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» toi donc aujourd'hui une loi inviolable de ne » t'attacher qu'à lui. La vie est de peu de durée: » malheur à celui qui n'en profite pas pour pra» tiquer la vertu, qui est le seul bien qui nous » survive, et le seul dont nous pourrons jouir. » La mort est assurée , personne n'en doute, » mais personne ne sait le moment auquel il » doit mourir. Ce qu'il y a decertain, c'est qu'elle » nous frappera indifféremment dans quelque » état qu'elle nous trouve, soit de péché, soit de » vertu (1).»

Nous pourrions alléguer beaucoup d'autres passages semblables (2) , mais nous croyons avoir suffisamment prouvé l'universalité de la tradition, qui ordonne de rendre à la Divinité un culte saint.

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L'immortalité de l'âme, dogme capital dont personne, dit Celse, nedoit se départir ( i ), fut aussi toujours une croyance universelle du genre humain, de l'aveu même des plus ardens ennemis du christianisme. Voltaire (2) et Bolingbroke.en conviennent expressément. Selon ce dernier, « la doctrine de l'immortalité de l'âme et d'un » état futur de récompenses et de châtimens pa» roît Se perdre dans les ténèbres de l'antiquité: » elle précède tout ce que nous savons de cer» tain. Dès que nous commençons à débrouil» 1er lé chaos de l'histoire ancienne, nous trou» vons cette croyance établie de la manière la » plus solide dans l'esprit des premières nations » que nous connoissions (3) »

L'idolâtrie elle-même est fondée eh grande partie sur ce dogme. Comment auroit-on partout rendu un culte à certains hommes , si l'on avoit cru que l'homme tout entier périssoit à la mort? La métempsycose, la nécromancie et mille autres superstitions pareilles, supposent également la croyance de l'immortalité de l'âme.

(1) Origen. coutr. Cel9., Mb. VIII, n. 49

(2) Voyez les lettres de quelques juifs portugais, etc., tom. II, p. 73. Paris, 1817 , in-12.

(3) Bolingbroke's Works, vol. 5, p. 33?, in~4c.

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C'étoit la doctrine des Egyptiens (1), des Chaldéens (2) , des Perses (3) , des In

(1) Herodot., lib. II, c. 12a. «Leur croyance, qui » n'a jamais été incertaine ni équivoque sur l'immortalité » de l'âme , est nécessairement liée avec l'idée d'une >» cause intelligente qui agit dans l'univers : ils pensoient » que nos âmes venoient de Dieu, et qu'elles re tournoient » à Dieu. » L'abbé Le Ratteux, Mém. del'acad. des Inscriptions , tom. XLVl, p. 3o5.

(2) De là ce précepte souvent répété dans les oracles cbaldaïques: « Hâtez-vous de vous acheminer vers la' » splendeur et les rayons du Père , de qui vous avez reçu » une âme pénétrée de la splendeur divine ; car il a placé » l'intelligence dans cette âme , et les a enfermées l'une » et l'autre dans votre corps. » Orac. chald., cap. X.

(3) Pausan. in Messenac. , cap. XXXII. — «Tous les » anciens peuples ont reconnu l'immortalité de l'âme, » non en vertu de raisonnemens philosophiques, mais » guidés par le sentiment interne et par la tradition gé» nérale , qui n'avoit point encore reçu d'atteinte. On ne » s'avise point de prouver ce que personne ne révoque en » doute. Ainsi ce n'est point un grand mérite aux Perses » d'avoir fidèlement conservé ce dogme de la religion » primitive. » L'abbé Foucher, Mém. de l'acad. des Inscriptions , tom. XLXIV, p. 396, Plusieurs savans ont cru trouver dans Plutarque (Delsid. et Osirid., p. 370), dans Eudémus le Rhodiea et dnns Théopompe, cités par Diogcne Laërce ( inProœm., IX, 9 ) la preuve que les Perses connoissoieiit le dogme de la résurrection universelle. Il est cru par les Parsis et clairement enseigné dans les livres Zends. Vid. Mém. de l'académ. des Inscript. 3 ■")64 ESSAI 9CH l.'l.N'JMFFÉREiW'.K

diens (1), des Chinois (2), des Japonais (3), des Grecs (4), des Romains (!>), des habitans de la

tom. LXI, p. 339 etsuiv. D'autres savans attribuent la même doctrine auxGaulois, et on l'a retrouvée chez les Péruviens. Carli, Let. amer., tom. I, p. 110. «La croyance de la résur» rection , dit Voltaire , est beaucoup plus ancienne que les » temps historiques. » Dictionn. philos., art. Résurrection. (i)Strab., lib. XV.

(2) Lettres édifiantes, tom. XX et XXI. Le culte des ancêtres est universel à la Chine. On suppose que leurs âmes résident dans des tablettes que chaque famille conserve avec soin, et devant lesquelles on brCde des morceaux de papier doré. Le même usage existe à laCochinchine et au Tonquin.

(3) Tunquinenses, Formosenses, etJaponenses... peccatis et rectè factis, suas post mortem pœnas, suam remunerationem in Tartaro, vel in cœlo tribui fassi sunt, et à ilaemonibus infligi supplicia. Alnetan. queest., lib. Il, cap. XXIV, pag. 3oa.

(4) Le docteur Warburton observe que les anciens poêles grecs, qui parlent des mœurs de leur nation et des autres peuples, représentent la doctrine de l'immortalité de. l'âme comme une croyance reçue partout. Divin, légat, of Moses, vol. Il, lib. II, § i, p. 90. —Tim. Locr. de anirn. mundi, fin. vers. Thaïes, ap. Diogen. Laert. in Proœm. , g 9. —Aristot. ap. Ptutarch. de plac. Phitos., lib. V , cap. XXV. Id. Oper.,. tom. Il, p. 612. — Toute âme, dit Platon, est immortelle, rcâo-a tyv/h àSàv&oç. Derepubl.,lib. VI. Vid. et. Ep. VIl,Phœd. et Axioch., tom. XI , Oper., p. Iq3.

(5) Cicer. ï'usoul. Quaesf.. lib. I, cap. XII el seq. —

Thrace (i),des Gètés (2), des Gaulois (5), des Germains, des Sarmates , des Scythes, des Bretons, des Ibères (4), des peuples de l'Amérique (5), en un mot, la doctrine de toutes les nations (6).

Elles ontcru également qu'après la mort l'âme subissoit un j ugement irrévocable, suivi de récom

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