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Depuis Jésus-Christ, quelle autorité oseroiton comparer à celle de l'Église catholique, héritière de toutes les traditions primordiales, de la première révélation et de la révélation mosaïque , de toutes les vérités anciennement connues dont sa doctrine n'est que le développement, et qui, remontant ainsi à l'origine du monde, nous offre dans son autorité toutes les autorités,réunies (1)? Frappé de ce caractère éclatant qui lui est propre, Rousseau lui-même n'a pu s'em

(1) Si notre esprit, naturellement incertain, dit Bossuet, et devenu par ses incertitudes le jouet de ses propres raisonnemens, a besoin dans les questions où il y va du salut d'être fixé et déterminé par quelque autorité certaine , quelle plus grande autorité que celle de l'Église catholique , qui réunit en eJIe-mêm« toute l'autorité des siècles passes et les anciennes traditions du genre humain

jusqu'à sa première origine ?Si Dieu a créé le genre

humain, si, le créant à son image , il n'a jamais dédaigné de lui enseigner ie moyen de le servir et de lui plaire, toute secte qui ne montre pas sa succession depuis l'origine du monde n'est pas de Dieu. Ici tombent aux pieds de l'Eglise toutes les sociétés et toutes les sectes que les hommes ont établies au dedans ou au dehors du christianisme Ainsi quatre ou cinq faits authentiques et plus

clairs que la lumière du soleil, font voir notre religior, aussi ancienne que le monde. Ils montrent par conséquent qu'elle n'a point d'autre auteurque celui qui a fondé l'uni

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pêcher de lui rendre hommage. « Qu'on me , prouve aujourd'hui, dit-il , qu'en matière de » foi, je suis obligé de me soumettre aux dé,, cisions de quelqu'un ,. dès demain je me fais » catholique , et tout homme conséquent et » vrai fera comme moi (1). »

L'Église catholique, seule société religieuse constituée, est aussi la seule qui lie le présent au passé sur lequel elle s'appuie, la seule qui ait succédé et n'ait point commencé, la seule qui n'ait jamais varié, la seule qui ait un symbole, ou qui exerce le droit de commandement sur les esprits , la seule qui promette la certitude , puisqu'elle seule réclame l'infaillibilité. Quepourriezvous demander de plus? La voilà, oui la voilà , l'autorité que nous cherchons; un enfant la reconnoîtroit; il ne fiut qu'ouvrir les yeux, pour l'apercevoir ; elle brille comme le soleil au milieu de l'univers. Et quelle autre autorité essaieroit-on de lui opposer? Seroit-ce l'autorité du genre humain attestant les vérités révélées originairement ?mais l'Église enseigne toutes ces vérités , elle les a reçues de la tradition , et cette tradition lui appartient avec toutes ses preuves, a^ec l'autorité qui en est le fondement, et qui est devenue une partie delà sienne. Seroit-ce l'autorité des religions idolâtriques? mais elles ne s'en attribuent ellesmêmes aucune, puisqu'elles n'ont ni symbole, ni loi morale qui-leur soit propre, ni même aucun enseignement. Seroit-ce l'autorité du mahométisme ? mais le mahométisme n'est qu'une hérésie , une branche détachée du christianisme (1), une secte entièrement semblable à

vers qui, tenant tout en sa main, a pu seul et commencer et conduire un dessein où tous les siècles sont compris.

H ne faut donc plus s'étonner, comme on fait ordinairement , de ce' que Dieu nous propose- à croire tant de choses si dignes de lui, et tout ensemble si impénétrables à l'esprit humain. Mais plutôt il faut s'étonner de ce qu'ayant établi la foi sur une autorité si ferme et si manifeste , il reste encore dans le monde des aveugles et des

incrédules.

Nos passions désordonnées , notre attachement a nos sens et notre orgueil indomptable en sont .la cause. Nous aimons mieux tout risquer que de nous contraindre; nous aimons mieux croupir dans notre ignorance que de l'avouer ; nous aimons mieux satisfaire une vaine curiosité et nourrir dans notre esprit indocile la liberté de penser tout ce qu'il nous plaît, que de ployer sous le joug de l'autorité divine; De là vient qu'il y a tant d'incred»lcs, et Dieu le permet ainsi pour l'instruction de ses enfans. Disc, sur l'hist. univ., II' part., chap. XIII.

(i) Lettres écrites delà Montagne, pag. 55. Paris, 1783.

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(1) C'est ce qu'ont fort bien vu Leibnitz, William Jones, Nicole, Jurieu, et plusieurs autres théologiens, tant catholiques que protestant.

cellesdesprotestans ( 1 ), où jamais l'on n'a pu s'accorder sur la doctrine, où chacun croit ce qu'il veut, et rien que ce qu'il veut, précisément parce qu'il n'y existe aucune autorité : et il en est ainsi de toutes les prétendues églises qui se sont séparées de l'Église catholique. Hors d'elle on ne trouve donc qu'absence d'autorité , absence de loi, absence de religion; on ne trouve, en un mot, que la raison individuelle et ses opinions, ses contradictions, ses erreurs : tant Dieu a voulu que la vérité fût manifeste à tous les regards dans l'unique société qui en conserve le dépôt.

Ces considérations, aussi simples que décisives , suffiroient pour les âmes droites; mais , dans ce siècle disputeur et nourri de sophismesj de plus longs développemens sont nécessaires : il faut, pour ainsi dire, éclairer sur tous les points cette grande et imposante autorité que les passions s'efforcent d'obscurcir; il faut ôter toute excuse à ceux qui la méconnoissent, et forcer du moins l'orgueil à avouer hautement sa révolte, et à prononcer devant Dieu même et sous sa puissante main cette parole qui renferme toutes les erreurs et tous les crimes : Je n'obéirai point; non serviam (2)!

(1) Excepté dans ses rapports avec l'ordre politique.

(2) Jerem , II, ao.

Nous avons dit que la religion étoit l'ensemble des rapports qui dérivent de la nature de Dieu et de celje de l'homme; et en effet les attributs essentiels de l'Etre divin sont en même temps les caractères propres de la vraie religion et les marques distinctives*de la société qui la professe; en sorte que cette société et la religion dont elle est dépositaire portent en elles-mêmes le signe certain et à jamais ineffaçable de leur céleste origine.

Ainsi Dieu est un, infini, éternel, saint (1): et la religion, comme l'Église, est une, universelle , perpétuelle , sainte ou manifestement divine.

Toute religion qui ne posséderoit pas ces caractères seroit nécessairement fausse, comme tout être qui ne seroit pas un, infini, éternel, saint, nécessairement ne seroit pas Dieu.

Quoiqu'il y ait peu de choses aussi évidentes par elles-mêmes que ces propositions», et quoique nous devions bientôt les appuyer sur des preuves de fait, il nous paroît convenable de montrer encore avec quelle clarté elles se déduSent de ce que nous avons établi précédemment.

La vérité est une : Dieu n'a pu révéler aux

(î)Sanctus sum egoDominus. Lnit., XX, 26.

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