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envoyoit pour annoncer le décès de quelqu'un, on ne manquoit pas d'y faire son éloge, afin d'engager à prier pour lui (1).

Il y avoit une liturgie, des formules de prières pour les morts. On invoquoit les saints en leur faveur, comme le prouvent diverses inscriptions gravées sur des tombeaux.

« Ames célestes, venez à son aide. »

« Que les dieux te soient propices. »

« Mânes très-saints, je vous recommande mon époux; daignez lui être indulgents (2). °

» félicitédont elles jouissoient. Ainsi, Romulus, reçuaprès » sa mort parmiles dieux, eut des vœux et non des prières. » DeumDeonatumregem, parentemque arbis, salvere uni» versi Romulum jubent. Ainsi, les empereurs, après leur » apothéose, étoientregardéscommedes dieux, certis omni» bus, dit Capitolin de Marc-Aurèle, quod à dits com» modatus ad deos rediisset. » Morin , De l'usage de la prière pour les morts parmi les païens. Hist. de l'acad. des Inscript., tom. II, pag. 121 et 122.

(1) Ibid.

(2) Adeste , SUPERI.
Dl TIBI BENÈ FACIANT.

ÏTA PETO VOS MANES SAHCTISSÏMOS COMMENDATCM HABEATIS
MEVM CONJUGEM; ET VEIITIS ILLI INDCLGENTI3SIMI ESSE.

Gruter., Inscript, antiq. Hist. de l'acad. des Inscript., tom. I, p. 270, ettom. Il, p. 124.

Tous les peuples ont eu des usages semblables. On célébroit au Mexique deux fêtes en mémoire des morts. Deux des dix-huit mois qui composoient, avec cinq jours complémentaires, l'année mexicaine, tiroient leur nom de ces fêtes (1). C'étoit une coutume universelle, qui existoit chez les Gaulois (2), qui existe encore dans l'Inde , dans laTartarie (3), à la Chine, en

(1) Miccailhuitzintli, la petite fête des morts 4 et Huey■miccailhuitl, la grande fête des morts. M. de Humboldt, Vues des Cordillières et monum. de l'Amérique , tom. I, p. 351. Ed. m-8*. Les Mexicains avoient encore la fête Micaylhuitlou de tous les morts , et ce qui est extrêmement remarquable, la fête Tecuilhuitontl au de tous les seigneurs. Ibid., tom. II, p. 297.

(a) On trouve dans presque toute l'Europe un grand nombre d'anciens monumens appelés Cromlechs , et qui consistent dans une large pierre posée horizontalement sur des pierres droites, lesquelles forment sous la première une espèce de cave. Les Cromlechs étoient à la fois des tombeaux et des autels, où l'on déposoit le9 oifrandes pour les morts. Maximà. ex parte sepulcro imposita esse sotet, eo fine, ut ibidem in memoriam defuncti quoiannis sacra peragantur, dit Wormius, p. 8. Yid. et. Borlase, Antiq. ofCornwal, p. aa5 et seq.

(3) On a montré à M. Stallybras, chez les Tartares Buriats, qui habitent la Sibérie , plusieurs ossemens de veaux qui autrefois avoient été offerts en sacrifice aux dieux, et sur lesquels étoient écrites des prières en lan

Afrique, de sacrifier près des tombeaux, d'y répandre des libations, d'y déposer des offrandes. Les rites ont pu varier, mais on trouve partout des expiations funèbres, partout on a prié, et l'on prie pour les morts.

Les Scandinaves croyoient que le monde seroit un jour détruit, et que leurs dieux mêmes périroient dans cette grande catastrophe, qui précéderoit le dernier jugement. Voici comme elle est décrite dans YEdda : « Le feu consume » tout et la flamme s'élève jusqu'au ciel (i). » Mais bientôt une nouvelle terre sort du sein des » flots, ornée de vertes prairies : les champs y » produisent sans culture; les calamités y sont

» inconnues C'est là que les justes habite

» ront et se réjouiront pendant tous les siècles. » Alors le Puissant, le Vaillant, celui qui gou» verne tout, sort des demeures d'en-haut, pour » rendre la justice divine : il prononce ses arrêts, » et établit les sacrés destins qui dureront tou» jours (1). »

gue tibétaine et mogole. Ces prières, dit-on, sont une sorte de messe en Requiem pour les morts : on les achète ordinairement pour les cérémonies funèbres qui se font à l'enterrement d'un Taschi, ou autre riche Buriat, par un tiers des bestiaux que le décédé a possédés. Annales de la littérature et des arts; torn. IX , p. 89. v

(1) Sur la tradition de l'embrasement futur de l'univers, voyez Grotius, Deverit. Relig. christianœ , lib. I, cap. X, et Mém. de l'acad. des Inscript. , tom. LXXI , p. 38o, 4°5 et suiv.

Les livres Zends enseignent que les hommes qui meurent avant d'avoir été entièrement purifiés, souffrent des tourmens dans une autre vie, et que la durée de ces tourmens est plus ou moins longue, suivant la gravité des crimes qu'ils sont destiriés à punir. Il ajoutent quelespurifications prescrites par la loi pour les vivans, sont trèsutiles aux morts, quand leurs parens ou leurs amis s'y soumettent à leur intention (2).

Selon leZend-A-Vesta , le génie de la droiture est chargé de l'examen des actions des hommes, au moment où ils sortent de la vie. Son tribunal est sur le pont Tchinevad, qui sépare la terre du ciel. Au-dessous est le gouffre de l'enfer.

Si les bonnes œuvres de l'homme, dit le Sadder-Boun-Dehesck, l'emportent sur ses péchés , son âme rencontre au milieu du pont Tchinevad , une figure dont l'éclat et la pureté l'éblouissent. Cette figure est son bon Kerdar , qui lui dit : De moi-même j'étois pur, mais par vos bonnes œuvres vous m'avez rendu encore

(1) Mallet, Introduct. àl'Hist. du Danemarck, p. 71. (a) Métn. de l'académ. des Inscriptions, tom. LXXIV, pag. 397.

plus pur. Alors elle l'emmène au milieu des esprits célestes et des âmes des justes, dans le Behescht ( le ciel ), où les âmes occupent des demeures plus ou moins proches d'Ormuzd , selon que leurs œuvres ont été plus ou moins parfaites.

L'àmedont les crimes l'emportent sur les bonnes œuvres, passe sur le pont Tchinevad comme sur le tranchant d'une épée, et rencontre une figure hideuse qui lui fait horreur. A la vue de ce spectre , l'âme veut fuir; mais il la retient en lui disant : Je suis ton mauvais Kerdar; impur par moi-même, tes crimes m'ont rendu encore plus affreux. Il l'entraîne en même temps avec lui dans le Douzakh (l'enfer} , où ils sont reçus par les damnés et par Ahriman. Ceprincipe du mal raille amèrement le pécheur sur ce qu'il a préféré sa compagnie et ses cachots au brillant séjour où Ormuzd fait éclater sa gloire, au milieu des esprits célestes ; puis il ordonne qu'on le nourrisse de pourriture : mais Ardibehescht veille à ce que la punition ne passe point le crime.

L'Eulma-Eslam, le Sadder-Bowi-Deheschet le Viraf-namah font mention d'un lieu nommé Hamestegan, ou Hamestarij dans lequel vont les âmes dont les bonnes et les mauvaises ac-. {ions sont égales, ou à peu près. Ce lien où elles

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