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» lente bonté, ont été remplis d'une prudence » éclairée et d'une force invincible. Mais moi, » Khiêou , je ne sais pas s'ils ont été des saints (1). » Le ministre reprit : Les cinq Seigneurs (2) ý n'ont-ils pas été des saints ? Les cinq Seigneurs, » dit Confucius , doués d'une excellente bonté, » ont fait usage d'une charité divine et d'une

justice inaltérable. Mais moi , Khiêou, je ne

sais pas s'ils ont été des saints ? Le ministre » lui demanda encore : J.es trois Augustes (3)

n'ont-ils pas été des saints ? Les trois Augustes, répondit Confucius , ont pu faire usage de leur

temps (4); mais moi, Kiệou , j'ignore s'ils ont » été des saints. Le ministre, saisi de surprise, » lui dit enfin : S'il en est ainsi, quel est donc » celui que l'on peut appeler saint? Confucius

ému, répondit pourtant avec douceur à cette

question : Moi Khiêou, j'ai entendu dire que , » dans les contrées occidentales (5), il y avoit ( ou

(1) Mot à not : Sancti , non, Khiêou , quod noverim.

(2) Cinq empereurs qui ont régné en Chine avant la première dynastie. Les historiens varient sur leurs

noms.

(3) Personnages de la mythologie chinoise sur lesquels on varie encore plus que sur les cinq seigneurs.

(4) Ontsu bien employer une vie de plusieurs siècles. (5) La Judée est située à l'occident de la Chine.

, il y auroit) un saint homme, qui, sans exercer » aucun acte de gouvernement, préviendroit les ► troubles ; qui, sans parler, inspireroit une foi » spontar:ée; qui, sans exécuter de changemens,

produiroit naturellement un océan d'actions

(méritoires). Aucun homme ne sauroit dire » son nom ; mais moi , Khiệou, j'ai entendu dire » que c'étoit là le véritable Saint (1), »

Le P. Intoroetta rapporte aussi, dans sa vie de. Confucius, que ce philosophe parloit d'un Saint qui existoit, ou qui devoit exister dans l'Occident. « Cette particularité , dit M. Remusat, » ne se trouve ni dans les King, ni dans les Tse » choû; et le missionnaire ne s'appuyant d'au» cune autorité, on auroit

pu
le

soupçonner de prêter à Confucius un langage convenable à » ses vues. Mais cette parole du philosophe chi► nois se trouve consignée dans le Ssé wên loui » thsiù (2), au chapitre XXXV; dans le Chån

tháng ssé khaò tching tsi, au chapitre Ier. ; et , dans le Lièi-tseù thsiouân choû (3). »

L'auteur chinois de la glose sur le Tchoungyoing, dit que « le Saint homme des cent géné

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(1) L'Invariable Milieu, etc., not., p. 144, 145.
(2) Mélanges d'affaires et de littérature.
(3) L’Invariable Milieu, etc., not., p. 143.

v rations (chi) est très-éloigné, et qu'il est » difficile de se former à son sujet une idée > nette. Dans l'attente où il est du Saint homme » des cent générations, le sage se propose à » lui-même une doctrine qu'il a sérieusement » examinée; et s'il parvient à ne commettre » aucun péché contre cette doctrine, qui est celle

des saints , il ne peut plus avoir de doutes » sur lui-même (1). »

Selon M. Remusat, chi , cent générations , est ici une expression indéfinie qui marque un long espace de temps. « Mais, ajoute-t-il, un chi » est l'espace de 30 ans. Cent chi font donc 3000 » ans, et à l'époque où vivoit Confucius, il seroit » bien extraordinaire (2) qu'il eût dit que le » saint homme étoit attendu depuis 3000 ans. » J'abandonne au reste aux réflexion's du lec» teur ce passage , qui, à ne le prendre même » que dans le sens ordinaire, prouve du moins que

l'idée de la venue d'un Saint étoit répan>> due à la Chine dès le sixième siècle avant l'ère vulgaire (3).

La doctrine de Confucius et des Lettrés s'accordoit, à cet égard, avec celle de Foe ou Xaca,

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(1) Ibid., p. 158, 159. (2) Pourquoi M. Remusat n'en apporte aucune raison? (3) L'Inyariable Milieu , etc., not., p. 160.

adoptée par le peuple, non seulement à la Chine mais au Tibet son siége principal, à la Cochinchine,'au Tonquin, dans le royaume de Siam, à Ceylan, et jusqu'au Japon. En ces pays idolâtres, on croyoit universellement qu'un Dieu devoit sauver le genre humain, en satisfaisant au Dieu suprême pour les péchés des hommes (1).

La même tradition existoit dans le NouveauMonde. Les Salives de l'Amérique disoient que le Puru envoya son fils du ciel pour tuer un serpent horrible qui dévoroit les peuples de l'Orénoque; que le fils de Puru vainquit ce serpent et le tua; qu'alors Puru dit au démon : « Va-t'en » à l'enfer, maudit; tu ne rentreras jamais dans » ma maison (2).

Dans les peintures mexicaines, la femme au serpent appelée aussi femme de notre chair, parce que les Mexicains la regardoient comme la mère

(1) Ex Xacæ decreto, Deus quidam hominibus salutis auctor esse creditur, postquam per eum supremo Deo de peccatis hominum satisfactum est. Alnetan. Quæst. , lib. II, cap. XIV, p. 237.

(2) Gumilla, tom. I, p. 171. - Dans la mythologie des Hindoux, le roi des méchans Assours', ou démons, est appelé le roi des serpens. Maurice's, Hist. of Hind., Pol. I, p. 369.

du genre humain , est toujours représentée en rapport avec un grand serpent, et d'autres peintures nous offrent une couleuvre panachée, mise en pièces par le grand esprit Tezcatlipoca , ou par le soleil personnifié, le Dieu Tonatiuh (1) qui paroît être identique, dit M. de Humboldt, avec le Krischna des Hindoux, chanté dans le Bhagavata pourâna, et avec le Mithras des Perses (2). Or Mithras, comme le remarque Faber (3), et comme nous l'avons prouvé, étoit le Médiateur attendu, depuis l'origine du monde, par toutes les nations.

« Une prophétie ancienne faisoit espérer aux » Mexicains, une réforme bienfaisante dans les » cérémonies religieuses : cette prophétie por» toit que Centeotl.... triompheroit à la fin de

(1) Vues des Cordillères, etc., tom. I, p. 235. « Ce » serpent terrassé par le grand esprit Teoul , lorsqu'il prend » la forme d'une des divinités subalternes , est le génie du » mal, un véritable xxzodziuwv. » Ibid., p. 274.

(2) Ibid., p. 236.

(3) Christ, the mediator betwen god and man, is the middle God of the Persians, by them called Mithras , as by other eastern nations he is denominated Buddah or Saca or Menu or Menes or Saman, and is thought in some of his descents to have been boru from the womb of a pure Virgin. Hori Mosaice, tom. II, sect. II,

eh. II, p. 199.

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