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« monies pratiquées par les patriarches furent admises « par les Gentils, qui d'abord ne les firent servir qu'au culte « du vrai Dieu, et qui dans la suite les transportèrent au « culte sacrilège des idoles'. »

Un philosophe du siècle dernier rend à l'universalité de la Religion antique, aussi bien qu'à son unité, un témoignage d'autant plus remarquable qu'assurément on ne soupçonnera pas qu'il ait été dicté par des préventions favorables au christianisme. « Ce qu'il y a de certain, dit-il, « c'est que plus on approfondit la Religion des différents « peuples, plus on se persuade qu'il n'y en a encore eu «« qu'une sur toute la terre ? » Il ne sauroit entrer dans notre plan de rassembler les autorités innombrables qui prouvent la vérité de cette proposition. Nous en offrirons assez cependant, et plus même qu'il n'est nécessaire, pour convaincre tout homme raisonnable et de bonne foi.

Je crois en Dieu, père Tout-Puissant, créateur du ciel et de la terre : voilà le premier article du symbole de toutes les nations.

« L'existence d'un Dieu, cause suprême, principe et fin « de toutes choses, a été crue et enseignée si clairement « et si constamment par l'antiquité tout entière ; tous les « peuples la proclament avec une si parfaite unanimité, « qu'il semble impossible de ne pas reconnoître dans cet (( accord la voix même de la nature » Ainsi parle le docte

.

· Nouv. démonst. évangél., t. I, p. 98 et 99.

· Lettres américaines, par M. le comte J. R. Carli; note du traducleur, t. I, p. 13.

3 Deum esse, supremam videlicet rerum omnium caussam, principium atque finem, tam apertè, tamque constanter credidit ac praedicavit omnis retrò vetustas, tantoque consensu in eamdem conspirant sen: tentiam universæ gentes, ut naturæ vox esse videatur. (Alnetan. quæst., lib. II, cap. 1, p. 97.),

- « Tous les peuples ont admis un Dieu suprême a supérieur aux génies gouverneurs du monde. Bien loin de s'en dé« guiser l'excellence, ils l'outroient en quelque façon, en pensant que

Huet, et l'on va voir qu'il n'avance rien qui ne soit appuyé sur les monuments les plus authentiques :

« l'univers, dont il étoit le premier auteur, étoit indigne de ses soins « paternels, et que les foibles mortels, ne pouvant avoir d'accès au« près d'une telle majesté, étoient forcés de borner leur culte à dez « dieux inférieurs. » L'abbé Foucher, Mém. de l'Acad. des inscript. 1. LXXIV, p. 385. « Les peuples barbares, les nations policées, les a ignorants comme les savants, ont reconnu un Être souverain, et la a créance d'un Dien suprême doit être regardée comme la foi du genre i humain et le cri de la nature. » Bullet, l'Exist. de Dieu démontrée par les merveilles de la nature, t. II, p. 8.

· Dans un Mémoire inséré dans le Recueil de l'Académie des inscriptions, t. LXII, p. 337, l'abbé Le Batteux examine cette question: Si les païens ont jamais ignoré le vrai Dieu. Après avoir observé qu'il s'agit « non des sages, mais de ce qu'on appelle peuple par opposition « aux sages, il ajoute : « Il m'a paru qu'on pouvoit établir que ces a peuples (les Chaldéens, les Perses, les Égyptiens, les Grecs et les « Romains), malgré tant d'erreurs et d'extravagances, ont connu un « Dieu supérieur, et qu'ils n'en ont connu qu'un. » Il développe en< suite les preuves de son sentiment, et conclut ainsi : « Donc, la tra« dition du genre humain, les mystères, les usages religieux, la forme « des gouvernements, les lois, les serments, les poëtes, les philosophes, « le sentiment intérieur, crainte de l'avenir, enfin le ciel et la terre, « annonçoient la même vérité. Tout le genre humain auroit été en« dormi, qu’une seule de ces voix auroit suffi pour le réveiller. » P. 360 et 361. Mais « quel étoit donc le crime du genre humain livré « à l'idolâtrie? Le voici : c'étoit d'avoir connu Dieu et de ne l'avoir point « glorifié; c'étoit d'avoir substitué à son culte celui des idoles; en un su mot, c'étoit le crime tant de fois reproché aux Juifs, et tant de fois « puni dans cette nation infidèle.

« Quand les Juifs firent le veau d'or dans le désert, ils n'avoient « point oublié le Dieu dont ils voyoient la gloire sur le mont Sinaï ; a quand, établis dans le pays de Chanaan ils immoloient à Baal, à Asta« roth, ils n'ignoroient pas que le Seigneur parloit à Sèilo : Salomon « bâtit des temples aux dieux de ses femmes, il n'abatlit point pour a cela celui qu'il avoit élevé au Dieu de son père. Ils boitoient des « deux côtés, comme le leur reprochoit le prophète Élie: Usque quò a claudicatis in duas partes ? Si Dominus est Deus, seguimini eum, « si autem Baal, sequimini illum. Voilà le crime des Juifs.

« Celui des païens étoit plus grand encore : les Juifs adoroient du

Que l'unité de Dieu fût connue des Égyptiens ', et même enseignée par leurs prêtres, on n'en peut pas douter, puisque Solon, Thalės, Pythagore, Eudoxe, Platon, qui ont eux-mêmes enseigné si clairement cette unité, étoient allés s'instruire en Égypte des anciennes traditions religieuses, ainsi que Plutarque nous l'apprend ? Les Égyptiens appe

« moins le vrai Dieu, lui associant les dieux des nations; mais les « païens connoissant le vrai Dieu, ne l'associoient point à leurs dieux « nationaux; ils ne lui rendoient aucun hommage, aucun culte : c'étoit « le Dieu de la nature, le Dieu de tout le monde; d'où ils con« cluoient, dans la pratique, qu'il n'étoit le Dieu de personne. » P. 364 et 365.

L'abbé Mignot, très-versé dans l'histoire des anciennes religions, soulient, comme l'abbé Le Batteux, que « le culte de ces différents êtres « (les esprits intermédiaires et les âmes des hommes) n'éteignit point « la connoissance de l'Être souverain ou de la première cause : cette « connoissance se conserva au milieu de la plus grande dépravation de « la religion. » Mém. de l'Acad. des inscript., t. LXV, p.

154. · Les Éthiopiens reconnoissoient aussi un Dieu immortel, qui est la cause de toutes choses. Strab., lib. XVII.

? Talis ergo fuit Ægyptiorum accuratio in contemplatione reruin divinarum. Testimonium perhibent etiam Græcorum sapientissimi, Solon, Thales, Plato, Eudoxus, Pythagoras... qui in Ægyptum venerunt, et cum sacerdotibus versati sunt. De Isid. et Osir. Oper., t. II, p. 354.

Euseb., Præp. evang., lib. IJI cap. XI, p. 115. – Les livres d'Her. mės étoient très-célèbres chez les anciens. Quoique les fragments qui nous ont été conservés sous son nom soient apocryphes; néanmoins, les Pères de l'Église les ayant cités dès les premiers siècles, il est difficile de croire qu'ils aient été fabriqués depuis la prédication de l'Évangile, et surtout qu'ils ne s'accordent pas avec la doctrine qu'on attribuoit généralement à Hermès. Hic scripsit, dit Lactance, libros, et quidem multos, ad cognitionem rerum divinarum pertinentes, in quibus majestatem summi ac singularis Dei asserit ; iisdemque nominibus appellat quibus nos Deum et Patrem. Ac ne quis nomen ejus requiret avvivupov, id est, sine nomine esse dixit: eo quod nominis proprietate non egeat, ob ipsam scilicet unitatem. De fals. Relig., lib. I, cap. vi. Vid. et. S. Cyril. contr. Julian., lib. I, p. 30; et Suidas, voc. ‘Epuñs, t. I, p. 1042, édit. Colon. Allobrog., 1619.

loient Kneph ce Dieu souverain, unique, éternel". On le représentoit avec un auf sortant de sa bouche, pour rappeler qu'il avoit créé l'univers par sa parole; et ce symbole de la puissance créatrice passa de l'Égypte dans l'Inde, où on le retrouve encore aujourd'hui. Le Dieu de la tradition, le vrai Dieu, n'étoit donc pas inconnu dans la patrie de toutes les superstitions idolâtriques. Les habitants de la Thébaïde lui rendoient même un culte exclusif; et tandis qu'on levoit dans toutes les autres provinces un tribut pour la nourriture des animaux sacrés, ils en étoient seuls exempts, dit Plutarque, parce qu'ils ne reconnoissoient point d'autre dieu que le Dieu éternel, qu'ils nomment Kneph 5.

« Selon les Égyptiens, dit Jamblique, le premier des (( dieux a existé seul avant tous les êtres. Il est la source (( de toute intelligence et de tout intelligible. Il est le pre« mier principe se suffisant à soi-même, incompréhensible, « le père de toutes les essences..)

Qu'étoit-ce que cette divinité mystérieuse adorée dans le temple de Saïs, où on lisoit cette inscription : Je suis tout ce qui a été, ce qui est, et ce qui sera. Nul mortel ne souleva jamais mon voile 5. A quel dieu du paganisme ces

1 On l'honoroit, à Memphis, sous le nom de Phtas, qui, en langue cophte, signifie opifex, artifex, constitutor, ordinator. Selon Jamblique ( De myst., sect. vii, cap. 111), les Égyptiens l'appeloient aussi Amon, ou Amoun, l'esprit créateur et formateur du monde. 2 Hist. des Rit. relig. des Indes, part. VIII, t. VI, p.

296. 3 Cùm autem ad alenda que venerantur animalia suniptum suppeditent Ægyptii, soli Thebaidos incolæ immunes sunt. Hi enim morta lem deum nullum censent, sed Deum qui Kneph ipsis dicitur, ortus exsortem et immortalem putant. De Isid. et Osirid. Oper., t. II,

p. 357.

* Jamblic., De mysteriis Ægypt. ; Euseb. , Præp. evang., lib. III, cap. II.

- Vid. et. Lucan., Pharsal., lib. I. Synes., Calvitiei Encom. 5 'Εγώ είμι πάν το γεγονός, και όν, και εσόμενον και τον εμόν πε

paroles peuvent-elles convenir? Ce Dieu qui a été, qui est, et qui sera, ce Dieu qui se définit comme le vrai Dieu se définit dans l'Écriture, est-il autre que ce Dieu lui-même 1?

A l'entrée du temple de Delphes on lisoit aussi ce mot Ei, tu es, avec le célèbre adage : Connois-toi toi-même. Voyons de quelle manière Plutarque explique ces deux inscriptions. « Par quoy mon advis est que cette escripture « ne signifie ny nombre, ny ordre, ny conjonction.... : ains « est une entière salutation et appellation du Dieu, la« quelle en prononceant les paroles, induit le lecteur à << penser la grandeur de la puissance d'iceluy, lequel sem« ble saluer chascun de nous, quand nous entrons, par « ces paroles, Cognoy toy-même, qui ne signifient rien « moins que : Dieu te gard; et nous, lui rendant la pareille, « respondons, Ei, c'est-à-dire, tu es : en lui baillant la « vraie, et nullement fausse appellation et titre, qui à luy « seul appartient, d'estre : car, à le bien prendre, nous « n'avons aucune participation du vrai estre, pour ce que « toute humaine nature est tousiours au milieu, entre le

Toy ouoeis tew Orntos àneXÓMuttgay. Plutarch. De Isid. et Osirid. Oper., t. II, p. 354. Pan étoit un des noms que les Égyptiens donnoient au Dieu suprême. Ce mot ne vient pas du grec itaks, omnis, mais de l'ancien égyptien Pan-os, notre Seigneur, Adonai. Mém. de l'Acad. des inscript., t. LXVI, p. 188.

Cette conjeclure s'accorde parfaitement avec tout ce que nous savons de la théologie des anciens Égyptiens. Tot ergo deos, tot semideos gentium regės ab obitu consecratos fuisse, esseque abortus humani ingenii, conceptos è semine primigeniæ veritatis, scilicet ex historia primorum hominum in sacris pandectis memoratorum : nec aliundè, quàm ex hâc fonte Ægyptiorum reges deos et semideos ortos esse, et primum Pana fuisse mundi spiritum omnem universi molem agitantem, cum hoc conjunctos septem planetarum præsides, hisque successisse duodecim reges propter beneficia el artes inventas, virtutesque deorum choris incertos. Brucker, Histor. critica philosophiæ, lib. II, cap. vii, t. I, p. 254.

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