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hommes des dogmes contraires ni leur donner des lois opposées ; d'ailleurs sa nature étant invariable ainsi que la nature de l'homme, les rapports qui en dérivent sont également invariables : donc, la religion révélée, la vraie religion , est une comme la vérité, une comme Dieu même.

Les rapports naturels qui existent entre Dieu et l'homme, et les devoirs qui en résultent, étant les mêmes dans tous les lieux et dans tous les temps, ont dû aussi être connus dans tous les temps et dans tous les lieux, autant qu'il étoit nécessaire pour que l'homme pût vivre de la vie morale et intellectuelle ; autrement Dieu auroit refusé à quelques-unes de ses créatures le moyen de se sauver et de le glorifier. Donc la vraie religion est universelle.

Les lois de notre nature intelligente ayant nécessairement commencé avec elle, et devant durer autant qu'elle, ne peuvent pas avoir un seul moment cessé d'exister et d'être connues depuis la création de l'homme : donc la vraie religion est perpétuelle.

Enfin la vraie religion est sainte ou divine, puisqu'elle n'est que la manifestation de Dieu même et l'expression de ses volontés.

Tels sont les caractères essentiels de la véritable religion : ils appartiennent tous au chris

tianisme, et n'appartiennent qu'à lui; et, quand nous parlons du christianisme, on ne doit pas arrêter son esprit aux temps écoulés depuis l'incarnation du Verbe divin , mais il faut embrasser la suite entière de la religion, avant aussi bien qu'après Jésus-Christ. Venu ou à venir, il fut toujours le fondement de la vraie foi, l'unique médiateur, le chef suprême de la société spirituelle des justes, et jamais les hommes n'ont été sauvés qu'en vue de ses mérites infinis , et par la vertu de son sang.

Ainsi le christianisme a commencé avec le monde : se développant, selon les promesses , sans jamais changer au fond , sans jamais varier, il a demeuré dans ses divers états, et demeurera perpétuellement le même, perpétuellement un, comme en croissant l'homme demeure identiquement le même homme; et le développement de la vérité dans notre raison, depuis la première enfance jusqu'à l'âge de la pleine maturité, représente le développement de cette même vérité dans le genre humain (1).

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(1) C'est l'image dont se sert l'apôtre saint Paul, dans son Épître aux Éphésiens. Et ipse dedit quosdam quidem apostolos, quosdam autem prophetas , alios vero evangelistas , alios autem pustores et doctores : ad consummationem sanctorum , in opus ministerii, in ædificationem corporis

Sous différentes formes extérieures le christianisme a donc existé toujours, et toujours il y a eu sur la terre une société enseignant et proclamant la loi à laquelle les hommes devoient obéir. « Ne croyez pas, dit un ancien Père, » que le céleste époux n'ait eu une épouse, » que Jésus-Christ n'ait eu une église que depuis

qu'il a pris ici-bas notre nature, mais depuis

l'origine du monde. Aussi saint Paul nous » dit-il que l'Eglise a pour fondemens, non

seulement les apôtres, mais encore les prophètes et les patriarches; et, parmi les prophètes, il compte Adam lui-même qui a

prophétisé le grand mystère de Jésus-Christ et , de son Église (1). ,

Qui ne seroit frappé de ce merveilleux et magnifique accord ? Qui n'admireroit cette religion à jamais immuable qui a vu s'écouler toutes les générations humaines, et dans laquelle les peuples, civisīsés ou barbares, ont puisé tout ce qu'ils possédoient de vérités? Qui n'écouteroit dans le silence de l'étonnement et de l'a

Christi : doncc occurramus omnes in unitatem fidei , et agnitionis filii Dei, in virum perfectum , in mensuram ætatis plenitudinis Christi: ut jam nos simus parvuli fluctuantes, etc. Ep. ad Eph., cap. IV, 1-14.

(1) Origen., Cant. cant., lib. 2; ride etiam, Clem. Alex. Strom., lib. 7.

mour la voix d'Adam prophétisant aux races futures Jésus-Christ le réparateur de son crime, et la voix de Jésus-Christ pénétrant à la fois dans le passé et dans l'avenir pour annoncer le pardon promis et désormais irrévocablement accordé ? Qui , sous le poids de la faute qui a brisé notre nature , oseroit repousser ce grand pardon; qui oseroit dire : Je n'en ai pas besoin, je me sauverai moi-même (1) ? Qui voudroit se séparer d'une société aussi ancienne

que

le temps, aussi étendue que l'univers, aussi forte. que la vérité, aussi sainte que Dieu même? Qui refuseroit d'appartenir à cette Église, perpétuelle dépositaire des espérances du genre humain , et qui , en passant à travers les siècles , recueille les élus et les conduit dans l'éternité qui est son partage? Il faut se décider ; quiconque s'obstine à ne pas la reconnoître pour mère n'aura point de part à l'héritage de ses enfans. Est-il possible que l'on hésite ? Le charme de l'independance est-il si puissant, ou l'ivresse des plaisirs si douce, qu'on y sacrifie le bonheur même, et

(1) Il n'y a point d'homme, il n'y en eut jamais qui , croyant à une autre vie, et s'occupant de son salut, n'ait prie Dieu de le sauver, et qui, par conséquent, n'ait reconnu la nécessité d'un secours divin , et l'impuissance ou est l'homme de se sauver lui-même,

un bonheur sans mesure comme sans fin ? Quel aveuglement incompréhensible ! Vous que l'orgucil domine encore, vous que les passions courbent vers la terre , faites un effort, levez la tête , jetez sur le ciel un dernier regard , et puis demandez à votre cæur s'il consent à y renoncer pour jamais !

Avant d'entrer dans le détail des preuves qui démontrent que le christianisme reposa toujours sur la plus grande autorité visible , et que les caractères essentiels de la vraie religion lui ont constamment appartenu , il nous paroît convenable de faire voir que les autres religions, dépourvues de ces caractères, n'ont jamais possédé d'autorité réelle, et qu'ainsi on a toujours pu en reconnoître aisément la fausseté.

Si on excepte le mahométisme , dont nous parlerons à l'article des sectes chrétiennes , toutes les fausses religions n'ont été et ne sont encore que des cultes idolâtriques fondés sur des croyances vraies, mais que les passions ont plus ou moins corrompues. C'est ce que nous montrerons après avoir présenté, sur le peuple juif, des réflexions nécessaires pour prévenir plusieurs objections, et qui d'ailleurs nous semblent propres à éclaircir l'important sujet que nous aurons ensuite à traiter.

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