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des idolâtres, dit Tertullien , est de ne vouloir

pas reconnoître celui qu'ils ne peuvent ignorer (1).

Clément d'Alexandrie, dans le Ve livre des Stromates, compare la doctrine des lettres anciennes avec celle de la révélation ; et Eusébe entreprit de prouver que, par cette doctrine des lettres, Dieu avoit eu dessein de préparer les Gentils à son Evangile, comme les Juifs par

la loi qu'il leur avoit donnée. La Préparation Evangélique n'est qu'un tissu de passages qui se rapportent aux dogmes chrétiens. L'auteur de l'Apologétique aux Gentils déclare même expressément que les inventeurs des fables païennes savoient que le Christ devoit venir (2). Saint Justin, si ins

gentes , cap. XVIII , XXI, XXII. - S. Cypr., De idolor. vanit. - Minut. Felic. Octav., n. 18 et 19. — Lact., Divin. Instit., lib. I, cap. III, IV, V. - S. Cyrill., adv. Julian. , lib. I. - Greg. Nazian. Orat. 24. -Greg. Nyssen. Oral. 5, de beatitud. - S. August. tract. 106 in Joan. S. Joan. Damasc. Exposit. accur. fid. Orthod., lib. I, cap. I et III. L'auteur de l'ouvrage imparfait sur S. Mathieu, après avoir observé que tous les hommes concoissent Dieu, ajoute:Non autem videntur verè cognoscere, quia non dignè colunt. On en pourroit dire autant de beaucoup de chrétiens.

(1) Et hæc est summa delicti nolentium recognoscere, quem ignorare non possunt. A pologetic., cap. XVII.

(2) Sciebant qui penes vos fabulas ad destructionem

truit des doctrines des Grecs, assure qu'il leur étoit annoncé par d'antiques, oracles répandus dans tout l'univers (1); et c'est par cette foi, qui devoit être un jour révélée plus clairement, que les anciens justes étoient sauvés, dit saint Augustin (2)

Се que tous les peuples ont toujours cru est nécessairement vrai; voilà le principe qu'opposent les Pères aux impies et aux idolâtres (3).

veritatis istius æmulas præministraverunt; sciebant et Judæi venturum esse Christum. Tertullian. , Apolog.,

cap. XXI.

(1) S. Justin. ad Græc. cohortat. II ,. Oper. p. 36, 37. Lutet. Par., 1615.

(2) Sacramentum porrò regenerationis nostræ manifestum esse voluit, manifestatus Mediator. Erat autem antiquis justis aliquod occultum, cum tamen et illi eâdem fide salvi fierint, quæ fuerat suo tempore revelanda. S. August. lib. ad Dardanum, cap. XI, tom. II. Oper.,

col. 689.

(3) Et c'est le principe que Bourdaloue opposoit aussi aux impies de son temps. « Cette idée générale de relij gion, gravée dans l'esprit de tous les peuples, et ré

pandue par toute la terre, est trop universelle pour étre » une idée chimérique : que si c'étoit une pure imagina» tion , tous les hommes , d'un consentement si unanime, » ne seroient pas convenus à se la former, de même qu'ils > ne se sont, par exemple, jamais imaginé qu'ils ne

L'auteur d'une homélie sur le psaume XIII. parle ainsi : « Il n'y a point de Dieu (1)! Et » comment le nom de Dieu se trouve-t-il dans ► toutes les langues humaines? Tant de millions » d'hommes qui attestent que Dieu est, s'abusent » donc; et l'insensé qui ment à l'écart, croit pos» séder seul la vérité. Il veut renverser lui seul , le témoignage du monde entier; tandis qu'en » vertu du consentement, un juge équitable le » condamneroit, s'il attaquoit un testament ap

puyé de la déposition de sept témoins (2). Ne ► dites-donc

pas

dans votre cæur : Il n'y a point » de Dieu ; mais plutôt tournez-vous vers le Sei» gneur votre Dieu avec toute la terre (3). »

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» doivent point mourir. » Pensées , tom. I, p. 266. Ed. de Paris, 1802.

(1) Dixit insipiens in corde suo : Non est Deus. Psalmus XIII, 1.

(2) Non est Deus. Et quomodo omnis lingua hominis Deum nominat? Falluntur ergo omnes hominum myriades quæ Deum esse dicunt, et solus insipiens se putat verum dicere, qui solus ità mentitur. Et qui quinque vel septem testimonia vult in testamentis evertere, per consensum rejicitur, quando veritas judicat; publicam autem totius orbis linguam solus vult insipiens evertere ? Int. Chrisóst. Homil. O per., tom. V , p. 558.

(3) Ne dicas in corde tuo, Non est Deus, sed potius reminiscens, convertere ad Dominum Deum tuum cum omni fine terræ. Ælred. Specul. charit. , lib. I, cap. VI.

Lactance, remarquant la multiplicité des sectes philosophiques opposées les unes aux autres : « Dans laquelle, dit-il, trouverons-nous la vérité, » Elle ne peut certainement être dans toutes.

Chaque secte condamne les autres , et est » condamnée par elles. Quelle que soit celle que » vous regardiez comme vraie , des philosophes » la déclarent fausse. Croirons-nous donc à un » seul qui se loue lui-même et sa doctrine, ou à » tous les autres qui s'accordent pour l'accuser

d'ignorance? Il est nécessaire que le jugement de

plusieurs soit plus droit que le jugement d'un » seul. Tout étant donc incertain, il faut croire à » tous, ou ne croire personne (1). »

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(1) In multas sectas philosophia divisa est, et omnes varia sentiunt. In qrâ ponimus veritatem ? In omnibus certè non potest. Designemus quamlibet , nempè in cæteris omnibus sapientia non erit. Transeamus ad singulas. Eodem modo quicquid uni dabimus, cæteris auferemus. Unaquæque enim secta omnes alias evertit , ut se, suaque confirmet, nec ulli alteri sapere concedit , ne se decipere fateatur : sed sicut alias tollit, sic ipsa quoque ab aliis tollitur omnibus... Quamcumque laudaveris, veramque dixeris, à philosophis vituperatur, ut falsa. Credemus pe igitur uni se, suamque doctrinam laudanti, an multis unius alterius ignorantiam culpantibus ? Rectiùs sit necesse est, quod plurimè sentiunt , quam quod unus.... Cùm igitur omnia incerta sint, aut omnibus credendum est, aut nemini. Lactant. Dirin. Instit., lib. III, cap. IV, p. 60.

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On ne peut établir plus clairement le consentement commun ou l'autorité générale, comme règle de vérité. Mais les païens admettoient-ils cette règle, la connoissoient-ils? Ceux qui feroient cette question assurément ne s'entendroient pas; car, ce seroit demander si les païens participoient à la raison humaine, ou aux vérités transmises par la tradition. Les croyances universelles prouvent l'universalité de la règle qui les perpétuoit. Quand donc on ne la trouveroit nulle part formellement énoncée dans les anciens, nous n'en serions pas moins sûrs qu'ils ne pouvoient l'ignorer. Mais la Providence a voulu que des témoignages exprès , et qui se succèdent

pour ainsi dire de siècle en siècle depuis la plus haute antiquité, confirmassent d'une manière éclatante la preuve que nous venons d'indiquer.

Ouvrez les poëmes d'Hésiode , contemporain d'Homère , vous y verrez cette maxime qui est tout ensemble et le principe de la sagesse, et le fondement de la tradition:Ce que plusieurs peuples attestent ne sauroit être faux (1).

Plein d'une vaine confiance en vous-même, oserez-vous opposer au jugement unanime des hommes votre jugement particulier ; Sophocle

(1) Φήμη δ' ούτις πάμπαν απόλλυται , ήν τινα πολλοί

Λαοί φημίζουσι, .

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