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TRADUITES EN VERS,

AVEC DES ARGUMENS ET DES NOTES, ET REVUES POUR

LE TEXTE SUR XVIII MSS. DE LA BIBLIOTHÉQUE
IMPÉRIALE,

PAR CH. VANDERBOURG.

TOME PREMIER,

CONTENANT LES DEUX PREMIERS LIVRES.

PARIS,

Chez F. SCHCELL, rue des Fossés-Montmartre, n.' 14,

passage du Vigan.

PRÉFACE.

Lorsque

sque j'entrepris, il y a plus de quinze ans, d'imiter ou de traduire en vers quelques Odes d'Horace, j'étois loin de prévoir où je serois conduit par ces premiers essais. Ils n'avoient aucun but déterminé, et je ne faisois que céder au penchant que j'ai toujours eu pour ce grand poète, penchant qui me portoit naturellement à tenter de reproduire dans ma langue une partie de ses beautés. Peut-être même n'aurois - je pas songé à faire de cette occupation autre chose qu’un délassement, si je n'eusse été stimulé par les reproches que j'entendois faire. tous les jours à la langue française par les poètes allemands les plus distingués. Ils l'accusoient de se refuser à la baute poésie, de ne pouvoir se prêter au génie des anciens en les traduisant, et surtout d'être incapable d'imiter la précision de la langue latine en général et des poésies d'Horace en particulier. Klopstock, le célèbre Klopstock, étoit à la tête de ces détracteurs de notre langue ; et, pour mieux établir la supériorité de la sienne, l'auteur du Messie ne dédaignoit pas de lutter contre la précision d’Horace en traduisant quelques strophes de ses Odes, et de chanter victoire lorsqu'il avoit gagné dans sa traduction deux syllabes sur quatre vers.

Cette lutte, il est vrai, n'étoit que puérile, puisque la

gageure n'étoit faite que par l'un des partis ; mais M. Voss, sans calomnier le français, travailloit à la gloire de l'allemand d'une manière bien plus efficace. Après avoir traduit Homère et Virgile en vers hexametres et dans le même nombre de vers, il reproduisoit dans sa langue les Odes d'Horace, dans leurs mètres, strophe pour strophe, vers pour vers, longue pour longue, et brève pour brève. Mon patriotisme littéraire en fut vivement alarmé; et, quoique notre prosodie trop peu marquée ne me permit pas de penser

à cette exactitude métrique, je voulus au moins tenter d'en approcher autant qu'il seroit possible, et j'osai me flatter de contribuer pour ma part à venger notre langue, par une traduction complette des Odes d'Horace, du reproche qu'on lui faisoit de manquer de précision.

Mes premiers efforts se portèrent sur des Odes de différens mètres; j'en traduisis d'autres qui me plaisoient surtout

par

le
genre

de leurs beautés, et j'avois déjà fait quelques pas dans la carrière, lorsque je fus arrêté par la publication d'une traduction complette des Odes du lyrique latin. Le mérite de ce travail me frappa, et plus encore le talent qu'il annonçoit : l'auteur étoit dans la bonne voie; il savoit s'élever avec son modèle, il savoit badiner comme lui; sa versification, toujours élégante et facile, avoit souvent de la verve et de l'harmonie : bien supérieur à tous ceux qui avoient déjà traduit Horace dans notre langue, il n'avoit qu'à laisser reposer son ouvrage pour le revoir ensuite avec

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