hindoux , lequel renfermoit trois personnes qui ne formoient qu'une seule divinité ?

(2) Ibid., p. 29.

pleine certitude la doctrine publique, et pour ainsi dire légale , du gouvernement de la Chine, si respecté par tous ses sujets.

Plusieurs princes de la famille impériale ,ayant embrassé le christianisme , furent déférés aux tribunaux, et l'Empereur, dans une instruction que

le P. Parennin nous a conservée, prescrivit lui-même aux juges la manière de procéder dans cette affaire importante, et jusqu'aux discours qu'ils devoient adresser aux nouveaux chrétiens, pour essayer de les ramener à la religion des Mant-cheoux. Les juges rendant compte à l’Empereur de l'exécution de ses ordres, dans un écrit authentique qui ressemble aux actes des premiers martyrs, s'expriment en ces termes :

Nous, vos sujets, nous nous sommes transportés dans la prison d'Ourtchen (un des princes » chrétiens ), et nous lui avons dit : Le Sei» gneur du ciel, et le ciel c'est la même chose;

il n'y a point de nation sur la terre qui n'honore » le ciel : les Mant-cheoux ont dans leur maison » le Tiao-chin pour l'honorer (1). Vous qui êtes

Mant-cheou, vous suivez la loi des Européens, » et vous vous êtes, dites-vous , senti portés à > l'embrasser, à cause des dix commandemens

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(1) Le Tiao-Chin est une céréinonie qui n'a rien de fixe ni d'arrêté : chaque famille la fait à sa manière.

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quelle propose , et qui sont autant d'articles » de cette loi; apprenez-nous ce qu'ils pres» crivent.

» Ourtchen a répondu : Le premier nous or» donned'honorer et d'aimer le Seigneur du ciel; » le second défend de jurer par le nom du Sei» gneur du ciel; le troisième veut qu'on sanctifie » les jours de fête en récitant les prières , et en » faisant les cérémonies pour honorerle Seigneur » du ciel; le quatrième commande d'honorer le

roi, les pères et mères, les anciens, les grands » et tous ceux qui ont autorité sur nous; le cin

quième défend l'homicide et même la pensée de » nuire aux autres; le sixième oblige à être chaste

et modeste, et défend jusqu'aux pensées et aux » affections contraires à la pureté ; le septième » défend de ravir le bien d'autrui, et la pensée » même de l'usurper injustement ; le huitième » défend le mensonge, la médisance, les injures; » le neuvième et le dixième défendent de désirer » la femme d'autrui. Tels sont les articles de la » loi à laquelle j'obéis. Je ne puis changer.

» Nous avons dit : Ces dix commandemens se » trouvent dans tous nos livres , et il n'est per» sonne qui ne les observe, ou si quelqu'un les » transgresse, on le punit de la manière que la

loi le prescrit (1). »
(1) Lettres. édif., tom. XX, p. 129 et 130.

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Qu'y a-t-il de plus formel et de plus clair que ce témoignage? .

Dans les royu..mes d’Ava , du Pégu (1), de Laos (2), de Siam (3) et de Camboje (4), dans la Corée (5), au Tonquin (6), à la Cochinchine (7), au Japon (8) à

(1) Cérémon. relig., tom. VI, p. 352. Voyages des Hollandais, tom. V, pag. 83.

(2) Hist. des relig, du monde, par Jovet, tom. V.

(3) Le P. Tachard, Voyage de Siam, tom. V. - Hist. natur. et politique du royaume de Siam, par Gervaise.

(4) Cérémon. relig. , tom. VI, p. 420.
(5) Hist. génér. des Voyages, tom. XXIV, p. 152.

(6) « Il ne paroît pas que les Tonquinois aient jamais » adoré le soleil, la lune ni les étoiles : le peuple seule» ment semble rendre quelque culte au ciel dans ses sacri

fices particuliers ; il fait des révérences vers les quatre

points principaux du ciel ou du globe : les dévots, sur» tout les mandarins, jurent à chaque moment par le » ciel ; ils semblent le regarder comme le souverain juge, » dont les décrets sont irrévocables ou absolus ; ils le ré» clament dans leurs peines et dans les injustices qu'ils » éprouvent. Partout on trouve établie l'idée d'un Dieu » suprême, vengeur du crime, et rémunérateur de la » vertu. » Voyage au Tonqutn , tom. I, p. 207. Paris , 1988. — Voyage de Dampier, tom. VI, p. 68.

6) Voyages de Mendoz Pinto; chap. XLVIII, p. 213.

(8) Alphab. tibetan, tom. I, p. 149. -- Il existe an Japon un pèlerinage célèbre dans la province d'Isie. Les prêtres donnent aux pèlerins, en signe d'absolution, une

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