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entraînerait une foule d'autres, et que l'avenir, sans faire oublier le passé, en adoucirait du moins le souvenir horrible. Je pensais que tous les yeux allaient s'ouvrir à la lumière , et qu'on ne s'occuperait qu'à diminuer autant qu'il est possible , la masse des calamités qui ont pesé sur la France. Vaine attente ! Inutilement j'ai cherché à éclairer l'opinion sur un des plus terribles qu'elle ait éprouvé : vainement je lui ai présenté le fil qui doit la guider dans ce labyrinthe de crimes; ma faible voix a été étouffée par l'intrigue et par l'esprit de parti. J'ai énoncé des faits faciles à apprécier ; quiconque eût été animé des sentimens dont mon ame est remplie , eût facilement senti le prix qu'il devait y attacher : malheureusement j'ai parlé à des sourds qui pis est, à des hommes qui ne veulent pas entendre; et ma voix s'est perdue dans le désert....

Qu'a-t-on fait depuis cette époque? Des rapports sur les colonies se sont succédé, qui ont achevé de tout dénaturer et de tout confondre. Celui-ci a fait répandre à

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pleines mains , les louanges et les récompenses sur des brigands et des assassins. Celui-là a fait déclarer innocens et exempts de tout reproche , ces hommes affreux dont la mission a été marquée , en moins d'un an, par des torrens de sang versé, par la perte d'une armée et de ressources immenses qui leur furent confiées pour sauver Saint-Domingue , par l'incendie et la destruction de villes opulentes , et par l'enrier bouleversement de la plus florissante colonie du monde. Un troisième a paru sur cette matière importante, et a précédé un décret de la convention nationale, qui a déclaré Saint-Domingue partie intégrante de la république française , et comme celle , soumis: aux lois constirurionn lles. Enfin, un dernier est impatiemment atteniu, qui doit être un chef-d'æuvre; caril renfermera, dit-on, l'analyse de tous ces évènemens , et il doit répondre d'ure manière triomphante à c. ux qui os nt ternir l'innocence d'hommes que tout, il est vrai, semble accuser d'être souverainement coupabl.s. On ne sait si la lenteur de ce rapport à paraître

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annonce l'embarras de ses auteurs pour

érablir solidement leurs preuves, ou bien la sage maturité qu'ils veulent y employer. Il serait possible aussi qu'ils aient été arrêtés par les nouvelles qu'on a reçues récemment, et qui, vraisemblablement, s'accordent mal avec les faits qu'ils se proposaient d'avancer. Mais sont-ils eux-mêmes bien exempts de tout reproche, et sur-tout bien imparciaux ? car au tems où nous sommes, on n'entend parler, Dieu merci , que

d'homines attaqués par leurs ennemis , ou défendus par leurs propres complices.

Tant d'ignorance et de précipitation, de la

part de ceux qui devaient décider sur une question à laquelle la prospérité nationale est attachée ; tant d'opiniâtreté et d'acharnement à des idées qui n'ont produit que des malheurs , ne me permettaient pas d'en prévoir de moins grands , et semblaient m'annoncer l'anéantissement de tout espoir. Mais un changement de circonstances est venu ranimer mon courage : et l'organisation d'un nouveau gouvernement m'a paru être l'époque d'un meilleur ordre de choses. J'ai pensé qu'au règne désastreux des passions allait succéder le sentiment profond du bien général , et le desir de l'opérer : j'ai cru qu'à l'oscillation des partis et des opinions opposées, allait être substituée une marche égale, constante et uniforme, qui remédierait aux maux connus , et qui amènerait insensiblement la connaissance de ceux qui ne le sont pas.

Nous étions en révolution, et c'est assez dire. Nous ne sommes pas encore entièrement à l'abri des vagues terribles de cette mer orageuse ; mais enfin notre constance esc soutenue par l'espérance prochaine d'entrer au port. Quelles que soient les circonstances qui précédent, et les tempêtes qu'il a fallu braver, l'établissement d'un nement stable et fondé sur des bases solides, est le terme où elles doivent finir. Il annonce le retour du bien et de la tranquillité publique; car il ne saurait subsister au milieu des chocs et des orages : et si ceux qui se sont élevés à leur faveur ne sont pas des insensés, ils sentiront combien il leur importe de les faire cesser, d'imposer silence

gouverà la voix impure de l'esprit de parti, et de ne laisser entendre que celle des lois. L'injustice et la corruption préparent de loin les révolutions ; ce sont les passions et quelque chose de plus, qui les font ; mais il n'appartient qu'à la justice et à la vertu de les consolider , de les rendre légitimes et de faire oublier les maux qu'elles ont coûté. J'ai donc pensé que ceux qui seraient chargés de diriger un peuple magnanime, er de veiller à son bonheur, dépouilleraient le vieil homme, pour s'élever à la hauteur

fonctions

et qu'ils feraient abnégation de leurs affections particulières, pour devenir les hommes de l'état. Les factions qui règnent précairement, et qui s'entredétruisent, honorent ordinairement du nom de bien public, les motifs particuliers dont l'impulsion les guide, et elles ne peuvent avoir que l'intérêt du moment. Mais un gouvernement légitime et permanent, se ne bientôt qu'il doit s'identifier avec tous les élémens de la prospérité publique; il doit en être l'ame et le mo

de leurs augustes

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