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a naistre et le mourir, ne baillant de soy qu’une obscure ( apparence et umbre, et une incertaine et débile opi« nion.

La tradition d'un Dieu unique, tout-puissant, éternel, créateur de l'univers, ne se perdit jamais dans la Grèce ? Il y étoit même adoré, puisque le Dieu inconnu", dont saint Paul aperçut l'autel en entrant dans Athènes, étoit le vrai Dieu, le Dieu ineffable, selon saint Augustin. Dieu, disoit Thalės, est le plus ancien des êtres, car il n'a point eu de commencement 1. Hermotime, de Clazomène, et Anaxagore enseignoient qu'une intelligence divine avoit créé le monde, et en avoit ordonné avec sagesse toutes les parties *. Héraclite * et Archelaus professoient la même doctrines

4 Plutarque, au traité : Que signifioit ce mot ET. OEuv. moral., t. III, p. 920. Traduction d'Amyot, édit. de Vascosan.

M. Boivin l'aîné a prouvé que, dans les premiers temps, les Grecs ont connu et adoré un seul Dieu éternel, créateur et souverain maître de l'univers. Voyez les Mémoires de l'Académie des inscriptions , 1. III, p. 1. Pronapidès, précepteur d'Homère, donne au Dieu éternel le nom de Daimogargon, comme on le voit dans un fragment de Theodontius que Boccace nous a conservé dans sa Généalogie des dieux, lib. I, cap. III.

5 Præteriens enim,set videns simulachra vestra, inveni et aram, in quâ scriptum erat : Ignoto Deo. Quod ergo ignorantes colitis, hoc ergo annuntio vobis. Act., xvii, 23.

* Numquid dixit, quia extra Ecclesiam colitis, non est Deus ipse quem colitis ? Sed ait, quem vos ignorantes colitis, hunc ego annuntio

bis. Quid eis præstare cupiens, nisi ut eumde quem præter Ecclesiam ignoranter atque inutiliter colebant, in Ecclesiâ sapienter et salubriter colerent. Lib. I, contr. Crescon., cap. xxix. Oper., t. IX, col. 405. « On voit que les Athéniens avoient tant de vénération « pour ce Dieu inconnu, que c'est par lui qu'ils juroient dans les occa. « sions importantes. Nous le voyons dans un dialogue de Lucien, inti« tulé Philopatris, dans lequel Critias jure par le Dieu inconnu des « Athéniens, et Triphon exhorte même les autres à l'adoration de ce « Dieu : Pour nous, dit-il, adorons le Dieu inconnu des Atheniens, a que nous avons découvert ; et, elevant les mains au ciel, rendons-lui a grâces de nous avoir fait dignes d'être assujettis à une telle puis« sance. Cela prouve que l'inscription de cet autel n'étoit que pour un a seul Dieu, et qu'on le croyoit au-dessus des autres. » L'abbé Anselme, Mém. de l'Acad. des inscriplions, t. VI, p. 307. Édit. de la Haye, 1724. Vid. et. Vatherus in Miscell., IX, 90, et Heins., in Exercit. viii, ad hunc loc. Act.

« Dieu donne un heureux succès à celui qui fait le bien : ( roi et seigneur de toutes choses, et des immortels même,

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Πρεσβύτατον των όντων, ΘΕΟΣ, αγέννητον γάρ. Diogen. Laert. in Thalet. - Thales Milesius.... aquam dixit esse initium rerum; Deum autem eam mentem, quæ ex aquâ cuncta fingeret. Cicer., De nat. Deor., lib. I, cap. x. Thalès, qui pouvoit, comme les autres philosophes grecs, avoir recueilli d'anciennes traditions, semble parler comme Moïse, lorsqu'il dit qu'une force divine pénétroit l'eau élémentaire et primordiale, et lui imprimoit le mouvement : gcúxei olž TOÙ OTOlyeceúdous υγρού δύναμιν θείαν κινητικής αυτού. Voyez une lettre de Huet a Gib. Cuper, dans le Recueil de Tilladet, t. II, p.

222. ? C'est l'âme, disoit-il, c'est l'esprit qui est le principe de tout; la cause et le Seigneur de l'univers. Diogen. Laert. in Anaxagor.

Aristot., De generat., lib. I. - Voss., De idololat., cap. 1. - « On « dit qu'Anaxagore fit observer que les corps célestes n'étoient pas des a dieux; qu'au lieu de gouverner le monde, ils étoient eux-mêmes « gouvernés par l'intelligence qui les avoit formés, et que le soleil en a particulier n'étoit qu'un globe de feu; que ce mot pensa le perdre, « et qu'il eut besoin, pour éviter le dernier supplice, de tout le crédit << de Périclès, qui ne put même empêcher qu'on ne le condamnat à « une grosse amende. On ne connoît point d'auteur contemporain qui « ait rapporté ce fait, et ce qui le rend un peu suspect, à mon avis, « c'est qu’Euripide, disciple d'Anaxagore, parla comme lui du soleil « dans sa tragédie de Phaéthon, sans que personne lui en fît un crime. « Quoi qu'il en soit, on continua d'estimer Anaxagore, et de louer sa « doctrine, sans être moins attaché à la religion, qu'elle sapoit par les « fondements. C'est que l'idée d'un Dieu suprême, auteur du monde, " et différent des dieux qu'on honoroit, se maintenoit toujours dans « les esprits. Elle s'y étoit maintenue de même, quoique moins déve« loppée, avant le siècle d’Anaxagore. » Mém. de l'Acad. des inscript,; t. XXIX, p. 86 et 87.

Plutarch., De Plac. philos., 1, 28.
5 Clement. Alexandr.; Admonita ad gent., p. 4

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« mul ne l'égale en puissance?. » Ce sont les paroles de Solon. Pythagore?, Empedocle", Philolaus *, Ocellus Lucanus *, Tinée de Locres, et tous les philosophes de l'é. cole italique reconnoissoient un seul Dieu éternel, immuable, qui ne peut etre vu que par l'esprit, qui a tout créé, et qui conserve tout par sa providence.

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Τώ δε καλώς έρδοντι Θεός περί πάντα τίθησι
Συντυχίην αγαθήν, έκλυσιν αφροσύνης.
Αυτός γάρ πάντων βασιλεύς και κοίρανος εστιν
'Αθανάτων τε, ο δ' ούτις ερηρεισθαι κράτος άλλος.

Solon. Sentent. inter gnomic. græc. Ed. vet. ? Referente sancto Cyrillo Alexandrino, dixisse fertur : « Deus qui« dem unus est. Ipse verò non, ut nonnulli suspicantur, extra mun« dum, sed ia ipso est, totus in toto, omnes circumquaquè considerans a generationes. Ipse est temperamentum omnium sæculorum , lux « omnium facultatum, principium omnium rerum. Ipse fax cæli, ho« minum pater, mens et anima universi, omnium sphærarum motus. » Dicebat, etiam Pythagoras : « Mundum à Deo factum, et naturâ quidem a suâ corruptioni obnoxium esse, quippe cùm sit corporeus ; tamen ab « interitâ Dei providentiâ et custodiâ servatum iri. » S. Cyril. Alex. contr. Julian., lib. I, p. 32 et 47. - Vid. et. Lact., Inst. div., lib. V; pt S. Justin. Cohort., I, ad Græc., p. 18.

3 Nous ne pouvons ni l'apercevoir avec les yeux ni le saisir avec la main : la foi est comme le grand chemin par lequel il descend dans l'esprit des hommes.

Ούκ έστιν πελάσασθαι εν οφθαλμοίσιν εφικτόν
Ημετέροις, ή χερσί λαβείν ήπερ τε μεγίστη

Πειθούς ανθρώποισιν αμαξιτός εις φρένα πίπτει. .
Empedocl., apud Clement. Alexandr. Strom., lib. V; Oper. , p. 587.
Ed. Paris, 1631.

Princeps et dux omnium rerum Deus, unius, semper existens. singularis, immotus, ipse sui similis, aliis dissimilis. Philolaus, apud Philon. Jud.. lib. de Mundi Opific.

• Il parle de Dieu comme d'une intelligence unique, éternelle, attentive aux actions des hommes, et qui les gouverne par sa providence. De natur. univers., ch. iv.

« Timée de Locres a dit ceci : Il y a deux causes de tous les êtres : « l'intelligence, cause de tout ce qui se fait avec dessein ; et la néces« sité, cause de ce qui est forcé par les qualités des corps. De ces « deux causes l'une a la tiaturė dü bon, et se nomme Diedi, principe

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« Sachez, dit Socrate, que votre esprit, tant qu'il est « uni à votre corps, le gouverne å son gré. Il faut donc «croire aussi que la sagesse qui vit dans tout ce qui existe « gouverne ce grand tout comme il lui plaît. Quoi! votre « vue peut s'étendre jusqu'à plusieurs stades, et l'ail de « Dieu ne pourra pas tout embrasser! Votre esprit peut en « même temps s'occuper des événements d'Athènes, de « l'Égypte et de la Sicile, et l'esprit de Dieu ne pourra son« ger à tout en même temps !! »

L'univers, ayant commencé, a nécessairement une cause ? : cette cause, c'est Dieu, créateur et père de tout ce qui est , bona, éternel 5, souverainement intelligent,

« de tout bien... Le Dieu éternel, le Dieu père et chef de tous les « etres, ne peut alre que par l'esprit. » Τίμαιος ο Λοκρός τάδε έφα: Δύο αιτίας είμεν των συμπάντων νόον μέν, των κατά λογόν γιγνομένων. ανάγκαν δέ, τη βία, καττάς δυνάμεις των σωμάτων. Τουτέων δε, τον μεν, τάς ταγαθώ φύσιος είμεν, θεόν τε ονυμαίνεσθαι, άρχάντε τών αρίστων.... Θεόν δε, τον μεν αιώνιον νόος όρή μόνος, των απάντων αρχαγών και γενέτορα τουτέων. De anim. mund., cap. 1, n. 1, et cap. 11, η. 1.

Κατάμαθε ότι και ο σος νούς ενών το σόν σώμα όπως βούλεται, μεταχειρίζεται. Ούεσθαι ούν χρή και την εν παντί φρόνησιν τα πάντα, όπως αν αυτή ηδύ ή, ούτω τίθεσθαι. Και μη το σον μέν όμμα δύνασθαι επί πολλά στάδια εξιχνεσθίαι, τον δε του Θεού οφθαλμόν αδύνατον είναι άμα πάντα οράν" μηδέ τήν συν μεν ψυχήν και περί των ενθάδε και περί των εν Αίγυπτω, και εν Σικελία δύνασθαι φροντίζειν, την δε τού Θεού φρόνησιν μή ικανών είναι άμα πάντων επιμελείσθαι. Χenoph., Me. morab. Socrat., lib. I, cap. iv. Traduction de M. Gail. Ce Dieu qui voit tout, qui gouverne tout, est celui qui a fait l'homme au commence ment, ο εξ αρχής ποιών ανθρώπους. Ιbid., η. 5.

2 Τώ δ' αυ γενομένω φαμέν υπ' αιτίου τινός ανάγκης είναι γενέ σθαι. Ρlat., in Time, Oper., t. IX, p. 502 et 505. Ed. Bipont.

Ποιητής και πατέρα τούδε του παντός. Ιbid., p. 505 ; et in Sophist.

Λέγωμεν δή δι' ήν αιτίαν γένεσιν και το πάν τόδε ο ξυνιστάς ξυνέετησεν. 'Αγαθός ήν... βουληθείς γάρ ο Θεός αγαθά μεν πάντα, κ. τ. λ. 1. id., p. 504 et 505.

5 0"-ος δή πάς όντως αεί. Ιbid., p. 311.

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tout-puissant'. Le monde, qui renferme tous les élres, mortels et immortels, est l'image de ce Dieu intelligible", qui seul existe par lui-même 5. Telle est la doctrine de Platon, à qui les anciens donnèrent le surnom de divin, comme s'il eût été inspiré par le Dieu qu'il célèbre avec une si magnifique éloquence.

Il emploie souvent ces locutions qui semblent avoir été familières, non-seulement aux Grecs, mais à tous les peuples, Dieu aidant, si Dieu le veut*. Et dans une lettre å Denys de Syracuse : « Quoique vous sachiez à quel signe « reconnoître quand j'écris sérieusement ou non, ne lais« sez pas de le remarquer avec beaucoup de soin; car plu« sieurs me prient de leur écrire, avec lesquels il m'est « difficile de m'expliquer ouvertement. Mes lettres sé« rieuses commencent donc par ce mot, Dieu; et les autres « par ceux-ci, les dieux 5. »

1 Θεός μέν τα πολλά εις έν ξυγκεραννύναι, και πάλιν εξ ενος εις πολλά διαλύειν έκανος, ως επιστάμενος άμα και δυνατός. Ιbid., p. 384. Ce Dicu sage et puissant est le souverain monarque de tous les étres, o πάντων αγεμών Θεος. Ιbid., sub δη.

8 Θνητά γάρ και αθάνατα ζώα λαβών, και ξυμπληρωθείς οδε ο κόσμος, ούτω... εικών του νοητού Θεού... γέγονεν. Ιbid., p. 457.

Tò ov. Nihil Plato putal esse quod oriatur et intereat ; idque solum csse quod semper tale sit. Cicer., Tuscul . Quæst., lib. I, cap. xxiv.

4 Συν Θεώ ειπείν, αν Θεός εθέλη. Vid. Εp. IV et VI, t. XI, p. 85 et 91. *H» ©:05 0)ns. Euripid., Electr. Nec nomen Deo quæras. Deus nomen est illi. Illic vocabulis opus est, ubi propriis appellationum insignibus multitudo dirimenda est. Deo qui solus est, Dei vocabulum totum est. Ergo unus est, et ubiquè totus diffusus est. Nam et vulgus in multis Deum naturaliter confitetur, cùm mens et anima sui auctoris et principis admonetur. Dici frequenter audimus : 0 Deus, et Deus videt, et Deo commendo, et Deus tibi reddat, et quod vult Deus, et si Deus dederit. Atque hæc est summa delicti, nolle agnoscere quem ignorare non possis. S. Cyprian.; De idolor. vanit., Oper., t. I, p. 409 et 410. Wirceburgi, 1782.

* Πολλοί γάρ οι κελεύοντες γράφειν, ούς ου ράδιον φανερώς διωθεί

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