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l'âme (1) , les lois de la justice (2). Sortant de la voie de l'autorité, essaient-ils de soumettre à leur jugement ces importantes questions; ils hésitent (3), leur foi chancelle, ils ne savent q*ue dire ni que penser (4), une nuit profonde les environne, jusqu'à ce que la lumière de la tradition vienne de nouveau les éclairer.

« Y a-t-il des Dieux? Je voudrois être persuadé

» Dieu le consentement du peuple et la tradition. » Continuation des Pensées clive/ses, tom. III, p. 4o. —M.ultùm dare solemus prœsumptioni omnium hominum. Apud nos veritatis argumentum est aliquid omnibus videri. Tanquàm deos esse sic colligimus, quôd omnibus de diis opinio insita sit; necullagens usquàm est adeô extra mores legesque projecta, ut non aliquos deos credat. Senec.j Ep. *CXVII./Elian. var. Histor. , lib. Il, cap. XXXI.

(1) Cicer. Tuscul., lib. I, cap. XVI.—Cùm de animarum immortalitate loquimur, non levé momentum apud nos habet consensus hommum, aut timentium inferos autcolentium. Seuec, Ep. 117.

(2) Quae autem natio non comitatem, non benignita'tem , non gradua animum et beneficii inemorem diligit?

Quse superbos, quaenialeficos, quae crudeles, quse ingratos non aspernatur, non odit ? Cicer., de Legib., 1.1, c. XI.

(3) 11 n'y a, dit Porphyre, aucune opinion chez les philosophes qui soit absolument certaine, à cause des raisons que l'on peut apporter pour et contre. Lib. de Hist. anim. Euseb., Prœp. Etang., lib. XIV, cap. III.

(4) Cicer., Tusculan. quœst., lib. I, cap. XXXI. —

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» de leur existence, non seulement par l'auto» rite , mais encore par le raisonnement; car il » se présente à mon esprit des réflexions qui le » troublent, et quelquefois il me semble que les » Dieux n'existent pas (1)? »

Voilà l'homme abandonné à lui-même; voici le sage:

» Mais je ne dirai rien contre ce qui vous est » commun avec les autres philosophes : presque i tous croient qu'il existe des dieux; je le crois » donc aussi, et je ne dispute point (a). »

Demandera Cicéron si l'âme est immortelle, il vous répondra « que, par sa raison seule, il » ne peut former que des conjectures. Quelle » est la plus vraisemblable? C'est une grande » question (3). » Mais bientôt, levant la tête et

Senec., Ep. 88. — Plutarch. , De Placitis philosoph., lib. IV , cap. II et III. — Galen. De usu partium, cap. I, II, III, V et IX. — Plin., Hist. nat., lib. VII, c. LV.

(î) Queeritur primùm... . sint ne dii, nec ne sint. .. . Esse deos persuaderi mihi non opinione solùm , sed etiam ad veritatem plané velim : multa enim occurrunt, quœ conturbent, ut interdùm nulli esse videantur. De natur. Deor.3 lib. I, cap. XXII.

(2) Sed.. . quae communia sunt vobis ( epicureis) cum ceteris philosophis, non attingam, ut hoc ipsum : placet enim omnibus ferè, mihique ipsi in primis , deos esse : itaque non pugno. ld., ibid.

(3) Ut homunculus anus à multi.s probabilia conjectura

promenant ses regards sur le monde entier, ses doutes s'évanouissent, et il prononce avec assurance ces paroles, qu'on répétera de siècle en siècle: « Fondés sur le consentement de toutes » les nations, nous croyons que les âmes sont » immortelles; car le consentement unanime » des peuples doit, e>n toute chose , être regardé » comme la loi même de la nature (1). »

Aussi Socrate, près de mourir victime d'un jugement inique, n'appuie pas sur les raisonnemens de la philosophie, mais sur la croyance commune (2), l'espéranee d'une vie plus heureuse qui console ses derniers momens.

La doctrine des devoirs n'avoit p*s non plus d'autre fondement. Les philosophes disputaient sur la vertu comme sur tout le reste ; et Cicéron , après avoir défini l'honnête, c'est-à-dire ce qui constitue la bonté morale des actions, ajoute: « Quoiqu'on puisse entendre un peu ce que c'est » par la définition que je viens d'en donner, on le » comprend cependant beaucoup mieux par le ju» gement commun de tous les hommes , et par les in» clinations et la conduite des gens de bien ( 1 ). » La règle par laquelle les anciens s'assuroient des véritables dogmes > servoit encore à les garantir des erreurs et des superstitions, toujours faciles à reconnoître, comme l'observe Cicéron, parce qu'elles n'avoient rien de général, rien de stable, et qu'elles varioient chez les divers peuples (2).

sequens, ultra enirn quô progredior, quam ut verisimilia videam, non habeo.... Quœ verisimillima uiagna quosstio est. Tuscul. qucesi., lib. I, cap. IX et II.

(1) Permanere animos arbitramur consensu omnium nationum. . . Omni autem in re, consentio omnium gentium lex naturae putanda est. Tuscul. quœst. , lib. I, cap. XVI et XIII. Quod si omnium consensus , naturae voxest, omnesque, qui ubique sunt, consentiunt esse aliquid, quod ad eos pertineat, qui è vitâ cesserint, nobis quoque idem existirnandum est. Ibid, cap. XV.

(2) Éinép ys Ta Xe-ytifieva à/nÔîi strriv. Apolog., Socrat. , Plat., Oper., tom. I, pag. Q5.

(1) Quod quale sit, non tam definitione , quû sum usus, intelligi potest ( quanquam aliquantum potest ) quàm commimi omnium judicio , et optimi cujusque studiis atque factis. Definib. bon. et mal., lib. II, cap. XIV, n. 45. — Ce moyen de reconnoître les principes essentiels de la morale, étoit certainement le plus sûr que les anciens pussent employer; car il est infaillible , selon saint Thomas. « Ralio autem hominis circa praecepta moralia, » quantum ad ipsa communissima praecepta legis naturae , » non poterat errare in universali; sed tamen propter con» suetudinem peccandi obscurabatur in particularibus » agendis. •> S. Thorn., \a, iœ. Qu. XCXIX., art. II.

(2) Nec si opiniones aliae sunt apud alios, idcircô , qui canem et felem, ut deos colunt, non eâdem superstitione, quû caetera; gentes, conilictantur. Cicer. , De Ltgib., lib. I, cap. XI. — Cum poëtaium autem erroie

Le principe, qu'en matière de religion , tout ce qui est universel est vrai, tout ce qui n'est que local est faux, étoit même si répandu parmi les païens, et si fortement établi, que dans un des dialogues de Lucien, un athée à qui l'on oppose le consentement de tous les peuples qui attestent l'existence de Dieu , ne nie point ce fait éclatant, ni la preuve qu'on en tire, mais cherche à la tourner en sa faveur, en montrant combien les dieux adorés par les nations différoient les uns des autres ( i ) ; argument qui laisse

conjungere licet portenta magorum iEgyptiorumque in codemgénèredementiam: tumetiamvulgi,quae inmaximâ. inconstantiâ veritatis ignoratione versantur. ld., Denat., Deor., lib. I, cap. XVI.

(i)Tim. Igitur omnes ho.iiineset populi decepti sunt , qui deos esse putent et célèbrent. Dam. Benè , Timocles, adnumuisti me eorum , quae inter gentes moribus , legibusque recepta sunt : è quibus nimirum maxime cognoverit aliquis , quàm nihil firrnum illa, quae de diis feruntor, habeant. Multa euim confusio, et alii alia sanxerunt: Scythae sacrifîcantes Acinaci, et Zamolxidi ïhraces.... Phryges autem Menas : et Diei iEthiopes, et Cyllennii Phaneti : et Assyrii columbae : et Persae igni : et aquse .flïgyptii, quanquam communisquidem ^gyptiis omnibus Deus est aqua; privatim ver6 Memphitis deus bos est; Pelusiotis eepe, et aliis ibis, aut crocodilus cyno

cephalus, aut fêles Haec quomodo non- ridicula

sunt, ô pulcher Timocles. Jup. Tragœd., n. ^i. Ed. Reitzii, AmsUlot., ijl$

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